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N 68 - 29 septembre 2016
 

Convention : informez-vous !

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La convention est signée. Certains confrères que je rencontre me parlent d’usine à gaz, ou de cotations compliquées. Leur conclusion est que l’opacité règne et que les avancées de la convention ne seront pas utilisables.

Les syndicats signataires de la nouvelle convention auraient donc signé de fausses revalorisations, inaccessibles car incompréhensibles ? Ce discours, relayé par quelques leaders syndicaux ou associatifs, est assez tentant puisque, de convention en convention, le texte s’épaissit et des cotations diverses et variées fleurissent. Mais ce ne sont là que des discours d’estrade !

Nous sommes des médecins généralistes. À ce titre nous maitrisons, chaque jour dans nos cabinets médicaux, des notions aussi complexes que l’instauration d’une insulinothérapie, le réglage d’un INR, la stratégie thérapeutique d’un patient asthmatique et autres casse-têtes.
Et nous mettons à jour régulièrement nos connaissances.
Oui, il est possible de donner des AINS à une femme qui porte un DIU. Oui, on peut donner un bêtabloquant à un insuffisant cardiaque. Les choses “changent” et les raisons techniques de ces changements sont complexes.

Allons-nous buter sur l’apprentissage de quelques nouveautés conventionnelles qui vont nous apporter plus de reconnaissance sur la réalité de nos pratiques et plus de reconnaissance financière ? Serions-nous des incapables ?
À la CNAM, quand les médecins n’utilisent pas les cotations auxquelles ils auraient droit, on se frotte les mains. On se moque gentiment de ces médecins qui laissent échapper des milliers d’euros par an … Et on constate que les spécialités qui utilisent le plus de cotations différentes sont aussi celles qui ont le plus haut niveau d’honoraires !

Nous voulons faire reconnaitre toutes les dimensions de la pratique des médecins généralistes, pour que notre spécialité soit vraiment reconnue. Pour cela, il faut utiliser toutes les armes à notre disposition, y compris coter correctement ses actes. Certes, la tâche est ardue et demande un effort !

Dès le début de l’année prochaine, partout en France près de chez vous, MG France sera sur le terrain pour expliquer la convention et toutes les avancées utiles pour nos pratiques.
Nous irons chercher, ensemble, les 900 millions de revalorisation que vient de mettre à notre disposition l’Assurance-maladie !

img_polsante.jpgCe que la convention n'a pas permis, l'État doit le faire.

Jean-Christophe Calmes

16 550 euros par généraliste - en moyenne - c’est bien. Nous rattrapons une partie du retard que nous avions sur les autres spécialités. Est-ce suffisant pour changer les choses, structurer notre exercice, embaucher des assistants, pousser nos jeunes confrères à nous rejoindre ? Non, bien sûr.

La discussion conventionnelle que nous venons de clore a permis, dans les limites de l’enveloppe définie par le Gouvernement, d’attribuer 900 millions d’euros (sur 1,3 milliard) aux médecins généralistes.
La convention a permis, par ailleurs, la création d’un forfait structure qui sera de 1 750 euros en 2017, pour atteindre 4 500 euros progressivement.
Mais tous ceux qui ont un secrétariat physique le savent bien : le niveau de ce forfait structure est insuffisant pour permettre l’embauche d’un assistant à temps plein et donc « dégager » du temps médical.
MG France poursuit donc le travail de négociation et a demandé à rencontrer le Président de la République pour réclamer un Fonds d’Intervention pour les Soins Primaires à hauteur de 1,5 milliard d’euros pour permettre aux médecins généralistes l’embauche du personnel dont ils manquent cruellement. Rappelons que chez la plupart de nos voisins on compte jusqu’à 3 assistants par médecin, alors qu’en France nous sommes à 0,3 …
Ce que la convention n’a pas permis, l’État doit le faire.
MG France a demandé au Président de la République 30 000 euros par médecin pour permettre une véritable restructuration de notre système de soins.
MG France portera ce message tout au long de la campagne présidentielle auprès de l’ensemble des candidats. Pour que la médecine générale trouve la place qui devrait être la sienne, celle d’une médecine de proximité, accessible partout et à tous.

humeur_img.png.jpgBillet

Jean-Christophe Calmes

Dans son dernier bulletin, Patricia Lefebvre, de la Fédération des Médecins de France, écrit : "Même le très légaliste, voire docile, MG France appelle les généralistes à tarifer dès maintenant la Cs à 25 euros, sans attendre le 1er mai 2017. L'esprit frondeur de la FMF semble contagieux, et c'est tant mieux !"

Il est des affirmations qui appellent des réponses claires : Dans son dernier communiqué la FMF rappelle avec justesse que MG France appelle à poursuivre le mouvement de dépassement tarifaire. Ce mouvement auquel la FMF et la CSMF se sont ralliés beaucoup plus tard a été lancé par MG France en mars 2015.

Nous remercions la FMF de nous soutenir dans notre combat et continuons à appeler les médecins généralistes à coter CS+DE = 25 en attendant le 1er mai 2017.

img_metier.jpgQuand les patients s'en mêlent.

Isabelle Leclair

« Notre médecin a pris sa retraite. Dès la mi-juin, nous avons commencé à chercher un autre praticien pour le suivi mensuel de Lucas, 5 mois », rappelle Maxime Lebigot. Après avoir passé des coups de fil à tous les médecins de Laval et de son agglomération, il n'a pas trouvé de praticien pour s'occuper de son fils. « La plupart ne voulait pas le suivre. Certains nous ont expliqué avoir déjà refusé une centaine de patients. Au final, un seul devrait pouvoir le prendre »,
Face à ce manque de médecins généralistes, cet assuré envisage de créer un collectif de patients sans médecin traitant. L'objectif est d'interpeller les candidats aux législatives, ainsi que la Mairie de Laval.

Une bonne idée. Nos appels et nos alertes sur le problème de démographie n’ont pas été entendus. Nous arrivons au bout des réserves de médecins traitants et ce n’est guère une surprise.
Le mal est fait, les années qui viennent de passer ont creusé le lit du désamour des futurs médecins pour cette spécialité et le futur ne laisse pas présager beaucoup de nouvelles installations. Rien en tout cas qui puisse remplacer tous les médecins qui jouent les prolongations pour quelques paires d’années seulement.
Nous voilà assis au banquet des conséquences, soignants et patients du moment. L’exemple ci-dessus n’en est malheureusement qu’un parmi tant d’autres à venir.

Le temps n’est plus aux explications, le temps est aux solutions. Inutile d’espérer un miracle, il faut composer avec les forces vives. Moins de médecins ne veut pas dire moins de patients soignés.Par contre, il va falloir être futé. Des solutions nous en avons. Il faudrait maintenant que nous soyons entendus.

Comment moins de médecins vont-ils pouvoir soigner autant de patients ? En les laissant faire ce qu’ils font le mieux : soigner !
1-en les libérant des charges administratives
2-en leur donnant la possibilité d’être épaulés par un assistant médical.
3-en permettant parfois l’ouverture de cabinet multi-sites

Il n’y a rien d’extraordinaire dans ces trois propositions. Dans les autres pays, les médecins ont déjà depuis longtemps des assistants médicaux. Le Gouvernement est tout à fait capable de faciliter cette situation. N’a-t-il pas proposé récemment une prime à l’embauche d’assistants aux ophtalmologistes ?
La moitié du temps de la consultation est consacré aux charges administratives. Donnons, là aussi, aux médecins généralistes, la possibilité d’embaucher des secrétaires médicales.
Libérez-nous aussi des contraintes administratives ancestrales. Une consœur a récemment été empêchée d’ouvrir un cabinet multi-sites dont une zone « désertée ». Là aussi, la solution existe. Certains médecins déjà installés sont certainement prêts à quitter une journée par mois leur cabinet pour consulter dans une zone déficitaire, accompagnés d’un(e) assistant(e) médical(e) et d’un(e) secrétaire médical(e). À souligner que la nouvelle convention prévoit une aide à l'installation dans les « déserts médicaux » nommée CAIM (Contrat d’Aide à l’Installation des Médecins). Au 1er juillet 2017, les médecins qui souhaitent s'installer dans un « désert médical » pourront bénéficier d'une aide de 50 000 euros versée en deux fois : 25 000 euros à la signature du contrat, puis 25 000 euros au premier anniversaire du contrat.
Nous sommes nombreux à être MSU. Les internes n’ont pas tous des postes de SASPAS. Quelle plus belle opportunité que de commencer dans des endroits où le médecin est attendu et ceci sous la houlette de son maitre de stage. Et que l’on ne me parle pas de médecine au rabais. Un interne de médecine Bac+9, déjà titulaire de la licence de remplacement de surcroît, ce n’est pas de l’amateurisme. Nous sommes bien loin des jeunes profs parachutés directement sans supervision dans les ZEP pour l’éducation de nos jeunes.

img_pratique.jpgConvention 2016 : faut-il tout jeter ?

Teddy Bourdet

La convention signée entre l’Assurance-maladie et trois syndicats médicaux a fait couler beaucoup d’encre. Certes, le texte ne traite pas que des honoraires, mais c’est l’élément le plus médiatisé. En quoi les spécialistes de médecine générale sont-ils valorisés dans cette convention ?

En 1986, lors de la création de MG France, les généralistes n’existaient pas, du moins officiellement, ils étaient “omnipraticiens”. À force de luttes et, notamment, de travail syndical, notre spécialité a été reconnue. A la faculté, à l’internat, mais jamais dans la rémunération. MG France a donc, en préambule de cette négociation, mis en avant le fait que la rémunération horaire d’un spécialiste de médecine générale était de 78 % inférieure à la moyenne des autres spécialités !
En pratique, pour chaque généraliste, cette convention permet le passage de la consultation de base à 25 euros - soit, en moyenne, 10 000 euros par an et par généraliste ! -, la consultation de pédiatrie de 0 à 6 ans à 30 euros et la majoration de certains actes, comme la première consultation de contraception à 46 euros, ou d’actes complexes à 70 euros !
Grâce à cette convention, l’écart entre les cotations des diverses spécialités diminue. Elle marque la fin de la discrimination, qui réservait une majoration de 2 euros à toutes les spécialités cliniques sauf à la nôtre ! Elle ouvre aux généralistes 4 niveaux de tarifs de consultation (25, 30, 46 et 70), pour des situations précises requérant notre expertise. Le C2 n’est plus indexé systématiquement sur le C. Une avancée peut-être symbolique au regard des montants, mais un pas de plus dans la reconnaissance de notre spécialité.
Cette convention instaure également le principe d’un forfait structure. L’évolution de notre métier nous invite à nous doter d’un outil professionnel performant. Des bâtiments accessibles, des données de recherche et de santé publique, des équipements. Mais surtout, pour conserver notre temps médical, nous devons pouvoir bénéficier de moyens humains : secrétariat (téléphonique ou présentiel), gestionnaire, comptable, agents d’entretiens, etc. Des frais qui s’imputent directement sur notre revenu. Il est temps que les dirigeants politiques comprennent que les généralistes souhaitent un lieu de travail digne du 21e siècle sans être obligés d’accélérer la cadence des consultations pour financer les charges du cabinet. La convention « met le pied dans la porte ». Un montant modeste, qui monte en puissance, et que MG France souhaite voir augmenter par un fonds dédié aux soins primaires, une revendication qui sera portée auprès des candidats à la Présidentielle de 2017.
Cette convention instaure également un forfait médecin traitant pour l’enfant. Ceci est un gage d’identification du professionnel de santé « référent » pour l’enfant dans son parcours de soins. Pédiatre ou spécialiste de médecine générale, le médecin traitant devra être systématiquement destinataire des comptes rendus de CLISS, MDPH, orthophoniste, etc. dans l’intérêt de la prise en charge globale de son jeune patient.
Au total, cette convention octroie 12 000 à 16 500 euros de plus par an par généraliste. Sans oublier la facilitation des protocoles ALD en ligne, l’Avantage Supplémentaire Maternité, le maintien de l’ASV, l’attachement à préserver l’accès aux soins de tous les Français. Certes, cela ne suffit pas à combler toutes nos attentes. Mais il est faux de dire que cette convention rapporte des clopinettes. Surtout dans un contexte social qui demande à chacun des « efforts ».

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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