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N° 63 - 17 mai 2016
 

Il faut 2,4 milliards pour la médecine générale

Bernard Plédran

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Vous savez ce que disent les pompiers : un incendie, au début, ça s’éteint avec un dé à coudre. Si l’on tarde, il faut quelques seaux d’eaux. Et si l’on tarde encore, c’est plusieurs casernes qu’il va falloir mobiliser. Nos amis canadiens viennent d’en faire l’expérience !
Pour la médecine générale, c’est pareil. A force de retarder les mesures adaptées, il faut aujourd’hui investir 2,4 milliards sur notre métier pour répondre aux besoins et pouvoir continuer à soigner correctement la population. Beaucoup plus que si les mesures avaient été prises plus tôt. Mais beaucoup moins que si l’on tarde encore !
2,4 milliards d’euros ! Est-ce dément ? Irréaliste ? Complètement décalé de la réalité, allez-vous dire ? Non pas du tout !
C’est simplement le prix de l’ambition. L’ambition de MG France pour la médecine générale est d’obtenir les moyens pour travailler dans des conditions simplement normales. L’ambition est de mettre fin au différentiel injustifié de revenus entre nous et les autres spécialistes. Il est de 49 % inférieur, je vous le rappelle ! Qui peut, aujourd’hui, avec les niveaux de formation et de responsabilité que nous avons, justifier un tel écart ?
2,4 milliards, c’est juste l’accès à la MPC de 2 euros aux généralistes comme à tous les autres spécialistes, la visite rémunérée à sa juste valeur, la revalorisation des forfaits, l’ajustement de l’ASV et sa pérennisation, la rémunération de la fonction « médecin traitant de l’enfant » et celle des maitres de stages, sans compter quelques autres mises à niveau. Mesures qui, pour la plupart auraient pu et auraient dû être prises depuis longtemps.
Mais si l’on attend encore, combien faudra-t-il mettre pour qu’il y ait un médecin accessible à l’ensemble de la population ? Trois ? Quatre milliards ? Nos politiques vont-ils attendre le crash démographique annoncé pour nous pondre une de ces mesures stupides et coûteuses dont ils ont le secret ? Des hélicoptères à tous les coins de rue ? Des cabines numériques pour que les patients s’auto-diagnostiquent ? Des hôpitaux de proximité dans toutes les campagnes ?
Ce qui reste plus surprenant, c’est l’attitude de nos petits camarades des syndicats poly-catégoriels. Ces défenseurs de la médecine libérale - mais défenseurs très modérés de la médecine générale - prennent acte et versent des larmes de crocodile sur notre niveau de revenu ridicule. De là à en tirer les conséquences et proposer des mesures concrètes pour changer cet état de fait, il y a un fossé qu’ils n’osent pas encore franchir !
Alors demandons du courage aux « politiques », même si n’avons pas beaucoup d’illusions sur leur capacité d’écoute et d’action. Et demandons aussi de la cohérence à tous les représentants syndicaux pour qu’ils nous aident à mettre fin à la situation de plus en plus intenable de la médecine générale, qui à terme sera préjudiciable à tous !

polsante.jpgUne prime aux médecins ?

Jean-Christophe Nogrette

 

Rions un peu !
Ou faut-il en pleurer ?
Subordonner une “prime” pour les médecins généralistes à la baisse de leurs arrêts maladie.
Pour le coup, un vrai et beau conflit d’intérêt !

 

Râlons un peu…
Oublierons-nous notre indépendance professionnelle ?
Surement pas ! Restons dignes.
Plutôt refuser de signer cette convention que d’accepter cette ineptie.

Râlons un peu.
Organisons la résistance,
Sécurité Sociale, que deviens-tu ?
Pas un assureur pur et dur comme les autres, tout de même ?

Rions encore !
Où trouveront-ils un médecin généraliste
Servile au point d’accepter leur contrat “corde au cou” ?
Pas à MG France en tout cas !

profession.jpgAccessibilité : 1/4 des médecins n’ont encore rien fait

Isabelle Leclair

La Loi sur l’accessibilité des handicapés aux lieux publics est passée et nous ne pouvons continuer à l’ignorer. Nous sommes tout simplement dans l’illégalité depuis le 27 septembre 2015. Toute cette paperasse vous désespère, mais l’acharnement des personnes handicapées à obtenir une mise aux normes de tous les locaux est bien entendu l’expression de leur souffrance et nous le comprenons.

Voici une version très simplifiée pour vous aider.
Pour plus de précisions nous vous renvoyons au site Internet de MG France ou aux sites de MG France de votre région. Vous y trouverez toutes les informations requises.

En pratique :
A./ Vous n’êtes pas aux normes
1. Ecrivez à : - Commission locale d'accessibilité,
- mairie (de votre commune)
- code postal - Ville de votre lieu d’exercice
2. Quelle que soit votre situation*, remplissez le CERFA suivant :
http://www.mgfrance.org/images/local-professionnel/accessibilite/remplir-dossier-adap/Cerfa13824-03_remplissable.pdf

3. Joignez la lettre d’accompagnement à votre demande de dérogation - (elle est toute prête à l’emploi avec les excuses pour le retard ci-dessous)
*Situations
a) vous avez décidé d’effectuer des travaux (non encore réalisés ce jour)
b) le montant de la mise aux normes est démesuré et vous oblige à déménager ou "déplaquer"
c) le syndic de votre immeuble a refusé les travaux
d) l’entrée jusqu’à votre cabinet est non modifiable pour X raisons (pente arrivant au milieu de la rue, bâtiment classé...)

B./ Si vous êtes aux normes, vous devez aussi vous déclarer :
1. Ecrivez à la Préfecture en Recommandé avec AR
- Commission locale d'accessibilité
- Préfecture de votre département
- Code postal - Ville du lieu de la préfecture
2. Une déclaration sur l’honneur de votre accessibilité :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/Attestation_exemptantADAP_VD(1).doc
3. Excusez-vous pour le retard, que vous justifiez sur la complexité du sujet et les informations contradictoires qui n’ont cessé de circuler sur l’accessibilité des cabinets médicaux
Bon courage à tous

metier.jpgLa permanence des soins ambulatoires doit continuer à évoluer !

Teddy Bourdet

Mission de service public, la permanence des soins ambulatoires (PDSA) est une mission du médecin traitant (Code de la santé publique, Article L4130-1), réglementée par un décret de 2010. Si elle permet à la population d’accéder à des soins de proximité même aux heures de fermeture des cabinets médicaux, son organisation reste disparate dans nos territoires.

Le principe du volontariat institué au début des années 2000 et la démographie médicale actuelle fragilisent ce dispositif. Comment va évoluer la PDSA avec la loi dite de modernisation du système de santé ?
Depuis la mise en place de la régulation médicale, les gardes de nuit ne sont plus incompatibles avec la semaine de travail d’un médecin installé en libéral. Notre responsabilité d’organiser la permanence des soins ambulatoires est collective. Elle permet de mettre en avant notre discipline, la médecine générale, apte à répondre à la plupart des besoins de soins, en dehors des urgences vitales pour lesquelles le Centre 15 reste incontournable. La loi va mettre en œuvre un numéro unique d’appel, pour séparer les appels urgents de ceux adressés aux médecins généralistes. Cela nous rendra plus visible.

Avec une régulation bien organisée, les appels des médecins effecteurs de secteur se font plus rares. Les secteurs s’agrandissent, avec parfois la création de lieux fixes de garde. Les horaires de PDSA (20h - 8h), deviennent cependant inadaptés dans certains territoires, lorsque des médecins déclenchent leur répondeur avant 20 h.
Chaque association départementale d’organisation de la PDSA doit travailler pour rendre les gardes les moins épuisantes possible, en les adaptant à la démographie et aux réalités de terrain de chaque département : lieu fixe de garde ou non, effecteurs mobiles, régulation ou non, mise en place de la régulation avant 20 h (pour des actes seulement après 20 h, comme le décret le prévoit), pour permettre par exemple de rentrer chez soi avant 20 h. La loi doit ouvrir des pistes pour la juste rémunération des certificats de décès. Les actes « médico légaux » ne relèvent pas de la PDSA.

La PDSA doit continuer d’évoluer. Elle ne doit pas être l’épine dans le pied qui nous fait boiter au quotidien. Les médecins généralistes, largement occupés au quotidien par le suivi de leurs patients, par leurs urgences et par l’augmentation de leurs actes - comme par la longueur de ces derniers -, doivent organiser cette PDSA. Avec seulement des volontaires ? Il faut alors leur assurer une rémunération attractive pour des actes utiles et valorisés. Pour que chaque médecin non volontaire puisse être remplacé par ceux qui le souhaitent. Avec une rémunération permettant à ceux qui travaillent le soir ou la nuit de se reposer normalement le lendemain, sans mettre en péril l’équilibre économique de leur activité. Il faut également des secteurs assez grands pour permettre que cette activité soit suffisamment rémunératrice.

Comment réussir cette organisation dans chaque département autrement qu’en évaluant le dispositif ? Il nous revient, à nous médecins généralistes, d’évaluer et d’organiser nos gardes de nuit. Il nous appartient de conserver dans notre activité des actes de médecine générale sans déléguer à l’hôpital toutes nos compétences. Avec des moyens adéquats pour une régulation efficace dotée de quelques effecteurs, adaptée aux territoires, nous pouvons maintenir ce service à la population. Mais ici aussi il faudra investir sur la médecine générale.

pratique.jpg7ème congrès national de MG France : le rendez-vous des médecins généralistes

 

Vous tous, médecins généralistes passionnés par votre métier, venez échanger entre professionnels, interpeller les autorités en charge de la santé, imaginer des avancées pour notre profession en pleine mutation, proposer votre vision du métier et ce que vous en attendez.
Ce congrès est une occasion de croiser les expériences des villes, des campagnes. Une occasion également de comparer les envies des anciens à celles des plus jeunes.
Alors que la négociation conventionnelle bat son plein, venez démontrer l’unité et la détermination des généralistes.
 

Au 7ème Congrès National de MG France :
“DESSINE-MOI LA MÉDECINE GÉNÉRALE DE DEMAIN “
GRENOBLE / 10-11 JUIN 2016

 

Des temps pour les débats et des moments de détente, des temps heureux pour les enfants à la halte-garderie créée pour la circonstance afin de libérer leurs parents !
Le programme est disponible sur MG France dès maintenant.
Il est encore temps de s’inscrire ! En allant sur http://congres-mgfrance-2016.insight-outside.fr/

A bientôt à Grenoble !


CONFÉDÉRATION - MG France est membre de la
Chambre Nationale des Professions Libérales

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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La formation du Généraliste

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Association de Gestion Agréée
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