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Pommade odorante permettant de lustrer barbe et cheveux, la brillantine a été très à la mode au milieu du 20e siècle.
Le discours de Macron, sur la grande réforme de la santé que tout le monde attendait, c’est un peu le lustrage à la brillantine d’une chevelure devenue trop clairsemée.


Difficile en effet de refuser aux professions de la santé -besoin premier de la population- les moyens dont elles ont besoin, tout en dépensant des milliards pour renflouer la SNCF ou en se privant de recettes fiscales par le biais des allégements d'impôts.

Présenter une réforme “de la même ampleur que les ordonnances Debré en 1958” sans la doter de moyens conséquents, c’est un petit tour de passe-passe qui montre bien l’absence de volonté politique. Cela se voit.
Donc, cette réforme brille et sent bon, mais sans moyens conséquents, elle restera une réforme cosmétique.

Les pistes évoquées pour réformer la médecine de ville, Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS), Assistants Médicaux, mutualisation des Demandes de Soins Non Programmées (DSNP), c’est en effet l’ADN de la réflexion de MG France depuis 10 ans … Nous devrions être enthousiastes … Hélas, sous la pommade il y a si peu !

Mais manifestement le Président nous demande de mettre tout cela en place, avec un tout petit peu d’aide au départ,
puis de nous débrouiller seuls. Et si ça ne marche pas, il nous dira de traverser la rue …

Libérer du temps médical pour contrer les désastreux effets d’une pénurie de médecins généralistes que les technocrates ont créée de toutes pièces,
Fluidifier les parcours de nos malades chroniques et/ou âgés,
Accueillir mieux et plus vite les petites urgences de nos patients …
Quels sont les médecins généralistes qui ne signeraient pas au bas de ce programme ?

Mais pour faire tout cela, il nous faut des moyens.
Des moyens pour mieux écouter, mieux examiner nos malades, être mieux installés.
Des moyens pour mieux nous équiper (échographie, télémédecine) et nous former.
Des moyens pour leur faire bénéficier des transports, des examens complémentaires et des avis spécialisés que nécessite leur état, dans les meilleurs délais.

 

Au lieu de quoi nous buttons sans cesse sur le manque de temps dans nos journées de dingues, sur le prix des équipements, les restrictions des transports, les délais délirants pour obtenir certains examens (IRM), certains avis spécialisés (OPH ou RH), et cerise sur le gâteau, on ne cesse de raboter nos droits à la formation, d’augmenter les contraintes réglementaires qui nous accablent.

Alors nous donner des “Assistants 9CH” tellement dilués qu’on n’en trouve plus la matière (4000 Assistants pour 50 000 MG), nous donner des CPTS fourre-tout imposées de haut et des obligations alourdies dans la prise en charge de la DSNP, sans nous donner les moyens de ces grandes ambitions ni en termes directs, les sous, ni en termes indirects, la bonne organisation du système de santé, c’est une fois de plus nous demander de réussir la quadrature du cercle !

Le grand maître de cette brillantine qu’on nous étale sur la tête, c’est sans doute Nicolas Revel, DG de la CNAM : IL porte aux nues le Médecin Traitant. Il a bien raison.
Mais il estime que nous autofinancerons nos Assistants en … augmentant nos cadences infernales. Comme si augmenter de 10 ou 20 % nos nombres d’actes allait dégager assez de bénéfice net pour financer nos fonctions support ? À se demander s’il sait compter.

La politique est un art difficile.
Difficile en effet de refuser aux professions de la santé -besoin premier de la population- les moyens dont elles ont besoin, tout en accordant des milliards à la SNCF pour combler sa dette …
Difficile de ne rien faire de concret pour l’accès de chacun à des soins de qualité tout près de chez-soi, tout en octroyant des rabais chiffrés en milliards aux plus fortunés…

Et présenter une réforme “de la même ampleur que les ordonnances Debré en 1958” sans la doter de moyens conséquents, c’est un petit tour de passe-passe qui montre bien l’absence de volonté politique. Cela se voit.
Cette réforme brille et sent bon mais c’est tout ce qu’elle peut produire.

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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