Le paludisme au château de Versailles
Le paludisme, également connu sous le nom de fièvre des marais, est une maladie transmise par les moustiques infectés par un parasite du genre Plasmodium. Il a eu une influence significative sur la construction du château de Versailles.
Le château de Versailles a été construit principalement sous le règne de Louis XIV au XVIIe siècle. À l'époque, le paludisme était endémique dans de nombreuses régions de France, et même à Paris où le creusement du canal Saint-Martin en 1811 entraîne une véritable épidémie. Dans les environs de Versailles, les marais, les étangs et les eaux stagnantes étaient des endroits propices à la reproduction des moustiques porteurs du parasite responsable du paludisme.
La présence du paludisme a entraîné des conséquences sur la main-d'oeuvre employée pour la construction du château. Les ouvriers et les artisans qui travaillaient sur le site étaient exposés à un risque accru de contracter la maladie. Cela pouvait entraîner des retards dans les travaux, des périodes d'absence pour maladie, voire des décès parmi les travailleurs.
Les pièces d’eau qui ornaient le parc devaient, notamment, en permettre le drainage. Et Madame de Sévigné écrit pendant leur construction : « les fontaines coûtent cher… sans parler des malades et des morts ». Car on estime à 3 000 morts au cours de la construction du château. La garde suisse paye elle aussi un tribut très lourd au paludisme. Même le Roi Louis XIV contracte le « mal du mauvais air » au cours d’une inspection de l’avancée des travaux. Pour minimiser l'impact du paludisme, des mesures ont été prises. Par exemple, des efforts ont été faits pour drainer les zones humides et les étangs aux alentours du château. Cependant, malgré ces tentatives, il était difficile d'éliminer complètement le risque de transmission de la maladie.
Mais, c’est un médicament ramené du Pérou par les jésuites, la poudre de l’écorce de quinquina, qui va changer la donne. En effet, un apothicaire anglais, Talbot, va préparer pour le roi une préparation à base de quinquina qui le sauvera de cette fièvre dite tierce. Traitement que La Fontaine célèbrera ensuite dans un poème au titre pour le moins inattendu « ode en faveur du quinquina ». Mais, ça, c’est une autre histoire.
Andrei VIAL