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Patients sans Médecin traitant, mythe ou réalité ?

 

 

L’Assurance Maladie nous parle des 9,9 % de français qui n’ont pas de médecin traitant.
Pire encore, 4,2 % des patients en ALD n’ont pas de médecin traitant.

Cela mérite réflexion.

 

 

 Tous les chiffres proviennent du SNIIRAM, service statistique de l’Assurance Maladie.

 


Il reste en activité 50 509 médecins généralistes libéraux hors MEP pour l’Assurance Maladie.

Pourquoi ce chiffre est-il mis en avant : parce que 97 % des français qui ont désigné un médecin traitant, ont choisi un médecin généraliste.

Statistiquement, “un MT est MG"… alors quand ce nombre de MG traitants en activité diminue, on s’inquiète, à juste titre. Cette situation inquiétante, nous l’avions annoncée de longue date, car vu du terrain le sujet était évident, vu des palais nationaux il en était tout autrement, hélas.

Les médecins généralistes voient en moyenne leurs patients 3 fois par an,  mais 4,3 fois par an quand ils sont le MT. Ils voient plus les patients en ALD, 4,9 fois par an, et même 6,6 fois lorsqu’ils sont le MT.

Parmi les 9,9 % de patients sans MT, 4,5 % le sont de façon transitoire, leur médecin ayant cessé son activité ou pour cause de déménagement …

Peut-on l’interpréter comme un chiffre incompressible tenant au délai qu’il faut pour choisir un nouveau professionnel à qui se confier ?

Par ailleurs, 5,4 % n’ont pas de MT du tout. Mais sont-ils malades ? On peut en douter puisque 42 % d’entre-eux ne consultent pas de MG, 30 % ne consultent pas du tout. Et ceux qui consultent, consultent peu.

Intuitivement, mais cela reste à démontrer, on imagine aisément de jeunes hommes entre 20 et 45 ans sans pathologie chronique.

 

Ne nous noyons pas dans les chiffres : ils sont démonstratifs mais ne disent pas tout.


Depuis le terrain, nous connaissons tous des personnes qui ne “vont jamais chez le médecin” et qui ont “une santé de fer”. Il n’est pas impensable que ces gens qui sont des citoyens libres puissent considérer qu’ils n’ont pas besoin de MT.

Nous connaissons également des patients qui refusent activement de s’inscrire dans un parcours de soins et assument les pénalités de remboursement que cela entraine.

Certains patients en ALD sont pris en charge presque exclusivement à l’hôpital pour des pathologies lourdes et n’ont pas d’autres contacts avec le système de santé de ville.

 

Nous connaissons aussi des patients qui sont soignés presque exclusivement par des spécialistes prestigieux parisiens. Cela semble fréquent chez les ministres et dans la haute administration … Mais c’est pour l’anecdote.

 

Au total, s’il ne faut pas nier les difficultés que pose la raréfaction des MG libéraux, il est clair qu’une bonne moitié des patients sans MT le sont de façon transitoire et l’autre moitié de façon volontaire.
Faire de la réduction du nombre de patients sans MT un objectif majeur de la politique de santé est sans doute illusoire.

Au lieu de faire de ce problème réel un moyen de contrainte des MG déjà trop contraints, les pouvoirs publics seraient bien inspirés d’investir massivement sur la médecine générale pour lui rendre l’attractivité qui lui manque et inverser la démographie déclinante de la profession.

 

Oui, nous sommes convaincus qu’un MG traitant apporte beaucoup à la santé de ses patients.
C’est une réalité connue de tous les pays développés. Là où il manque des MG traitants, les indicateurs de santé se dégradent.

 

Investissons sur la médecine générale.

 

 

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