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N° 70 - 21 octobre 2016
 

Faiseurs ou suiveurs ?

Jean-Christophe Nogrette

Régime sans gluten, sans lactose, refus de vaccination, statines algogènes …
Nos consultations regorgent de ces conversations à la mode.

Que de temps passé à expliquer que la maladie cœliaque est plutôt peu prévalente et que la capacité lactase de presque tous nos boyaux permet de digérer un verre de lait …
 

Que de temps passé à expliquer que les statines peuvent déclencher une rhabdomyolyse mais sont rarement responsables de ces vagues douleurs de rythme mécanique si fréquentes chez les sédentaires …
 

Que de temps passé à expliquer que, naguère, de petits enfants mouraient de poliomyélite, qu’il en meurt encore hélas de la rougeole … en France.
 

Et que de temps passé à expliquer que le vaccin antigrippal … ne donne pas la grippe !

Les gourous auto-certifiés ne manquent pas. Les médias les adorent !
Le métier de médecin, déjà assez compliqué, se transforme trop souvent en “chroniqueur santé du journal” ! Nous passons nos journées à lutter contre les idées fausses.

Et la science, dans tout ça ?
Serons-nous suiveurs de mode ou faiseurs de raison ?
Nous devons choisir notre camp.

Martin Winckler a beau jeu de nous affubler du vilain nom de “Brutes en blanc”.
Après une journée passée à rabâcher que la farine n’est pas un poison violent, que le lait n’est pas comparable à la strychnine et que les vaccins ne donnent pas la peste bubonique, certains d’entre nous perdent leur calme. On serait presque tenté de les comprendre …

 

Et pourtant on les aime, nos malades !
 

Vaccination anti-grippale (et plus, si affinités)

Bernard Plédran

La campagne de vaccination contre la grippe est à peine commencée que déjà, c’est un formidable succès. Curieuse, la communication de l’Assurance Maladie !

En fait, l’Assurance maladie donne, le jour du lancement de la campagne 2016, les chiffres de 2015. Une campagne dont le seul succès est la stabilisation du nombre de personnes vaccinées contre la grippe après 6 années de baisse, depuis la calamiteuse campagne du H1N1 en 2009-2010. Il était temps, mais de là à s’en vanter …

Il y a tant à dire sur la vaccination que je ne sais par quel bout aborder le sujet.

On peut le faire sur le plan désabusé : la baisse du nombre de personnes vaccinées a certes fait suite à la campagne H1N1, mais aussi au moment où l’Assurance maladie a décidé de confier aussi la piqûre aux infirmières. Je ne veux pas faire de faux procès aux infirmières. Mais force est de constater qu’elles ne rencontrent qu’environ 7 % de la population. Des patients que nous, médecins généralistes, suivons de près et que nous vaccinons, déjà !

Mais les autres ? Ceux « qui n’ont pas d’infirmière » ? Ils prennent le papier. Et ils le jettent !

Alors quand j’entends que quelques députés veulent confier la vaccination aux pharmaciens, je ris. Un peu jaune, mais je ris. D’ailleurs, parmi les pharmaciens que je rencontre peu ont envie de se lancer dans cette galère.

Et surtout, les patients ne vont plus rien y comprendre. Qui vaccine ? Le docteur ? L’infirmière ? La pharmacienne ? Le facteur ? L’agent de police ?

Et ce sera un beau gâchis supplémentaire.

On peut aussi le faire sur le ton dramatique : Jean-Claude, un confrère, est épouvanté depuis qu’il a reçu une lettre anonyme qui le traite d’assassin. Parce qu’il vaccine avec des produits qui contiennent de l’aluminium. Lettre anonyme probablement envoyée par Mme Michu, vous savez, celle qui continue à faire la cuisine dans ses casseroles, elles aussi en aluminium. Plus que l’aluminium, le pouvoir toxique des sectes anti-vaccination est réel et immédiat, au point même d’infecter l’an passé un rapport parlementaire.

On peut aussi le faire statistique et réaliste : oui, les vaccins sont des produits qui peuvent être dangereux, mortels quelquefois. Mais pour un accident vaccinal qui survient, combien de maladies, de séquelles, de morts évitées ? Jusqu’à la fin des années 50, au siècle dernier, était distribuée la médaille de la famille française, accrochée au revers de ces matrones qui avaient eu 15, 18, voire 20 enfants. Dont plusieurs étaient morts en bas-âge, ce qui n’émouvait personne. Les vaccins (et les antibiotiques) ont changé cela. Il serait utile de ne pas l’oublier. Même si, en corollaire, nous ne devons pas vacciner contre n’importe quoi !

Au feu !

Gilles Perrin

Un "brûlologue" met le feu à la commission nomenclature en tentant de carboniser les généralistes, on attend les pompiers !


Pour une étude préliminaire sur un nouvel acte de médecine générale pour les petites brûlures non chirurgicales, la commission de hiérarchisation des actes (CHAP) a convoqué un "expert brulologue" (sic) qui a dégainé au napalm pour lancer des propos incendiaires aux médecins généralistes, selon lui "incompétents pour gérer les brûlures".


Ce même brûlologue chaud bouillant écorcha vif au passage ses collègues chirurgiens jugés tout aussi dangereux ! En l'écoutant on comprenait vite que même la toute petite brûlure de thé bouillant de la mamie gâteuse devait être envoyée par ambulance dans les centres de grands brulés agréés … Pour être examinée par un spécialiste des pansements de niveau bac +15


Il s’en suivit naturellement que la sécu refusa de créer ce nouvel acte, peu fréquent au demeurant, qui ne lui aurait pas coûté la peau des fesses (même non brûlées) !
Au lieu de solliciter des experts pathétiques et non consensuels, la sécu ferait mieux de demander l'avis des structures compétentes et reconnues. Pour ce qui concerne la médecine générale, le Collège de Médecine Générale (CMG) est un choix certainement plus pertinent.

Halte au feu ! Il aggrave, paraît-il, les brûlures !
 

Imprimés Cerfa : carton rouge

Florence Lapica

Les médecins généralistes de Haute-Savoie ont reçu récemment une information de leur caisse stipulant l’arrêt définitif des envois postaux d’imprimés Cerfa. Charge à eux désormais de se déplacer pour les récupérer, ou comme le suggère la caisse, d’utiliser exclusivement les services en ligne.

 

 

 

Aussi, MG France a immédiatement rappelé :

  • que ces imprimés Cerfa sont d’abord utiles aux patients, notamment en cas d’oubli de la carte vitale,
  • que certaines situations ne permettent pas le recours aux services en ligne et imposent le recours à un imprimé Cerfa,
  • que les services en ligne dysfonctionnent … parfois.


MG France a également rappelé l’article de la nouvelle convention censé faciliter nos relations avec les caisses. Cet article précise que les imprimés seront envoyés au cabinet du médecin.
La caisse de Haute-Savoie est depuis revenue sur sa décision … Mais seulement à partir de Janvier 2017. Nous restons donc vigilants !


Non, les médecins ne se réveillent pas le matin en se demandant comment arnaquer la sécu, ou comment dépenser plus.
Ils se lèvent avec l’ambition de soigner, avec la volonté de prendre en charge leurs patients en tenant compte de la réalité médico-sociale de chacun et avec la conscience des contraintes matérielles qui les entourent eux, médecins généralistes.

 

Quizz Cotation

Jean-Christophe Calmes

Madame Dutilleul vient avec ses deux enfants, Léo 11 mois, et Sacha 2 ans tout juste.
Le premier est enrhumé. L’ainé vient pour sa visite des deux ans.
      1 - Que cotez-vous ?
    2 - Madame Dutilleul a des difficultés financières passagères. Quelles solutions pouvez-vous lui proposer ?

 

Voir la réponse

 

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Une erreur de lien dans notre précédente lettre. Nous republions. À vos signatures !

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