Le Syndicat

En 1986, Huit médecins, représentants les principales composantes représentatives de la profession lancent un appel et créent MG France.
Mais l'histoire de MG France s'inscrit dans l'histoire du syndicalisme médical français et débute donc bien avant cette date...

 

1928

Création de la Confédération Syndicale des Médecins Français (CSMF), regroupant différentes structures, qui édicte une charte de la médecine libérale, avec 5 principes qui se veulent éternels :

  • Liberté du choix du médecin par le malade,
     
  • Secret professionnel,
     
  • Liberté de prescription,
     
  • Contrôle des malades par les Caisses d'assurances sociales
     
  • Entente directe sur les honoraires entre le médecin et son patient.
    (ce dernier principe a été supprimé en 1945, comme quoi, l'éternité)


 En fait, la structuration du syndicalisme médical repose sur une grande, belle et noble idée : s'opposer par tous les moyens possibles à la généralisation du système d'assurances sociales «hérité» de l'Allemagne, tel qu'il fonctionne, alors et encore aujourd'hui, en Alsace et en Lorraine. Parce que ce système "d'assurance sociale " est vécu comme potentiellement très dangereux pour l'exercice libéral.

Cela va parfaitement fonctionner jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, le Conseil National de la Résistance ayant à son tour édicté des principes pour créer et généraliser la Sécurité Sociale.

Au fil des années, sans que ses dirigeants se posent la moindre question sur son fonctionnement, la CSMF va connaître de multiples scissions qui vont aboutir à la création du paysage syndical médical français tel que nous le connaissons. FMF, SML et MG France sont, directement ou non, des sous produits de la confédération.

MG France ne renie pas cet héritage. On peut même regretter qu'il ait fallu aboutir à ces scissions pour faire avancer les choses. C'est ainsi !

Dès le début des années 80, plusieurs responsables de l'UNOF (les «médecins de famille» de la CSMF) essaient de faire évoluer leur centrale syndicale pour que le métier de médecin généraliste soit mieux pris en compte et mieux défendu. Sans résultat. Depuis longtemps déjà les mentalités ont changé et un véritable fossé s'est creusé dans le corps médical entre les spécialistes compétents et les généralistes dont on ne connait d'ailleurs pas vraiment les contours du métier.

 

1984

En Mai, 10 médecins, tous membres de la CSMF (Nicole Renaud, Jaqueline Valency, Richard Bouton, Georges Pradoura, François Angles, Pierre Atlan, Philippe Degeyne, Pierre Favard, Bernard Wolf, Guy Barbara) publient un texte qui décline en 10 points ce qu'ils souhaitent pour la médecine générale.

Ce texte, repris par la presse professionnelle, suscite de fortes et multiples réactions (des centaines de lettres de généralistes qui se retrouvent dans ces propositions), et, in fine, l'organisation d'états généraux de la médecine générale par la CSMF.

Mais en octobre au Congrès de la médecine rurale à Rodez, c'est la douche froide : pour le président de la CSMF, c'est un NON, ferme et définitif : il n'y aura pas d'autonomie pour la médecine générale.

C'est la scission : création du MAG (Mouvement d'Action Généraliste) dont Nicole Renaud prend la présidence.

 

1986

L'idée qu'un mouvement spécifique à la défense de la médecine générale est nécessaire fait son chemin. En novembre 1986, 49 syndicats départementaux créent MG France (Fédération Française des Médecins Généralistes. Richard Bouton en devient le président et conservera son poste jusqu'en novembre 2000.

La charte de MG France comporte 7 points fondamentaux pour une médecine générale :

  • Reconnue à l'Université à égalité avec les autres disciplines,
     
  • De qualité et d'accès facile à tous,
     
  • Qui participe es qualité à toutes les commissions,
     
  • Rémunérée à sa juste valeur et pour la totalité de ses fonctions
     
  • Qui bénéficie d'une politique incitative de FMC de qualité
     
  • Qui bénéficie d'un cadre conventionnel spécifique
     
  • Abordée dans sa globalité, en coopération avec les autres spécialités.

 

1988

La Fédération s'étoffe et compte désormais 76 syndicats départementaux.

 

1989

MG France est reconnu comme syndicat représentatif de la profession. C'est une étape importante, mais ce n'est qu'une étape.

 

1994

Lors des premières élections aux URML (Unions Régionales des Médecins Libéraux), MG France rafle 61,4 % des sièges des représentants aux unions.

 

1997/98

MG France signe la première et la seconde des conventions spécifiques à la médecine générale.

Le dispositif du médecin référent est créé, lancé, et violemment attaqué par la CSMF et les autres centrales syndicales poly catégorielles : un dispositif qui place le médecin généraliste au cœur du système de soins et lui permet d'augmenter substantiellement ses revenus par un système qui n'est pas basé exclusivement basé sur le paiement à l'acte, c'est insupportable.

Les mêmes syndicats approuveront largement, quelques années plus tard, un dispositif dégradé du médecin référent, très loin d'apporter les mêmes avantages aux médecins généralistes : le médecin traitant.

 

1999

Toujours dans l'innovation, MG France lance le concept des Maisons Médicales de Garde

 

2000

... et quelquefois un peu trop en avance, lance une réflexion avec d'autres professions de santé sur les soins primaires et leur spécificité.

Les deuxièmes élections aux URML ne sont pas aussi favorables qu'en 1994, et MG France perd, de peu, sa place de premier syndicat chez les médecins généralistes.

En novembre, après 15 années de ce qui a été un combat, Richard Bouton abandonne la Présidence du Syndicat. C'est Pierre Costes qui reprend le flambeau.

 

2004

MG France organise son 4ème Congrès à Nantes sur le thème : le médecin généraliste, spécialiste en soins primaires.

En août, une loi réorganise le système de soins et institue le principe d'un médecin traitant pour chaque assuré.

 

2005

Refus de la convention : MG France refuse de signer une convention qui restreint l'accès aux soins, supprime le médecin référent, et charge le généraliste de contraintes et de responsabilités sans lui donner ni moyens techniques, ni moyens économiques.

MG France n'aura eu de cesse pendant les années suivantes de dénoncer une convention fondée sur le « deux poids deux mesures » et de mobiliser toute son énergie pour que enfin, cela change !


MG France se positionne alors sans ambiguïté :

  • Comme un syndicat d'opposition à la convention en cours, aux côtés de l'ensemble des structures généralistes : syndicats professionnels et d'internes, sociétés savantes
     
  • Mais aussi comme un syndicat de propositions et de modernisation du système de santé.

 

2006

Aux élections aux URML en juin, MG France redevient le premier syndicat chez les généralistes. Au total 60 % des électeurs ont voté pour les syndicats qui se sont opposés à la convention de 2005 :

En septembre, le Comité directeur proclame : la médecine générale spécialité à part entière dès le 1er janvier 2007. L'Histoire nous montrera que cela a été un peu plus compliqué à mettre en œuvre.

En décembre, Pierre Costes passe la présidence du syndicat à Martial Olivier-Koehret.

 

2007

Les choses bougent et les généralistes peuvent demander leur qualification comme spécialiste en médecine générale auprès de leur conseil de l'Ordre départemental.

Dès le mois de mars, 1500 d'entre eux ont déjà fait la démarche.

Pendant la campagne pour l'élection présidentielle, MG France rappelle la situation préoccupante des soins primaires en France et met l'accent sur l'évolution préoccupante de la démographie. Avec le résultat que l'on peut constater aujourd'hui !

 

2008

Pendant l'été le Parlement discute et vote la Loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires). Cette Loi suscite de grandes discussions au sein du syndicat, beaucoup d'espoirs, et a posteriori, beaucoup de désillusions. Le génie administratif français est arrivé à casser la dynamique sur laquelle beaucoup de professionnels avaient misé.

Cette Loi crée des structures et des mécanismes complexes qui devaient faire avancer la cause de la médecine générale, et n'aboutissent pas au résultat escompté.

 

2009

Lors de l'Assemblée Générale de décembre Martial Olivier Koehret n'est pas reconduit à la tête du syndicat.

Une adhésion trop forte à la Loi HPST dont les aspects positifs sont mis en avant et les aspects négatifs un peu trop gommés, une attitude trop politique et pas assez syndicale vis à vis du Gouvernement seront sanctionnées. L'Assemblée Générale élit une nouvelle équipe autour de Claude Leicher.

 

2010

Les élections aux nouvelles URPS (Unions Régionales des Professionnels de Santé) confortent MG France à sa place de premier syndicat des médecins généralistes.

Mais le système électoral induit par la Loi HPST empêche le syndicat de jouer le rôle qui devrait être le sien au sein de ces instances.

 

2011

En juillet, MG France participe à l'élaboration et signe la nouvelle convention médicale

Texte de compromis, loin d'être parfait, ce texte introduit la notion de rémunération sur objectifs de santé publique. Les montants sont insuffisants, mais le principe selon lequel la rémunération des médecins n'est basée QUE sur le paiement à l'acte est enfin brisé.

Directement lié à la négociation conventionnelle, une autre négociation permet de conforter le financement de l'ASV, qui représente à peu près la moitié de la retraite des médecins secteur 1

 

2012

MG France se saisit de l'opportunité qu'offrent les élections présidentielles et législatives pour porter ses idées sur l'investissement et le développement nécessaire des soins primaires.

 

2013

MG France organise en novembre son 6° Congrès National à Marseille, Capitale Européenne de la Culture. Ce congrès qui réunit plus de 500 participants issus de toutes les régions de France et d'Outre Mer est donc un immense succès. La Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, Marisol Touraine, prononce un discours important dans lequel elle réaffirme l'importance des soins primaires, du parcours de soins et fait sienne l'idée de MG France selon laquelle les enfants doivent aussi avoir un médecin traitant. Combien de temps faudra-t'il attendre pour que cette idée se concrétise ?

 

En 25 ans la médecine générale et sa représentation ont beaucoup évolué, force est de constater que le chemin qui reste à parcourir pour aboutir à une simple équité entre médecins est encore long.

 

 

 

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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