Vous venez de déclarer vos indicateurs pour la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). La date ultime était, cette année, fixée au 31 janvier. Une ROSP, acceptée par 97 % des médecins généralistes et dont le montant n’est pas négligeable. L’an dernier, en moyenne, pour les médecins généralistes, elle s’est élevée à 6100 euros qui s’ajoutent aux autres rémunérations forfaitaires. Les forfaits représentent désormais 12 % de nos revenus. Un “treizième mois de la médecine générale” ? En fait c’est encore plus subtil.
Bien entendu, la ministre de la Santé, Marisol Touraine et le directeur de l’UNCAM (Union nationale des caisses d’assurance maladie), Nicolas Revel, insistent lourdement sur la ROSP quand on leur parle de stagnation de la valeur des actes. Cette ROSP et les autres rémunérations forfaitaires dont ont bénéficié les médecins libéraux ont permis d’éviter un effondrement de leurs revenus sur les 5 dernières années, alors que les tarifs des actes stagnent et que les charges explosent.
D’après nos hauts responsables, ces "forfaits" porteraient même le CS à 31 euros. De quoi nous plaignons nous dès lors?
Mauvais calcul : pour arriver à une consultation payée 31 euros, l’assurance maladie réintègre les cotisations sociales des médecins libéraux qu’elle paie en contrepartie du blocage des tarifs conventionnés. Elle vous dit : “Vous êtes assez payés, puisqu’on règle pour vous ce que vous pourriez payer facilement si vous aviez la liberté de fixer votre prix” !
Etrange raisonnement et absurde remise en question du contrat conventionnel.
Pas de signature sans revalorisation
En oubliant la nécessaire revalorisation du prix de nos actes, soit encore 88% de nos revenus, et en pointant l’ampleur des rémunérations forfaitaires, Mme Touraine et M. Revel tombent dans leur propre piège. Pensent-ils vraiment que les médecins généralistes en resteront là et ne demanderont rien ?
Bien au contraire, comme tous les médecins libéraux, les médecins généralistes vont exiger la juste revalorisation de leurs actes. Nous allons même ajouter qu’en plus, il faut rattraper le différentiel de revenu des médecins généralistes avec les autres spécialistes.
Si les honoraires de la médecine générale ne sont pas revalorisés, aucun syndicat ne signera une convention.
Et comme Marisol Touraine et Nicolas Revel ont si lourdement insisté sur nos “rémunérations forfaitaires”, ils ne pourront guère les supprimer. Ils devront surtout dire s’ils veulent ou non donner aux médecins généralistes les moyens de travailler.
Restez mobilisés, restez fermes et déterminés pour l’immédiat sur le C à 25 euros.
Jean-Christophe Nogrette