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Comme chaque année, l'OCDE nous livre son Panorama de la santé dans le monde, avec des données comparables les plus récentes sur les principaux indicateurs de la santé et des systèmes de santé de ses 34 pays membres. Un panorama riche d'enseignements. En particulier sur la médecine ambulatoire et les soins primaires. Il analyse également les évolutions des rémunération des médecins.

"Les dépenses de santé par habitant dans les pays de l’OCDE ont légèrement augmenté en 2013, dans la continuité des dernières années", note l'Organisation internationale. Les États-Unis ont continué de dépenser pour la santé nettement plus que tous les autres pays de l’OCDE, avec des dépenses s’élevant à 8175 euros par résident dans le pays, pour une moyenne de 3239 euros sur la zone. Sur l’Europe, on observe une réduction spectaculaire des dépenses de santé dans certains pays à partir de 2010. En France, les dépenses de santé par habitant se situent à 3869 euros par habitant, en faible hausse, de 0,9 % entre 2009 et 2013.

En termes de répartition des dépenses, les soins hospitaliers et ambulatoires représentent les deux tiers de la dépense courante de santé en 2013 sur l’ensemble de l’OCDE. 20 % sont consacrés aux biens médicaux (principalement les médicaments), 12 % se rapportent aux soins de longue durée et 6 % aux services collectifs (prévention, administration, santé publique).

Où est passé le "virage ambulatoire"

Le secteur des hôpitaux joue un rôle important en Pologne, en France et en Autriche, avec des dépenses en soins hospitaliers de plus d’un tiers des coûts totaux (35 % en France). Les dépenses en produits pharmaceutiques ont diminué de plus de 3 % par an sur les années récentes, alors qu’elles augmentaient au rythme de 5 % par an dans la période qui a précédé la crise.

Quant au taux de croissance des dépenses en soins ambulatoires, il a été divisé par plus de deux globalement (1,7 % en 2013 contre 3.9 % en 2009), tout en restant positif dans trois quarts des pays de l'OCDE. "Certains gouvernements ont décidé de protéger les dépenses destinées aux soins primaires et aux services de première ligne tout en cherchant des possibilités de réduction dans d'autres parties du système de santé." Ce qui, au demeurant, n'est pas le cas de la France où le secteur des soins ambulatoires demeure, avec 25 % des dépenses, largement en dessous de la moyenne de la zone OCDE (33 %), de l'Allemagne (30 %) ou du Canada (34 %). La loi de santé a prévu de faire prendre à la France un "virage ambulatoire". Il est temps que ce dernier soit réellement engagé en faveur des soins primaires.

Médecine générale peu attractive

La question des rémunérations des médecins est également abordée par le rapport de l'OCDE, qui souligne que "dans beaucoup de pays de l’OCDE, l’écart de revenu entre généralistes et spécialistes a continué de se creuser au cours
des dix dernières années, réduisant l’attrait financier de la médecine générale". Ainsi, depuis 10 ans, la rémunération des spécialistes augmente plus rapidement que celle des généralistes en France, au Canada, en Finlande, en Hongrie, en Islande, au Luxembourg et au Mexique.

Concernant les généralistes libéraux, l’écart avec nos voisins Allemands atteignait 40 % en 2011, avec une rémunération annuelle de 82 000 euros en France, contre 138 000 euros outre-Rhin. La différence s'élève à 20 % avec les confrères anglais. En France, les revenus des généralistes ont augmenté de 2,3% durant cette période, selon l'OCDE (voir tableau ci-dessous). Là encore, les médecins généralistes français sont parmi les plus mal lotis.

"Un certain nombre de pays d’Europe durement touchés par la récession ont gelé ou réduit, au moins temporairement, les salaires ou les honoraires des médecins afin de réduire les coûts tout en protégeant l’accès de la population aux soins", note encore le panorama de la Santé. La France fait partir de ces derniers pays.

J-J Cristofari

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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