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Du e-médecin, vers le e-patient : quand internet modifie notre pratique

Notre métier évolue. Nos outils aussi. Cette évolution est dictée par une évolution sociétale majeure qui est l’avènement d’internet. Si le logiciel médical et les outils se dématérialisent, quittant le disque dur de l’ordinateur du médecin pour prendre place dans le “nuage”, nos patients, toujours en quête d’informations, sont aussi demandeurs de plus d’ouverture et d’informations. Cette communication par nécessité oblige les praticiens que nous sommes à consulter régulièrement ce qui représente aujourd’hui la principale source d’informations, c’est à dire Internet.

 

Les besoins du e-médecin : Communication, information, sécurité et production de données

Le médecin de ce début de 21ème siècle est un médecin communicant. Parfois contre son gré … La médecine 2.0 est déjà une réalité. Les patients arrivent dans nos cabinets remplis de certitudes, puisées sur les sites et forums médicaux qui prolifèrent et chaque nouvelle crise sanitaire entraîne une cascade de questions et de réactions, parfois étonnantes, souvent inadaptées. Face à cette multitude d’informations, le médecin, même le moins “connecté”, est obligé de réagir. Il est communicant par nécessité ou comme Mr Jourdain, malgré lui. Il serait d’ailleurs intéressant d’étudier les variations de prescription en fonction de l’information. Autrement dit, quelle est l’influence de l’information dans le processus décisionnel du médecin ?

Cette communication par nécessité oblige les praticiens que nous sommes à consulter régulièrement ce qui représente aujourd’hui la principale source d’informations, c’est à dire Internet. Avec toutefois la prudence et le recul nécessaire par rapport aux résultats des moteurs de recherche. C’est là que le conseil médical reprend sa place en restituant l’information de façon adaptée au patient. Les patients ne s’y trompent d’ailleurs pas, puisqu’une étude récente montre que 54 % d’entre-eux résistent encore aux sirènes du web et préfèrent poser directement les questions à leur médecin.

Au-delà de l’information, le développement des télé-services par l’intermédiaire d’Ameli Pro nécessite des logiciels connectés. La tendance actuelle étant à la dématérialisation, il y a fort à parier que cette tendance lourde va s’imposer. C’est déjà le cas des feuilles de soins électroniques. Ce le sera demain pour les arrêts de travail, les protocoles de soins, etc. Un logiciel communicant est donc nécessaire. Il l’est également pour la sécurité de la prescription, avec une mise à jour régulière de nos bases de médicaments. La sécurité sociale l’a d’ailleurs fixé comme objectif de notre ROSP (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique).


Produire des données de santé

Notre outil de travail doit être également sécurisé. Qui ne connaît pas un confrère qui, à la suite d’une panne, a perdu toutes ses données. Combien d’entre nous font des sauvegardes quotidiennes, sur deux supports différents qui ne sont pas stockés au même endroit ? Cette sécurisation peut être délocalisée, soit par des sauvegardes de logiciel sur le cloud, soit au travers d’un logiciel qui fonctionne sur le web. Dans ce cas là, les données de santé doivent être stockées chez un hébergeur de données de santé agréé. C’est une obligation légale.

Enfin, et c’est important, nos logiciels médicaux doivent nous permettre de produire des données de santé. Le sujet a déjà été abordé sur ce site. Les caisses nous opposent leurs données et nous sommes bien obligés de les croire. “Dr Dupont, vous prescrivez trop d’antibiotiques », « Oui, mais c’est justifié!!! », « Ah bon? Prouvez-le ! ». Outre le fait que les données des caisses ne relèvent que les médicaments ou soins délivrés et non ceux prescrits, le médecin généraliste doit en permanence se justifier de ce qu’il prescrit, à qui, pourquoi, etc. Quels sont les logiciels qui permettent actuellement de produire des données de santé opposables de façon simple? Ils sont peu nombreux (1). C’est pourtant une priorité pour les praticiens. Cette production peut vous paraître compliquée. Il n’en est rien. Déjà la prescription de médicaments à l’aide de nos logiciels d’aide à la prescription peut être finement analysée. Si les médecins prennent l’habitude de coupler cette prescription à un diagnostic, nos données deviendrons une mine d’information pour la société. Et cette dernière a une valeur, à la fois politique et marchande. Une valeur politique, parce que grâce à ces données, nous pourrons opposer nos propres conclusions, tirées de notre pratique aux institutions. Une valeur marchande, parce que notre activité suscite l’intérêt de beaucoup, à commencer par les industries du médicament.

Donc en résumé un bon logiciel médical, doit :

  • Bien fonctionner
  • Etre fiable et sûr
  • Communiquer
  • Permettre de produire des données de santé

Un dernier point : pensez à vérifier que vous pouvez changer de logiciel facilement, c’est à dire que vous n’êtes pas liés contractuellement à votre éditeur et que celui-ci s’engage à vous restituer vos données dans un format exploitable. Ce point doit être une condition non négociable.

Les besoins du e-patient: informations validées, éducation thérapeutique, communication

Le médecin du 21ème siècle est connecté, tout comme l'est le patient. Quelle est son utilisation de l’internet médical et quelles sont ses attentes ? Une enquête de mars 2013, " à la recherche du e-patient " (2) nous en dit plus sur ce sujet. On y découvre, d’une part l’usage que font les patients d’internet et, d’autre part, l’influence de ce support sur la décision médicale

Les français et l’internet santé

49 % des français ont déjà recherché ou échangé des informations sur leur santé sur le web. Les smartphones ont une place de plus en plus importantes dans cette recherche. Sur ces 49 %, un bon tiers échange au travers des forums, et se communiquent des tuyaux, des adresses. Ceci concerne surtout les patients atteints de maladies chroniques. Cet usage a bien évidemment un impact sur la relation médecin-malade. Pour les patients, cette information favorise le dialogue avec le médecin (même si un internaute sur 2 ne parle pas de ses recherches…) Les recherches après les consultations seraient à mettre en rapport avec un temps de consultation jugé trop court. Rassurons nous toutefois, le lien avec le médecin reste prépondérant pour 54 % des français.

Alors qu’attendent de nous (et de nos logiciels) les patients ? D’abord, l’accès à leur dossier médical et la prise de rendez-vous en ligne. Il souhaitent également pouvoir échanger avec leur médecin par mail ou e visio-conférence avec leur médecin.

On note aussi une demande forte pour un site d’information ou un blog de leur médecin pour s’informer auprés de quelqu’un en qui ils ont confiance.
Ce besoin d’information des patients est directement lié à la gravité et à la chronicité de leur pathologie. Pour autant, il n’altère pas la confiance et l’importance de la relation médecin-malade. Confiance d’autant plus importante que les internautes santé ont peu confiance dans la communication institutionnelle. À cet égard, l’épidémie de grippe aviaire a été un exemple marquant avec seulement 8 % de vaccinations ! L’éducation thérapeutique est également une demande forte des internautes santé.


Une nouvelle dimension de la relation médecin patient

Il est indéniable qu’internet modifie notre pratique et le fera de plus en plus. Les patients internautes arrivent dans nos cabinets avec des informations glanées ici ou là qui nécessitent souvent un temps d’explication. Par ailleurs, la demande est forte pour une communication médicale de proximité qui s’externalise hors des murs de nos cabinets. Le succès des blogs médicaux est, à cet égard, remarquable. Cette communication dématérialisée, faite par les médecins généralistes, pour leurs patients fait partie de ce changement. Les outils de télémédecine, qui commencent à apparaître, laissent à penser que le champ des possibles va s’étendre très rapidement (lecteur de glycémie communicant, tensiomètre, monitoring, etc.).

Face à tout cela, notre profession doit s’organiser. D’abord en s’équipant de logiciels adaptés, sécurisés, communicants, ouverts vers l’extérieur. Ensuite, en s’organisant pour répondre à la demande des patients vers plus d’informations. Elle doit aussi obtenir un cadre légal pour la télémédecine et une rémunération adaptée. Enfin, elle doit exiger et obtenir un financement pour ce temps de conseil et d’éducation, qui n’est à ce jour toujours pas reconnu !


Jean-Christophe Calmes


(1) Vous trouverez la liste des logiciels agréés sur le site de la HAS, un comparatif du Quotidien du Médecin et enfin un dernier lien vers un site médical qui fait des tests très complet.
(2) "Les Français et l’internet santé ", une Etude TNS Sofres pour LauMa communication et Patients & Web, réalisée par téléphone entre le 4 et le 6 février 2013 : échantillon de 1 002 individus de 18 ans et plus, représentatif de la population nationale.

 

 

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