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N° 52 - 22 octobre 2015
 

Elections URPS : chapeau !

Bernard Pledran

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"Voter, c’est écrire l’histoire" aurait dit un certain Alex Le Gall. Nous avons voté, nous avons écrit l’histoire. Qu’est-ce que je vais retenir de ces élections 2015 aux URPS ?
La première chose qui m’a marqué c’est, dans le collège des spécialistes en plateaux techniques lourds, la magnifique victoire du Bloc (1), avec 66 % des voix. Il est enthousiasmant de constater que dans leur grande majorité ils ont compris que seul un syndicat mono catégoriel pouvait efficacement les défendre. Que pour faire avancer les dossiers il leur fallait des représentants qui connaissent leur métier, ses contraintes, ses perspectives. Bravo, encore bravo.
En second lieu, je ne vais pas bouder mon plaisir en rappelant que MG France progresse nettement, avec presque 32 % des voix, et conforte sa place de premier syndicat des médecins généralistes. Même si je sais que nous avons encore du chemin à faire pour convaincre tous nos confrères et atteindre le niveau de nos amis du Bloc. Seul un syndicat puissant représentant toutes les facettes de la médecine générale, mais de la seule médecine générale, est un interlocuteur incontournable pour négocier les réformes indispensables qui devront redonner de l’attractivité à un métier aujourd’hui délaissé par les jeunes.
On ne tire pas sur une ambulance. Mais je ne peux m’empêcher, en troisième point, de verser une larme (de crocodile) sur les résultats de la CSMF. Je dis la CSMF et pas l’UNOF, parce que la branche généraliste de la CSMF a été complètement absente de cette campagne. A croire que les médecins ont enfin compris que pour défendre les généralistes, mieux valait un « vrai syndicat » de généralistes. Ceci dit, je dois quand même leur dire merci. Leur campagne outrancière, caricaturale, contre MG France et son président, mais sans aucune proposition pour la médecine générale n’a pas trompé les docteurs. Dommage qu’un certain nombre de leurs électeurs se soient tournés vers les syndicats les plus démagogiques ou réfugiés dans l’abstention !

L’abstention, parlons-en. De la vraie et de la fausse. De la vraie, de celle des médecins qui ont décidé de ne pas se prononcer ; c’est dommage. Surtout pour eux. Mais celle qui me fait râler encore plus, c’est la fausse, celle qui est liée au bazar de la mauvaise organisation de ces élections par les ARS qui ont envoyé le matériel électoral trop tard pour que nombre de nos confrères puissent s’exprimer. Et ça, c’est vraiment énervant. Si ce sont ces agences qui prétendent demain organiser l’offre libérale de santé, ça promet. Ça promet de vrais problèmes. Et nous en avons déjà assez comme cela. Ce n’est pas la peine d’en rajouter

(1) Syndicat des spécialistes du bloc opératoire (chirurgiens, anesthésistes et obstétriciens)
 

l52-polsante.jpgUne mobilisation sans précédent

Florence Lapica

A partir du 5 octobre dernier, de très nombreux médecins ont fermé les portes de leur cabinet en Rhône-Alpes comme ailleurs en France. Cette grève massive des généralistes a été la marque d’un mécontentement profond. Elle est aussi un signal lancé à notre ministre de la Santé : n’exaspérez pas davantage les médecins !

Bien sûr, en tant que professionnels libéraux, les médecins ont d’abord exprimé de fortes réticences à fermer leur cabinet pendant plusieurs jours, à l’idée de faire attendre les demandes de leurs patients.
Mais pouvions nous faire autrement ?
Reculer devant l’action au nom des intérêts immédiats de nos patients pourrait bien se retourner au final contre eux si la médecine générale libérale venait à disparaitre ! La limitation de l’accès aux soins est-elle vraiment la conséquence du coût de la consultation ou bien plus simplement la résultante d’un manque croissant de médecins ?
Pendant la grève, les conséquences sur le système de soins ont été très importantes. Les urgences ont été très largement impactées par nos fermetures. Les centres 15 ont été saturés d’appels. Car l’ARS n’y croyait pas et n’avait pas anticipé. Dans un second temps, la ministre de la Santé a tenté une manoeuvre de « dénigrement médiatique », en minimisant l’impact du mouvement de contestation et de grève. De ce fait, le mouvement a finalement entraîné des dysfonctionnements sérieux pour la prise en charge des patients.
Cette grève a été l’occasion de nombreux contacts avec les parlementaires. Mais il faut rester vigilant, afin que les engagements pris par le chef de l’Etat – en particulier sur le tiers payant - ne soient pas de simples propos de circonstance.
Pour l’avenir, nous savons que si nous fermons à nouveau massivement nos cabinets, l’impact sera très important. De quoi mettre la pression, si l’ensemble des régions s’y mettent !

l52-profession1.jpgElections professionnelles : avez-vous voté ?

Jean-Christophe Nogrette

Vous avez la gueule de bois post-électorale ? Ou alors, comme les 58 % de docteurs abstentionnistes, vous n’avez pas voté ? Oui, je vous parle encore des élections professionnelles des médecins pour les URPS. Ras le bol, me direz-vous ? Détendez-vous, prenez un petit café ou un thé et décompressez.

La participation n’a pas été merveilleuse. Elle a traduit votre lassitude et votre scepticisme sur les URPS : “Elles font quoi pour nous” ? D’autant que bien rares sont celles qui ont dressé des bilans de leurs actions.
Je vous réponds : les URPS discutent avec les Agences Régionales de Santé de la politique de santé dans nos territoires. Comme l’Etat (comprenez les ARS) ne fait jamais rien pour la médecine générale, il n’est pas étonnant que vous n’ayez rien vu venir !

Le vote a été “éclaté”. En fait ça, c’est le point de vue de la ministre de la Santé. Peut-être le vôtre aussi ? Il y aurait ainsi plein de syndicats de médecins, qui s’engueulent et ne font rien pour vous ? Attention, Marisol Touraine se plaint de nous dans les mêmes termes !
Mais au-delà de nos mouvements d’humeur, dans la vraie vie, les “corps intermédiaires” - entre l’État et les professions - sont indispensables.

Le vote était éclaté, disions-nous, d’où ressortent quelques idées fortes.
La CSMF a fait une campagne hautaine. Comme s’il n’y avait qu’elle qui était sérieuse ! Pourtant ses propositions étaient assez creuses, pour ne pas dire inexistantes. Conséquence : une claque mémorable.
La FMF a crié au loup en permanence, un peu poujadiste, mais rigolote. Conclusion : une belle percée. C’est toujours bien de mettre les rieurs de son côté. Pour les idées ce sera plus dur.
Le SML, fidèle à lui-même, est resté « ultralibéral “, car il le vaut bien”. Conclusion : stabilité.

Quant à MG France, votre syndicat, il a gagné quelques points, MG France reste en tête chez les médecins généralistes. Il reste le poil à gratter qui propose plein d’idées, des forfaits modulables, des pôles de santé sans les murs, un moratoire sur l’accessibilité et des solutions d’accès aux soins comme la suppression du ticket modérateur chez le médecin traitant. La liste n’est pas exhaustive. Vous connaissez le catalogue, on vous l’a déjà montré.

Merci de nous avoir gardé votre confiance, de nous conforter dans l’idée que le système de santé a besoin de la médecine générale et qu’il faut investir sur cette spécialité, qui est la pierre angulaire de l’accès aux soins et de la coordination des soins.

Le gouvernement semble avoir compris cette fois que les médecins, tout particulièrement les généralistes, ne sont pas contents du tout. On va maintenir la pression. Pas d’inquiétude.
Mais vous qui avez voté pour d’autres que nous ou pas du tout, une fois passée la démagogie électorale, regardez par vous-même : qui propose quelque chose pour la médecine générale ?

l52-metier2.JPGAccessibilité... c'est pire que ce qu'on croyait !

Gilles Perrin

Aux dernières nouvelles, le taux de dépôt du Cerfa accessibilité à la date butoir du 27 septembre 2015 serait d'à peine 10%, tous établissements recevant du public confondus. Ce chiffre ridiculement bas conforte la demande de moratoire que MG France a lancée début septembre. Car c'est toute la crédibilité du dispositif qui est en jeu.

Selon des sources officieuses, il se murmure même que MG France aurait été entendu car un nouveau report serait proposé jusqu'au 31/12/2015. Aussi si vous êtes en retard et que vous envoyez votre dossier avant la fin d'année, vous serez dispensés de la 1ère amende de 1 500 euros pour non dépôt dans les temps.
Les 3/4 des dossiers déposés seraient incomplets et les courageux précurseurs vont donc se voir demander de multiples pièces justificatives en xx exemplaires.
Mais le pire est que les administrations en charge de la vérification sur site sont sous dimensionnées ! Elles avouent en privé qu'elles n'ont pas les moyens de vérifier quoi que ce soit. Qui s’en plaindra ?
Ces reports à répétition, ces budgets insuffisants montrent bien que l’attention légitime portée aux handicapés ne résiste pas au pragmatisme et à la réalité économique. Une loi inapplicable décrédibilise ceux qui la votent. Surtout lorsque les mêmes votent en urgence pendant l’été un report de 9 ans pour les administrations ! Affaire à suivre.

l52-metier.jpgUne nomenclature accessible trop peu utilisée (2)

Florence Lapica

Une nomenclature accessible aux spécialistes en médecine générale existe. Elle nécessite des revalorisations et des actes spécifiques supplémentaires. Mais malgré ses imperfections elle mérite d’être plus souvent utilisée. Nous poursuivons la revue des actes les plus souvent réalisés, mais trop peu cotés. Notre prochaine lettre poursuivra avec d'autres actes.
 

Visite urgente :
Lorsque vous êtes amenés à interrompre vos consultations et à quitter votre cabinet, la visite donne lieu en sus des honoraires normaux, à une majoration forfaitaire d'urgence (MU).
V (23 €) + MU (22,60 €) = 45,60 euros.
Visites longues :
La VL (Visite longue) pour les visites à domicile (ou en EHPAD), en présence de l'aidant habituel du patient (famille, aide-ménagère, ...), pour les patient en ALD, pour une pathologie neuro-dégénérative identifiée (par ex Alzheimer, maladie de Parkinson, SEP). Elle est applicable une fois par an et plus, s’il y a modification de l'état de santé du patient ou changement de l'environnement nécessitant une réévaluation.
Visite d'évaluation de la dépendance : VL = 46.00 euros

Il apparait évident que la visite à domicile ne peut plus rester à 33 euros. Nous savons tous que la population vieillit, que les sorties d’hospitalisations sont de plus en plus précoces. Il est indispensable que l’ensemble des visites soient revalorisées à 56 euros.

 

l52-pratique.JPGLes productions MG France !

Teddy Bourdet

Notre syndicat œuvre pour la reconnaissance de la médecine générale et agit pour défendre notre spécialité. Mais aussi pour servir les généralistes : il a ainsi édité le Guide de l’accessibilité, le Guide des premiers pas dans l’exercice, MG pep’s, MG Femmes, etc., Autant de document que vous ne connaissez peut-être pas mais qui peuvent vous être utiles.

Nos dernières productions, fruit d’un travail sans relâche vous parviennent ces jours-ci. Un guide complet sur l’accessibilité du cabinet médical, élaboré par Bruno Deloffre et son équipe, vous a ainsi été adressé récemment par courrier. Il vous permet de mieux connaître la loi sur l’accessibilité et ses conséquences Sur la base de ce travail, MG France démontre en quoi la loi est difficilement applicable, notamment au regard de la complexité des dossiers à fournir. Remplir ces dossiers nous prend trop de temps par rapport à notre mission première : le travail médical. MG France vous aide à suivre les lois qui arrivent, et, sur la base d’un suivi et d’une analyse rigoureuse, demande aujourd’hui un moratoire pour cette loi.

Une production pour augmenter l’attractivité du métier auprès des jeunes a également été publiée. Martine Langlois et son équipe ont réalisé un guide des premier pas dans l’exercice, adressé à toutes les facs, et disponible sur commande auprès de vos responsables départementaux. Les maitres de stage apprécieront ce guide pour échanger avec leurs confrères.

Une autre équipe s’est penchée sur la loi qui nous oblige à proposer à nos salariés un contrat de complémentaire santé à compter du 01 janvier 2016. Un contrat négocié par nos soins, répondant aux besoins de notre spécialité, pour TOUS les généralistes. Avec un tarif préférentiel pour les adhérents MG France.

Un autre groupe de travail, MG Pep’s, s’est créé pour travailler sur notre exercice professionnel, que l’on soit en équipe, en maison de santé, ou installé seul. Afin de répondre à l’évolution des différentes formes d’exercice de notre discipline.

Je n’oublie pas le conseil juridique, l’accompagnement des confrères, le groupe MG femmes qui travaille à améliorer la protection sociale si importante pour l’installation de nos jeunes consœurs.

Toutes ces productions et services réalisées par des généralistes servent les généralistes.
MG France produit, MG France vous sert, MG France avance!

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SNJMG

Les jeunes généralistes tiennent leur assises le 21 novembre prochain. Au menu "Politique et jeunes médecins : un dialogue de sourd". Le syndicat présidé par Théo Combes, généraliste installé à Gaillac (81) donne le ton au lendemain du vote par l'Assemblée Nationale de la loi de modernisation de la santé.

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L'ONDAM revu à la hausse :

Les députés ont rectifié le 21 octobre l'objectif national des dépenses d'assurance maladie (ONDAM) pour 2015 dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2016. Arrêté désormais à 181,9 milliards d'euros (+ 2,05 % contre + 1,75 % prévu initialement), il reste cependant inférieur aux 182,3 milliards arrêtés dans la LFSS pour 2015. Encore un effort, Messieurs les députés, les soins primaires ont besoin de moyens !


 

 


CONFÉDÉRATION - MG France est membre de la
Chambre Nationale des Professions Libérales

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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Association de Gestion Agréée
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