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Et si la démographie médicale n’était pas le problème ?

Les urgences sont débordées. La faute en reviendrait en partie aux médecins, notamment généralistes, qui n’assumeraient plus leurs fonctions. La presse, les médias, les politiques se font le relais d’un message insistant, rémanent qui dénonce des failles dans l’accès aux soins, en particulier, en ce qui concerne la prise en charge des urgences et de la demande de soins non programmés. Trop peu nombreux, moins investis, ne s’installant que dans des régions déjà bien dotées en médecins, il convient de les contraindre à s’installer là où les besoins sont pressants, voire de les suppléer en les remplaçant sur certaines de leurs missions, par d’autres professionnels de santé. 
Jusqu’à la Ministre de la santé qui promet un Service d’Accès aux Soins pour le mois de juin avec une enveloppe de 340 millions d’euros pour la ville et l’hôpital qui permettrait de résoudre les problèmes d’accès aux soins. 
 
Mais ce n’est pas la démographie médicale qui pose problème. Ni l’investissement des médecins…
C’est la démographie. 
Le vieillissement de la population entraîne une augmentation des maladies chroniques et donc une augmentation de la demande de soins. Et génère une inquiétude quant à l’avenir que l’on retrouve dans la crise actuelle des retraites. 
La France vieillit. Et ce vieillissement va couter cher aux caisses de retraite et à la sécurité sociale qui vont devoir supporter une inflation prévisible et prévue des dépenses sociales et de santé. 
 
La baisse du nombre de médecins, en particulier pour les spécialistes en médecine générale est donc une baisse relative, les mesures annoncées ne sont que des pansements qui n’empêcheront rien. 
 
Les médecins généralistes, rejoints aujourd’hui par leurs confrères spécialistes, ont entamé une grève des samedis matin pour dénoncer l’absence de moyens proposés à la médecine libérale pour s’organiser. 
L’exemple du samedi matin est emblématique d’une désorganisation chronique du système de soins. Elle est un symbole de ce qui nous attend si nous ne faisons rien. 
Le samedi, après 50 heures de travail, de nombreux cabinets de médecins généralistes ferment leurs portes. Certains choisissent pourtant de travailler pour répondre, en proximité aux demandes de soins. Ces médecins, ne sont ni coordonnés, ni organisés, ni rémunérés pour ce travail. 
Cette désorganisation va être rapidement aggravée par la mise en place d’un numéro unique, qui, s’il n’est pas adapté à la proximité, c’est à dire régulé aux plus près de la population par des personnels formés, renforcera la surcharge actuelle des centres 15 et la lenteur de la réponse. 
Cette désorganisation est déjà et va devenir de plus en plus couteuse pour la collectivité avec l’apparition de « cash-machines » de soins, centres médicaux « d’urgences » axées sur la prise en charge des pathologies aiguës, avec bilans divers biologiques et radiologiques, pas forcément adaptés au patient, mais toujours lucratifs. 
Cette désorganisation va être délétère pour la profession de médecin généraliste, en ce qu’elle va éloigner de nombreux médecins, plus tentés par des prises en charge simples, des horaires à la carte et des rémunérations alléchantes que par un exercice de plus en plus difficile. 
Qui les blâmera ? Beaucoup de bien-pensants et bien-proposants politiques et médiatiques. 
Qui les arrêtera ? Personne…
 
Les solutions existent.
La coordination permettrait pourtant à ceux qui le souhaitent de profiter, à tour de rôle, de leurs fins de semaines. 
L’organisation d’une permanence le samedi et la mise en place d’une régulation de proximité donnerait une réponse à la population, souvent orientée vers les urgences.
La rémunération de ces volontaires permettrait de redonner de l’attractivité à une fonction essentielle. 
Elles reposent sur un concept : le médecin traitant, et sur une meilleure organisation de proximité, que sont les CPTS.
Le médecin traitant est le médecin de référence du patient. 
Aussi bien dans le champ des maladies chroniques, que dans celui des maladies aiguës. Il est le seul à avoir une approche globale, centrée sur le patient et son environnement. Il connaît son territoire, ses interlocuteurs, ses partenaires de soins. 
Il répond à beaucoup de sollicitations avec peu de moyens et sur des plages étendues. Et il répond à des besoins bien précis que le HCAAM définissait déjà en 2014 : « La structuration d’une ligne de prise en charge ambulatoire doit être conçue pour apporter une réponse adaptée et graduée aux besoins de la population. Toute la population n’a pas, en effet, vocation à bénéficier de tous les services indifféremment. »
 
Une réponse adaptée et graduée…
Les solutions que l’on est en train de nous proposer, de mettre en place, à grand renfort d’investissement sur le secteur potentiellement très lucratif (parce que solvabilisées par le collectif) du soin constituent-elles une réponse progressive et adaptée ?
A l’évidence non !
 
Les centres de soins « urgents », voulus par certains avec une réponse immédiate à des demandes de soins ne le sont pas. elles vont couter extrêmement cher et désorganiserons notre système de soins.
 
Désorganisation…
C’est le maître mot. De la désorganisation émergent des solutions inadaptées à la collectivité, mais adaptées aux intérêts de quelques-uns. 
 
À cette vision d’un monde médical mercantilisé, nous opposons celle d’une réponse adaptée et structurée avec un premier recours organisé, en lien avec le second recours, l’hôpital et le social, notamment dans le cadre d’organisations territoriales que pourraient être les CPTS. 
 
Nous demandons une régulation de proximité organisée au plus près de la population avec une réponse adaptée aux demandes pour éviter les files d’attente aux urgences et les lenteurs du 15.
Nous demandons la  valorisation des actes et de la fonction de médecin traitant, qui réponde à la réalité de la complexité de la prise en charge des patients chroniques et du vieillissement de la population, et de valoriser ainsi une fonction dont le peu de moyens mis à disposition éloigne les médecins. 
 
Nous sommes à la croisée des chemins. 
Nous avons le choix entre une désorganisation chère et peu efficace, génératrice de résultats immédiats mais illusoires et une structuration des soins nécessitant un investissement important pour des résultats à moyen et long terme. 
 
Nous avons le devoir de rattraper notre retard en terme d’investissement sur les soins primaires que met en évidence l’OCDE avec 10 milliards de moins que la moyenne européenne.
 
Et nos politiques doivent avoir le courage de prendre des décisions qui engagent la Nation, non plus sur le court terme électoral mais pour les décennies à venir
 

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