• Télémédecine : formidable...ment perplexe

    téléJe trouve formidable tous les projets autour de la télé-médecine. Je trouve formidable que soit enfin reconnue comme essentielle une part non négligeable de l’activité des médecins généralistes. Car quand nous répondons à nos patients, quand nous leur donnons les conseils qui vont dans la plupart des cas permettre d’éviter une consultation physique, qu’est-ce, sinon de la télé-médecine. Et ça, nous le faisons depuis l’invention du téléphone !
    Je trouve formidable le souhait de formaliser cet outil, avec des règles, des protocoles, des outils d’aide au diagnostic, pour rendre les choses plus sûres, plus pertinentes.

  • Remerciements pour Claude Leicher le 21 décembre

    MG France remercie toutes les personnes qui se sont déplacées pour saluer le départ de notre président Claude Leicher :

    - les personnalités impliquées dans le monde de la santé,

    - les syndicats de médecins et de professionnels de santé,

    - nos partenaires de l’assurance maladie et du ministère de la santé,

    - les journalistes de la presse générale et professionnelle,

    ainsi que le personnel du siège de MG France

  • Mais quelle aventure depuis 8 ans !

    Non Madame, Non Monsieur, le président n'est pas joignable, il est en train de faire un trekking dans les Alpes ; ou dans la cordillère des Andes ; ou dans l'Himalaya !

  • Vaccin antigrippal et «bon de prise en charge»

     Je ne sais pas si c'est le cas dans votre département, mais dans le mien les patients à risque ne reçoivent pas/plus forcément leur « bon » de délivrance du vaccin antigrippal. J'avais déjà constaté les années précédentes quelques manquements et y remédiait en imprimant le « bon » via le site ameli.

  • Visite à domicile, la double peine

     Nous avons reçu  récemment au bureau de MG69, le mail d’humeur d’un confrère de Saint- Fons dans la banlieue lyonnaise :

    «Suite à une amende pour stationnement «gênant» dans un coin ingarable de St Fons, j’ai signifié à la maire que je ne ferai plus de VAD à l’avenir dans son foyer logement. Eh ben,  elle était pas contente, la maire. Il y a un moment où il faut savoir dire «non» et se faire respecter. Après ils iront se plaindre de n’avoir plus de médecin !»

  • Ne pas nous enquiquiner sur les remplacements

    Normalement, lorsque nous nous faisons remplacer, le remplaçant devrait utiliser sa CPS, à la place de la nôtre. C'est le règlement.  Mais je dis normalement, parce que peu d'entre nous le font.

  • Les arrêts maladie augmentent inéxorablement

    Et ça coûte cher. Très cher. La CNAM veut maitriser ce coût. Normal. La CNAM a trouvé une solution simple : C'est la faute aux prescripteurs.
    Absurde !

  • PDSA, la nouvelle quadrature du cercle !

    Nous sommes très nombreux à nous préoccuper de la PDSA, qui comme on le sait, est désormais pilotée par les ARS.
     Un rappel : même si nous appelons souvent ça "la garde", la PDSA, stricto sensu, c'est l'activité de médecine générale semi-urgente hors des heures normales d'ouverture des cabinets médicaux, ce n'est en aucun cas de l'urgence vitale immédiate qui relève des SAMU. 
     

  • Témoignage-réflexion sur un contrôle CPAM « bon de transports »

    Je suis une bonne élève, rigoureuse, attentive à ses patients, soucieuse des dépenses de santé, investie dans sa profession, je suis médecin généraliste. Je suis même super médecin généraliste puisque que la dame de la CPAM qui vient me visiter régulièrement ne m’amène que des bonnes notes : je suis dans le vert avec les antibiotiques, avec les statines... Et "vous êtes la meilleure du département pour le suivi du diabète " !
  • La vérité sort de la bouche des Bretons !

     
    Le maire de Landudec (Finistère) se lamente. Il recherche désespérément un médecin généraliste pour son bourg, classé "désert médical".
  • Forfait structure 2017 : pensez à la messagerie sécurisée !

    Le volet « organisation du cabinet» de la ROSP devient en 2017 un « forfait structure » qui sera versé en juin 2018.
  • Prescriptions "Hors AMM"

    Monsieur Ceretti, Président du Lien, une association de patients, quand vous souhaitez que l’on inflige des amendes aux médecins qui prescrivent « hors AMM », vous vous trompez de combat.

  • La consultation CCP, Consultation de Contraception et Prévention

     

    Lorsqu’un médecin généraliste reçoit une jeune fille âgée de 15 à 18 ans pour une première consultation portant sur la contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles, il peut désormais coter un acte spécifique à 46€, la CCP.
  • N° 86 - 20 octobre 2017

     
    N° 86 -20 octobre 2017
     

    Utilisez la nomenclature,
    c’est lucratif et … c’est politique !

     


    Qui utilise de longue date une nomenclature très complexe à son plus grand profit ?
    Le radiologue.
    Sommes-nous collectivement moins agiles intellectuellement que les radiologues ?
     

    La CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux) est déjà ancienne et les médecins généralistes, globalement, ne l’emploient pas assez.
    Des codes à 4 lettres et 3 chiffres, des conditions et restrictions d’emploi, la peur de ne pas être à la hauteur ?
    Pourtant la CCAM nous permet de facturer une centaine d’euros pour une suture de la face que nombre d’entre nous savent faire …
     

    On peut hélas en dire autant de la NGAP (Nomenclature Générale des Actes Professionnels) que nous utilisons pourtant chaque jour avec nos “lettres clefs” G(S), V(S), MGE. Nous négligeons en revanche massivement les possibilités de coter une COE (Consultation Obligatoire Enfant à 8 jours, 9 mois et 24 mois) qui n’est pas encore dans nos réflexes, une visite longue (VL) même si il y a quelques conditions, une visite de sortie d’hôpital (MSH) ou pour une suite d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque (MIC) … et cela malgré un bonus tarifaire substantiel qui double pratiquement le prix de l’acte, à l’exacte mesure de sa difficulté, d’ailleurs.
     

    Mais au delà de l’aspect lucratif, que peut-on penser d’une profession à laquelle on reconnait le droit de pratiquer des actes plus complexes et mieux rémunérés... et qui ne saisit pas cette possibilité ?

    Qu’elle est globalement incompétente ?

    Si nous ne “cotons” pas, qui peut savoir que nous faisons de la gynécologie, de la pédiatrie, de la rhumatologie, de la cardiologie ou de la médecine d’urgence ?
    Nos cotations sont le reflet de notre activité.
    Sans cotations pour des actes divers, il n'y aura pas de reconnaissance de la diversité de nos compétences.

    Qu’elle est suffisamment rémunérée ?

    Si nous ne “cotons” pas, nous donnons à croire en effet que cet argent rémunérant la haute technicité, nous n’en avons nul besoin, puisque nous n'allons pas le chercher ! Comment ensuite réclamer plus de moyens pour la médecine générale ?

    Notre responsabilité est grande, devant cette nouvelle convention qui nous ouvre de nombreuses possibilités de montrer ce que nous savons faire, devant la vaste CCAM qui décrit et rémunère tous nos actes techniques bien au delà de 25€ !
    Ne pas se saisir de ces possibilités, c’est nous cantonner dans le rôle subalterne de “bobologues” que certains, n’en doutons pas, seront ravis de nous voir endosser.

     

    Trop compliqué pour nous ? Non, bien sûr que non !

     

    Médecins Généralistes de France, saisissons-nous de tout cet arsenal réglementaire sans craindre sa complexité.
    C’est notre crédibilité, plus que nos recettes, qui est en jeu !

     

    Jean-Christophe Nogrette

     

    Visite longue

    Sandrine Delamare

     

    Le 1er novembre, les visites que nous effectuons chez nos patients porteurs de maladie neuro-dégénérative passeront à 70€ (VL à 60€ au lieu de 46€ + MD 10 €) et nous pourrons la coter 3 fois par an (au lieu d’une seule fois par an à l’heure actuelle) *.
     
    C’est une juste reconnaissance de notre investissement auprès de ces patients qui nécessitent beaucoup d’attention et de temps à domicile.
     
    En effet, ces patients présentant une maladie d’Alzheimer, une maladie de Parkinson ou une sclérose en plaque ne peuvent être soignés sans la prise en compte de leur environnement soignant et familial. 
     
    Il s’agit bien d’une visite « longue » où nous prenons le temps d’entendre les patients mais aussi les soignants et les aidants sociaux et familiaux. Chacun apporte son regard mais aussi ses questions, ses inquiétudes, ses doutes …
    Le suivi de ces patients ne peut s’isoler de cette écoute plurielle et de cette nécessaire coordination des différents intervenants autour des sujets malades. Nous portons la pérennité de leur maintien à domicile qui ne pourrait se faire en l’absence d’un médecin se déplaçant chez eux.
    MG France se félicite de cette augmentation pour laquelle il a oeuvré et qui valorise enfin la place centrale des médecins généralistes dans le suivi des patients à leur domicile. Sans médecin généraliste, il est illusoire de prôner le maintien à domicile. 
     
    * Cette VL peut également être appliquée en EHPAD.

     

    Consultations complexes

    Gilles Perrin

     

    Le 1er novembre prochain, les médecins généralistes auront accès à 2 nouvelles cotations MIS et PIV, valorisées à 55€.

    Pour le MIS, cette consultation, qualifiée de « très complexe » par la CNAM, sera réservée à la consultation initiale d'annonce et d'organisation de la prise en charge de certaines maladies graves : cancers, pathologies neurologiques avec potentiel évolutif et/ou à caractère chronique, pathologies neuro-dégénératives.
     

    Cette mesure est bienvenue car chacun sait que ces consultations sont très longues et que l'implication affective et psychique est importante dans ce genre d’annonce, surtout pour les vieux patients fidèles.

    Là où ça se complique, c’est qu’il faudra marquer MIS dans le dossier… Mais MTX en télétransmission (on vous l’avait dit c’est un acte « complexe »... Mais aussi lors de la facturation !)
     

    En miroir, il y a le code PIV, pour l’annonce initiale et l’organisation de la prise en charge d’une infection par VIH. Idem on inscrit PIV dans le dossier et on envoie à la caisse le code MTX.
     

    Même si les codes MIS et PIV  ne peuvent être utilisés qu’une seule fois pour une maladie donnée cela rémunère enfin ces consultations longues et complexes qui font toute la grandeur de notre métier… Ce qui jusqu’ici cela n’était pas pris en compte par la convention médicale.

    Merci MG France !

     

     

    Avis ponctuel de consultant

    Sandrine Delamare

     
    Depuis le 1er octobre, le C2 est remplacé par l’Avis Ponctuel de Consultant dont la valeur est 48€.
    Pour pouvoir le coter, il faut être spécialiste en médecine générale (et donc en avoir fait la demande auprès de l'Ordre)
     
    Chaque fois que vous donnerez un avis d’expert pour un patient adressé par un confrère, parce  que vous avez une compétence particulière en gynécologie, gestes techniques, infiltrations, dermatologie ou autres, vous pourrez coter l’APC. 
    Pour cela, le patient devra se présenter avec un courrier de son médecin traitant et vous lui ferez un retour d’information.  
    Cet avis ponctuel implique de ne pas revoir le patient dans les 4 mois suivant l'acte.
    Toutefois, si en tant qu’expert vous prescrivez  un examen complémentaire pour etayer votre  avis, vous pourrez coter APC la 1ere fois puis ensuite GS  en revoyant le patient pour finaliser votre avis.
     
    L’APC est cumulable avec l'ECG, le frottis et la biopsie.
    Encore une cotation à ne pas oublier !

     

     


    Consultations obligatoires enfant
    Jean-Christophe Nogrette
     
    COE à 8 jours, 9 mois et 24 mois.
    Ce sont des consultations plus longues et plus techniques que les autres.
    Comme les médecins généralistes suivent seuls plus de 80 % des nourrissons, MG France a exigé que nous ayons accès à cette cotation.
    On cote juste COE, lors des consultations avec certificat CERFA, le tarif est 46€ à partir du 1er novembre.


    Servons-nous de cette cotation valorisant notre travail !

     

     

     


    Consultations Santé publique

    Florence Lapica

     

    La consultation CCP, Consultation de Contraception et Prévention
    Lorsqu’un médecin généraliste reçoit une jeune fille âgée de 15 à 18 ans  pour une première consultation portant sur la contraception et la prévention des infections sexuellement transmissibles, il peut désormais coter un acte spécifique à 46€, la CCP.
    Il est pris  en charge à 100 % par l’assurance maladie, donc avec la possibilité d’un tiers payant intégral. De plus, il est anonymisable en cas de demande en utilisant un NIR anonyme pour établir la feuille de soins (qui sera en papier dans ce cas-là ou en dégradée)
     
    Cet acte n’est cotable qu’une seule fois par patiente et n'est pas cumulable avec la MCG ou la MPC.
    Il est évident que ces consultations sont fréquentes, pensez y !
     
    La consultation CSO, Consultation de Suivi de l'Obésité
    La  consultation de suivi de l'obésité cotée CSO, d’une valeur de 46€ peut être utilisée pour tout enfant à risque d’obésité âgé de 3 à 12  ans. Il n’y a pas de texte réglementaire définissant exactement les enfants entrant dans ce cadre. 
    Il faudra simplement continuer de faire ce que vous faites déjà, c'est à dire tenir les courbes d’IMC à jour et renseigner la prise en charge effectuée, l’entretien, avec l’enfant, les parents … les conseils.
     
    Pour coter cet acte, vous devrez être le médecin traitant.
    Pensez à vous déclarer médecin traitant des enfants !
    Cet acte n'est pas cumulable avec la MCG. Il n'est pas cumulable non plus avec d'autres actes ou majorations.
    Il est cotable 2 fois par an.
    Cet acte n’est pas pris en charge à 100 % par l’assurance maladie. Le tiers payant intégral n'est donc pas possible dans ce cas. 

    La cotation est CSO= 46€. Votre logiciel devra transformer ce code en CCX (anonymisation). Si vous utilisez une feuille de soins papier ce sera CCX.
     
    Les MG doivent s’emparer de ces nouvelles cotations  et ne plus se limiter aux actes standards Gs, ou Gs +MEG. Ces cotations permettent de mettre en valeur la diversité de notre activité quotidienne. Affichez la plaquette des actes à coté de votre lecteur de carte vitale !

     

     

    Majoration de coordination généraliste

    Sandrine Delamare

     

    Depuis le 1er juillet 2017, la MCG (Majoration de Coordination Généraliste) est passée de 3€ à 5€.
     
    Nous cotons donc G (S) + MCG = 30€
     
    Cette majoration concerne des situations particulières où nous ne sommes pas le médecin traitant et où le patient nous est adressé par celui-ci pour avis ou parce que le patient est en dehors de son lieu de résidence habituelle.
     
    Cette majoration implique un retour d’information au médecin traitant du patient. Elle nécessite donc la rédaction d'un mail ou d'un courrier que le patient remettra à son médecin, ou un appel téléphonique. La trace de cette information devra être dans votre dossier. 
     
    Dans notre exercice habituel de médecin généraliste, nous sommes le plus souvent confrontés à cette situation lorsque nous voyons un patient en vacances ou en déplacement. 
     
    Cette majoration est la bienvenue pour ces consultations parfois difficiles et longues où nous condensons une prise de contact, une écoute du motif de la consultation s’intégrant dans une histoire médicale antérieure que nous découvrons (antécédents, traitements, allergies, etc.). La rédaction du courrier au médecin traitant ajoute un temps à cette consultation mais favorise la coordination entre nous et une amélioration des soins pour les patients.
     
    Cette majoration peut être utilisée lors de consultations pour les enfants mais elle ne peut l’être lorsque nous voyons les patients d’un confrère absent (sauf dans la situation hors résidence) ou si les patients n’ont pas de médecin traitant (sauf pour les enfants).

     

     


    Majoration enfant généraliste

    Sandrine Delamare

     

    Depuis le 1er mai 2017, la MEG (Majoration Enfant Généraliste) remplace le MNO et le MGE pour les enfants de 0 à 6 ans.
     
    Nous cotons donc G(S) + MEG = 30€ ou VG(S) + MEG + MD = 40€
     
    Cette majoration concerne les consultations des enfants jusqu’à 6 ans révolus sauf pour les examens obligatoires du 8ème jour, du 9ème mois et du 24ème mois (nous utilisons maintenant pour ces consultations la COE ou Consultation Obligatoire Enfant) 
     
    Cette majoration est la bienvenue pour ces consultations concernant les enfants et leur suivi. Notre activité de médecin généraliste nous place au plus près des familles. Nous sommes souvent un interlocuteur important pour l’accompagnement des petits dans leur développement mais aussi pour toutes les pathologies infectieuses intercurrentes.
     
    Pour 20 consultations de suivi (8ème jour, 1er, 2ème, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème, 9ème, 12ème, 16ème, 20ème, 24ème mois puis 2 fois par an jusque l’âge de 6 ans), il est possible d’effectuer le tiers payant maternité en entrant la date de naissance de l’enfant. Dans ces situations, l’assurance maladie prend en charge la totalité de la consultation.

     

     

     

     

  • LEVOTHYROX VS LEVOTHYROX

    Vous êtes très nombreux à recevoir des patients qui vont mal depuis le nouveau levothyrox, qui ont des symptômes multiples entraînant, dans certainscas, l’arrêt de leur traitement
    Qu’en est-il vraiment ?

  • Vaccination antigrippale : les plus efficaces, c'est vous !

    Vous ne croyez pas en l'intérêt de la vaccination antigrippale... ne lisez pas la suite...

  • Bouleversé

    Bouleversé, c’est le mot. Je viens de lire l’ébauche de la version 2017 de la stratégie nationale de santé (SNS) et j’en ressors tout ébaubi. Que de nouveautés, quelle vision quasi révolutionnaire ! Enfin presque, restons raisonnables.
     

  • N° 85 - 12 octobre 2017

     
    N° 85 - 12 octobre 2017
     

    Crise sanitaire

     

    Deux mots qui jettent le trouble dans la sphère politico-médiatique, l’espace de quelques semaines.
    Le Médiator®, la grippe H1N1, l’aluminium des vaccins, le Lévothyrox®…
     
    Avez-vous remarqué comment ça marche, une crise sanitaire ou “trouble médical
    de la sphère politico-médiatique” ?
    Au début, les agences gouvernementales ne communiquent pas ou mal sur un problème de santé publique.
    Des gens concernés -ou qui pensent l’être- généralement très fâchés,
    “sortent” alors l’affaire dans la presse.
    Les journalistes se jettent dessus, pleins de bonne volonté, mais ils ne comprennent pas grand-chose à ces sujets très techniques, comment les en blâmer ?
    Plusieurs jours de balivernes et approximations diverses, puis la bulle médiatique explose, des vedettes proclament leurs points de vue (et leurs images du monde…) et les politiciens se divisent entre ceux qui défendent l’État et ceux qui l’accusent.
     
    Et les citoyens, les malades, dans tout ça ?
    Les mamans qui ont un bébé et qui ont peur de le faire vacciner, les gens qui sont traités par du Lévothyrox® depuis 20 années et qui soudain sont terrorisés, les patients âgés fragiles qui regardent le vaccin anti-grippal avec défiance, ceux qui se croient victimes de Servier alors qu’ils n’ont jamais pris de Médiator®…

    Qui mesure le trouble que ces polémiques publiques sèment dans la population ?
    Qui mesure la charge de travail qu’implique pour les MG la réponse à ces angoisses ?
    Car qui explique et re-explique, avec des mots simples et en prenant du temps ?
    Qui répond jour après jour aux mêmes questions, aux mêmes angoisses ?
    Qui vaccine et soigne au delà des rumeurs ?
    Toujours les mêmes, les MG.
     
    Les “vaccinodrômes” de l’épidémie grippale H1N1 de l’hiver 2009-2010 n’ont pas servi de leçon. Ce contournement des MG a pourtant provoqué la défiance et la baisse dramatique du taux de vaccination dans les populations cibles, mais comme si de rien n’était, on continue de tenir les MG à l’écart de l’information et des décisions concernant la santé publique.
    Et chaque “crise sanitaire” le montre bien, c’est une lourde erreur.
     
    Certes on connait le célèbre aphorisme de Clémenceau,
    “la guerre est une affaire trop grave pour la confier à des militaires”.
    Précisons toutefois qu’il a déclaré cela trente ans avant la “grande guerre”, à seule fin de démolir la réputation de Boulanger …
     
    Alors affirmons-le sans trembler,
    il n’y a pas, il n’y aura pas de santé publique sans les MG !

     

    Jean-Christophe Nogrette

    Bouleversé !

    Bernard Plédran

    Bouleversé, c’est le mot. Je viens de lire l’ébauche de la version 2017 de la stratégie nationale de santé (SNS) et j’en ressors tout ébaubi. Que de nouveautés, quelle vision quasi révolutionnaire ! Enfin presque, restons raisonnables.
     
    Comme dans la SNS de 2012, la prévention et la promotion de la santé tout au long de la vie et dans tous les milieux, constitue le premier axe fort de cette stratégie.
    Je vous dis ça parce que j’ai mauvais esprit et que je suis allé chercher dans le plan de 2012 ce qui avait été écrit.
     
    Comme dans la SNS 2012 donc, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé constitue le second axe fort. Et là le problème va être rapidement réglé, car la ministre nous l’a dit, il faut passer d’une approche en silo vers une approche centrée sur les besoins. Oui, parce qu’il y a les mots qui tuent et les mots magiques. Les mots magiques du moment c’est l’approche en silo, autrement dit, le mal absolu. Mais cette approche, vous l’avez bien compris, c’est fini.
     
    Ce n’est pas écrit pareil, mais ça y est quand même, la nécessité d’accroître la pertinence et la qualité des soins figure comme le troisième axe de cette stratégie. Comme dans les précédentes stratégies la ministre souhaite engager une réflexion sur l’évolution des tarifs à l’activité, système pervers s’il en est, et dont on ne peut que se réjouir. Là où je suis un peu perplexe c’est que la formation des professionnels est le second levier sur lequel elle compte s’appuyer pour atteindre cet objectif. Quand on voit dans quel état les équipes précédentes ont mis la formation professionnelle, on ne peut rester que dubitatif. Parce que depuis 5 mois qu’elle est aux affaires, on ne peut pas dire qu’elle ne soit pas au courant, ni qu’elle ait commencé à faire évoluer quoi que ce soit.
     
    Enfin, comme la dernière fois, l’innovation doit être mise au service de tous pour répondre aux besoins. Je sens poindre le retour des hélicoptères et des cabines high tech pour soigner les populations démunies ! Je n’ai peut-être pas fini de rigoler. Jaune.
     
    Donc, vous le voyez, inutile de faire vos valises et de préparer votre installation en Ukraine, au Venezuela, ou dans aucun de ces pays qui auraient besoin de nos services. Si la révolution est en marche, elle avance à pas comptés.
     
    Ah, j’oubliais. Pas un mot dans ce document sur l’organisation des soins à travers le premier recours. A partir des médecins généralistes, quoi ! Ne préjugeons pas de l’avenir, cette stratégie est en train de s’écrire et rien n’est définitif. Mais n’attendons pas que tout soit prêt pour rappeler notre rôle essentiel, indispensable, pour le bon fonctionnement de notre système de santé.

    Vaccination antigrippale : les plus efficaces, c'est vous !

    Roger Bolliet


    Vous ne croyez pas en l'intérêt de la vaccination antigrippale... ne lisez pas la suite...

    Sinon, vous vous dites que trop nombreux sont les patients à risque décédés l'hiver dernier.
    En partie faute d'une couverture vaccinale suffisante...
    Car, dans ce pays chaque fois que l'on a voulu contourner les médecins-traitants, l'adhésion à la vaccination a baissé.  
    La couverture vaccinale est passée de 60% ante-Bachelot -grand spectacle H1N1
    à 47% post-Bachelot l’an dernier !

    Pourquoi?
    Parce que, vous, médecins traitants, vous êtes les professionnels de santé en qui vos patients ont le plus confiance, parce que vous avez si besoin quelques chiffres simples, quelques données scientifiques rassurantes sur les effets secondaires ("ça donne la grippe, votre vaccin,  docteur") pour convaincre.  
    Et parce que vous savez parler de votre attitude personnelle par rapport au vaccin : "je me vaccine tous les ans, pour moi mais aussi  pour vous protéger " .

    On vient de donner la possibilité aux pharmaciens de vacciner.  Pourquoi pas, on verra bien ce que cela donne.
    Mais le chainon manquant essentiel à ce jour, le plus simple et le plus efficace serait de mettre à disposition de chaque MG volontaire et muni d’un réfrigérateur, un stock de vaccins pour couvrir  tous les patients qui en ont besoin, dans la file active de leur patientèle.
    notamment lors des consultations de suivi des pathologies chroniques.
    "Alors ce vaccin, je vous le fais de suite ? "


    Madame la Ministre, chiche pour ce petit effort conceptuel ?

     

    LEVOTHYROX VS LEVOTHYROX

    Isabelle Leclair

     

    Vous êtes très nombreux à recevoir des patients qui vont mal depuis le nouveau levothyrox, qui ont des symptômes multiples entraînant, dans certainscas, l’arrêt de leur traitement
    Qu’en est-il vraiment?
    L’ANSM a demandé au laboratoire Merck de modifier la formule de ce fameux levothyrox pour 2 raisons :
    1. Disposer d’un comprime plus stable
    2. Ôter le lactose qui pouvait être source de troubles digestifs. Il a été remplacé par du mannitol ou E421. Au quotidien il peut nous arriver de consommer du mannitol en mâchant des chewing-gums par exemple.
    Ainsi, le principe actif est resté le même, ce sont les excipients qui ont été modifiés. Le nouveau levothyrox se retrouve finalement comme un générique de l’ancien.
     
    Mais que s’est-t- il donc passé pour que d’une situation apparemment simple on en arrive à une crise sanitaire ?
    Ce n’est pas moi qui vais vous apprendre que l’équilibre thyroïdien n’est pas toujours facile à obtenir en « temps normal » et que lorsque l’on modifie la posologie on ne contrôle pas au bout de 48h mais au bout de plusieurs semaines.
    Avec une substitution ON/OFF de tous les patients prenant cette molécule tous les jours depuis de nombreuses années, plusieurs sortes de situations sont inévitablement survenues.
    1. Plus de 20% de différences d’absorption en ce qui concerne la bioéquivalence de ce nouveau comprimé pour 1/3 des patients
    2. Des effets indésirables connus (comme pour tout placebo) ont été ressentis de bonne foi
    3. La méfiance du monde médical et l’arrêt du traitement
    4. L’amplification du phénomène
    5. La colère des usagers
     
    Il n’y a rien de délétère ni de dangereux dans ce comprimé mais trouver un nouvel équilibre va prendre au patient et son médecin plusieurs semaines.
    Nous pouvons tous regretter la transition qui n’a pas eu lieu et qui aurait permis une adaptation en douceur à cette nouvelle formule ainsi qu’une très mauvaise communication montée en boucle négative complètement disproportionnée.
    Rappelons enfin que l’objectif de cette modification à la demande de l’ANSM était pour le bien du patient : une meilleure stabilité et une meilleure tolérance.

     

  • N° 84 - 21 septembre 2017

     
    N° 84 - 22 septembre 2017
     

    Lévothyrox : écouter les patients et rester rationnel !

     

    La polémique autour du Lévothyrox concerne un médicament qui est très investi par les patients puisqu'un grand nombre d'entre eux doivent le prendre à vie. Les inquiétudes survenues à la suite d'un changement,  même s'il porte seulement sur l'excipient, sont donc naturelles et doivent être entendues.

    Peut-être avons-nous nous aussi notre responsabilité dans la mythification du médicament : refus par certains médecins ou pharmaciens de la prescription en DCI, conseils stricts de prise... L'idole change de coiffure et tout s'écroule.  


    Les symptômes rapportés  par des associations ou forums sont trop divers : ils ne peuvent être raisonnablement attribués à la modification médicamenteuse. Et un certain nombre des symptômes décrits ne correspondent nullement aux signes d'un sous ou sur-dosage de l'hormone thyroïdienne. Enfin, les excipients choisis sont habituels et semblent bien neutres. 
    Quelques-uns des symptômes (par exemple les sensations vertigineuses) sont des plaintes que nous rencontrons très souvent dans nos consultations, sans grande spécificité la plupart du temps.

     

    Médecins généralistes, nous sommes des professionnels du soin, de l'écoute, mais nous avons aussi de solides bases scientifiques.

    Alors devant un patient inquiet des modifications, continuons à faire ce que nous savons faire :  écoutons, classons les symptômes éventuels, vérifions tout de même qu'ils ne correspondent pas à un problème tout autre que le changement de médicament, et puis expliquons, réexpliquons que nous avons un indicateur d'efficacité simple et fiable, la TSH, pour peu que l'on sache attendre, expliquons la demie-vie très longue et que seule compte donc la dose hebdomadaire totale, que s'il y a besoin d'un ajustement nous saurons le faire avec eux, et que, en attendant le contrôle, la vie n'est pas menacée. 

    Ne nous embarquons pas dans des changements de molécule encore plus difficiles à équilibrer

    Ne privons pas des enfants des formes gouttes qui leur sont indispensables, au profit de quelques adultes inquiets. 

    Donc  remettons du rationnel dans un domaine où il a un peu disparu, allions écoute et rationalité. 

    Bref ! Continuons à faire de la médecine générale !

     

    Roger Bolliet

    Le tiers payant, si on en parlait autrement ?

    Jean-Christophe Nogrette

    La ministre Agnès Buzyn a remis le feu aux poudres au début de l’été en parlant du tiers payant de façon un peu confuse, “généralisé ou pas”, “obligatoire ou pas”, “social par nature” et donc souhaitable …

    Elle a demandé une nouvelle étude à ses services.

    Le gouvernement semble garder la date du 1er décembre pour sa mise en place.

    Pour nous, le diagnostic est déjà bien établi et ne changera pas au gré d’un “ènième” rapport officiel.

     

    Nous ne voulons ni de généralisation inutile ni d’obligation contraignante. Les médecins généralistes ont assez de difficultés comme cela.


    Le tiers payant à 100% avec les régimes obligatoires, pour les accidents de travail, la CMU, la maternité et les ALD, la part régime obligatoire de certains actes, nous avons toutes et tous essayé.

    Et … Ca marche le plus souvent très bien !

     

    Le tiers payant avec les régimes complémentaires, nous avons “déjà donné” avec l’option médecin référent, ça n’a jamais marché correctement et les complémentaires ne font aucun effort sérieux pour que ça marche mieux, occupées qu’elles sont à se faire concurrence …

     

    Le seul moyen acceptable pour que cela fonctionne est d’ailleurs connu : il nous faudrait un seul flux de remboursement par le régime obligatoire, qui se débrouillerait ensuite avec la complémentaire pour se faire rembourser la part correspondante.

     

    Mieux encore, vu notre rôle de premier recours, nos actes devraient tous être pris en charge à 100%, sans ticket modérateur, ni franchise.

    Ce serait LA vraie mesure pour l’accès aux soins et l’égalité en santé pour toute la population.


    Qu’on ne nous dise pas que ce n’est pas “finançable”. Le transfert financier des complémentaires aux régimes obligatoires est simple à calculer, à coût constant. 

     

    Après, on peut entrer dans des considérations “idéologiques”.

    Certains disent que le tiers payant, c’est la sujétion des médecins à l’Assurance Maladie …

    Qu’ils aillent dire ça à nos collègues de 24 pays sur 28 en Europe qui pratiquent déjà le tiers payant !
    Qu'ils aillent dire ça aux autres spécialités en France qui le pratiquent deux fois plus souvent que nous !

    Ceux qui gagnent le plus ne sont pas ceux qui le pratiquent le moins !

     

    Au total, en attendant mieux, le tiers payant :

    Il y a des cas où il est inutile : pas de généralisation !

    Il y a des cas où il est impossible : pas d’obligation !

    Billet d'humeur
    Soins non programmés : un défi pour la médecine générale ?

    Roger Bolliet


    Les médecins généralistes ont de plus en plus de mal à répondre aux demandes de soins non programmés (DSNP).
    C'est un constat bien établi.
    Et ce pour des raisons multiples, notamment la crise démographique que traverse la profession, mais parfois aussi le manque de souplesse de certains secrétariats, de plus en plus délocalisés.
    Certains se disent : "de toutes façons, on a assez de travail comme cela".
    Mais les médecins généralistes libéraux peuvent-ils se permettre de perdre maintenant une part importante de leur activité traditionnelle ?
    Nous aurons probablement, dans quelques années, un fort rebond démographique (hausse du numérus clausus ainsi qu’un retour en France de milliers d'étudiants français formés ailleurs en Europe.
    Les retours en arrière seront impossibles …
    Quand vous ne proposez qu’une fois sur deux une solution satisfaisante à une DSNP, les patients généralisent vite …
    Perdre cette part serait dommage car c'est une part d’activité gratifiante : consultations plus rapides et plus simples que les rendez-vous pris longtemps à l'avance, un seul motif à gérer.
    D'ailleurs, certains l'ont bien compris et l’on voit se développer dans certaines villes des officines libérales type "24/24 sans rdv". Même l'hôpital commence à proposer des consultations de médecine générale sans rendez-vous.
    Notre profession a su proposer ces dernières décennies des innovations pour favoriser les mutations : informatisation, exercice en groupe et Maisons de santé, MMG, régulations libérales dans les Centres 15.
    Nous ne pouvons laisser les confrères seuls face à leur impossibilité de recevoir certaines DSNP.
    Les patients sont en attente de solutions autres que les urgences hospitalières. Les pouvoirs publics sont demandeurs.
    Nous y avons intérêt. A titre individuel et à titre collectif.
    Dégager du temps médical est une première piste, grâce aux assistants médicaux. S'organiser entre généralistes par petits territoires comme le prévoit la loi de Santé, avec des actes régulés et alors mieux rémunérés est une autre piste.
    C'est le grand défi des 10 ans à venir pour la Médecine Générale.

    Spécialiste en médecine générale : des compétences spécifiques

    Florence Lapica
     

    Le temps est loin où la médecine générale était choisie par défaut.

    Soyons fiers de notre spécialité. Elle s’obtient après une formation à haut niveau d’exigences.

    Osons dire et redire l’ensemble de ce que nous faisons : c’est bien nous, médecins généralistes, qui suivons la majorité des diabétiques, des hypertendus, des malades cardiaques … C’est bien nous, médecins généralistes qui prenons en charge les nouveau-nés, les personnes âgées.
    C’est bien de notre compétence de traiter des situations d’urgence, des situations complexes à domicile.
    Notre spécialité reste en attente d’une reconnaissance à la mesure de nos responsabilités et de nos compétences.

    Cette reconnaissance passe par la juste rémunération de nos actes.

    Utilisons la totalité de la nomenclature,  témoin de la diversité de nos actes. La consultation à 25€ ne donne qu’une image incomplète de notre activité.

    La rémunération sur objectif (ROSP) et le forfait structure commencent à prendre en compte tout ce que nous faisons et offrons comme services. La cotation des actes techniques est un autre moyen de rendre visible nos compétences.
     

    Transmettons cette fierté aux jeunes, en leur faisant partager la diversité de notre quotidien sans leur cacher les difficultés et les combats politiques à mener. Pour se lancer les jeunes ont besoin d’une vision claire sur l’avenir, de savoir où ils vont, et c’est bien normal !

    Certificat d'absence scolaire

    Isabelle Leclair

     

    Ce n’est pas compliqué, il n’y  en a pas besoin, ce sont les textes officiels qui le disent.

    Le seul cas où le certificat médical d'absence scolaire est obligatoire est la pathologie contagieuse qui nécessite une éviction scolaire.

     

    En effet, l’exigence du certificat médical a été supprimée par l’éducation nationale depuis 2009 sauf en cas de maladie contagieuse.

     

    D’un point de vue pratique, lors d’une consultation où la famille serait venue exprès pour cela, il est difficile de refuser. A visée pédagogique, vous pouvez toutefois délivrer le document ci-dessous et anticiper les prochaines fois. Petit à petit, votre patientèle sera une patientèle avertie.

     

    Qu’en pensez-vous ?

    Modèle de lettre
    Chers patients parents,

    En cas d’absence scolaire de votre enfant, un certificat médical n’est exigible par l’établissement scolaire qu’en cas de maladies contagieuses comme la coqueluche, les oreillons, la rougeole, la gale, la diphtérie, les infections à streptocoques, la méningite, la tuberculose …

    Dans tous les autres cas de figure, il n’y a pas nécessité de fournir ce document, même si le règlement de l'établissement scolaire le demande. Ceci est rappelé par la circulaire officielle de l'Education Nationale,n°2004-054 du 23 mars 2004 relative au contrôle des élèves soumis à l’obligation scolaire.
    Par contre, c’est votre rôle de parent d'expliquer l'absence, par téléphone ou sur le carnet de correspondance de votre enfant.

    Mon rôle de médecin est de vous soigner et non d’être un régulateur de l’absentéisme scolaire.

    Votre médecin vous conseille de communiquer le présent message à l’établissement scolaire demandeur.


    Les textes :
    - Circulaire officielle de l'Education Nationale,n°2004-054 du 23 mars 2004
    - Décret n°2009-553 du 15 mai 2009 : rappel des règles dans la note de service EN n° 2009-160 du 30 octobre 2009. Cas des maladies contagieuses : arrêté ministériel du 3 mai 1989


     

     

     

     

  • N° 83 - 13 juillet 2017

     
    N° 83 - 13 juillet 2017
     

    Edito à la Ministre

    Je n’aime pas les procès d’intention et je me souviens des positions du Docteur Agnès Buzyn lorsqu’elle était à la tête de la HAS, avec un réel discours en faveur des soins primaires. J’ai donc peut-être un a priori favorable.

    Je l’ai entendue en interview. Elle ne présentait pas la feuille de route de son ministère, mais déroulait quelques sujets portés par l’actualité. Et, c’est à peine croyable, au sujet des vaccins qui vont devenir obligatoires, elle a affirmé que pour faire l’indispensable travail de pédagogie, seul à même d’assurer la réussite de ce plan, elle aurait besoin des médecins. J’imagine qu’elle a compris que pour redonner confiance aux familles, de plus en plus nombreuses à être dans le doute, le rôle des acteurs du premier recours que sont les médecins, tant généralistes que pédiatres, était essentiel pour rassurer et convaincre. C’est bien, et c’est nouveau. Combien de ministres de la santé ont été capables de dérouler des plans pour la santé sans jamais citer le mot « médecin » !

    Et ce n’est pas tout. Quant a été abordée l’évolution du prix du tabac, la ministre ne s’est pas attardée sur ce seul aspect, mais a voulu recentrer les choses sur le plan de la santé publique. Et du véritable objectif de cette mesure pour améliorer la santé de la population. Et elle a dit, clairement, que le rôle des médecins généralistes, vous avez bien lu, des médecins généralistes, était essentiel. Pour accompagner les fumeurs qui souhaitent arrêter. Pour informer et éduquer les plus jeunes en particulier, afin qu’ils ne se lancent pas dans cette toxicomanie !
    Bon, deux annonces, ça ne fait pas une politique de santé. Mais c’est déjà un frémissement. Nouveau sinon inattendu !

    Alors à la ministre j’ai envie de dire chiche ! Profitez d’un été qui s’annonce studieux pour écrire une politique de santé moderne qui devra s’articuler autour des soins primaires. Et à nous tous, médecins généralistes de ce pays, montrons-lui qu’elle n’a aucune raison de se montrer dubitative, que les médecins généralistes, si on reconnaît leur rôle et si on leur en donne les moyens, sont prêts à accompagner les mesures intelligentes qui leurs seront proposées.

    Bernard Pledran

    Que les anti-vaccins y pensent quelques secondes

    Jean-Christophe Nogrette

    Imaginons un instant que l’institut Pasteur mette au point le vaccin anti-SIDA efficace :
    Quelques heures après sa mise sur le marché en officine, rupture de stock assurée, on peut parier !
    Qui se priverait de pouvoir faire l’amour sans grand risque comme au bon vieux temps ?
    Qui irait regarder s’il contient quelques microgrammes d’aluminium ?
    Que les anti-vaccins y pensent quelques secondes …
    Puis qu’ils regardent un enfant mourir d’une hépatite B fulminante. Jaune. Hagard.
    Les vaccins sauvent des vies plus qu’ils n’en gâchent.
    Comme la ceinture de sécurité.
    La ceinture de sécurité est obligatoire depuis 1971 en France.
    L’État intervient déjà dans la protection individuelle …

    Mais ce n’est pas tout.
    Outre cette dimension de protection individuelle, la vaccination de masse permet d’éradiquer des maladies.
    Variole, Polio en sont les plus beaux exemples.
    Ce but est atteint quand la couverture vaccinale de la population est très large.
    La circulation “naturelle” de l’agent infectieux est interrompue, et son cycle reproductif aussi.
    Cette notion nous ouvre à la dimension altruiste de la vaccination.
    De nombreuses personnes, pour de vraies raisons pathologiques, ne peuvent pas être vaccinées.
    Elles ne sont protégées que par la vaccination des autres !
    Et dans ce cas, l’État est parfaitement fondé, au nom de la défense des plus faibles, à rendre des vaccins obligatoires.
    C’est déjà le cas des personnels soignants, obligés de se faire vacciner contre la Tuberculose et contre l’Hépatite B, pour éviter qu’ils contaminent leurs patients.

    Alors, même si la contrainte est toujours désagréable,
    Comment contester à la ministre de la santé le droit de réfléchir à une obligation vaccinale plus étendue ?

     

    Il est temps d'investir !

    Jean-Christophe Calmes

    Désert médical, accès aux soins, démographie médicale …

    Des mots qu'on lit partout, des mots qui font peur, des mots qui font fuir nos jeunes confrères. 

    Et pourtant… Avec 3,4 médecins /1000 habitants, la France n’est pas exactement un désert médical. Malgré une stagnation globale de ses effectifs, elle reste quand même dans la moyenne des pays de l’OCDE en termes de densité médicale. 

    Mais si  le nombre total  de médecins en France apparaît assez stable, c'est particulièrement la spécialité Médecine Générale qui est en crise démographique, parce que moins choisie et moins exercée (-6 % de généralistes depuis 2007). Il faut donc se poser la question des conditions d’exercice de cette spécialité consacrée aux "soins primaires" (le "primary care" anglo-saxon).

    Les Anglais, les Canadiens, les Belges sont moins bien lotis en termes démographiques que nous, et pourtant l’accès aux soins et les performances sont équivalents ou meilleurs !

    La raison ? Les moyens.

    L’investissement qui a été consenti dans ces pays sur les soins primaires a permis de rendre l'environnement du médecin beaucoup plus attractif et efficient.

    Du coup, l'expertise du médecin généraliste apporte la vraie plus-value pour laquelle il est formé.   

    Mais pendant ce temps-là,  la France  continue à dépenser beaucoup plus que les autres pays sur l’hôpital et beaucoup moins sur les soins primaires. Cherchez l'erreur !

    Ce manque d’investissement sur les soins primaires se ressent dans l’efficience du système de soins français classé récemment à la quinzième place malgré  11 % de ses ressources consacrées aux soins. 

    Ainsi, malgré la multitude de rapports parus, et expliquant, chiffres à l’appui, la nécessité d’investir sur les soins primaires, la France reste à la traîne.

    Alors quelles solutions pour résoudre ces problèmes ?

    Investir ! Donner les moyens aux généralistes d’exercer leur métier, de prendre en charge leurs patients chroniques de façon coordonnée, de répondre aux demandes de soins non programmées en libérant du temps médical, ce qui libérera les urgences hospitalières de 87 % de leur activité – une activité plus coûteuse en hôpital qu’en cabinet de ville, pour une même pathologie.

    Nos voisins ont compris avant nous (ou peut-être après nous, mais leur temps de réaction est moins long) l’intérêt de dégager du temps médical. 

    En Allemagne, en Suisse ou au Pays-Bas, la profession d’assistant médical s’est développée. 

    En Angleterre et dans d’autres pays, ce sont les infirmières cliniciennes ou spécialisées en pratiques avancées qui renforcent l’accès aux soins en déchargeant le médecin généraliste d’une part de ses tâches, toujours en coordination avec lui. 

    Pourtant, en France même, 400 équipes ASALEE démontrent tous les jours l’efficacité et le gain en termes d’efficience qu’un système de soins coordonnés autour de la fonction du médecin traitant peut produire. 

    Mais développer ces modèles nécessite de l’argent. 

    Avec 25 € par acte et des revenus parmi les plus faibles des professions médicales, les généralistes ne peuvent pas créer ces postes. 

     Il est temps d’investir. Il est temps de changer de siècle pour notre système de soins. 

    Dégager du temps médical en déchargeant les médecins généralistes d’une grande partie de leur travail administratif, les aider dans l’accomplissement de leurs tâches médicales avec des personnels dédiés est une des solutions possibles, permettant rapidement de redonner à notre pays la sécurité sanitaire qu’il mérite.  MG France propose pour cela un forfait structure.

     

    ASALEE : la collaboration en soins primaires

    Sandrine Delamare

    Le traditionnel 1/4h de consultation par patient se révèle souvent insuffisant lorsque nous nous trouvons face à des personnes souffrant de maladies chroniques. Entre le temps d’écoute, le moment de l’examen, la résolution d’un ou de plusieurs soucis aigus, la rédaction de des ordonnances et des éventuels courriers … Il ne reste que peu de temps pour aborder la  prévention ou l’éducation thérapeutique.

    En France, 10 millions de personnes sont reconnues en ALD pour une ou plusieurs pathologies (un peu plus de 15 % de la population). Les rapports notamment de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) montrent le poids majeur des maladies chroniques en Europe, tant sur le plan sanitaire que financier (décès, soins, hospitalisations, retentissement sur l’emploi, pensions d’invalidité). En France, les soins relatifs aux patients en ALD représentent la moitié des dépenses totales de l’Assurance Maladie. 

    Si la nécessité d’investir dans la prévention n’est plus à prouver, il faut donner des moyens aux professionnels de soins primaires afin que la prévention et l’éducation à la santé puissent se faire.

    Le dispositif ASALEE est une réponse possible (Action de Santé Libérale en Équipe). Il s’agit d’un modèle d’organisation de soins primaires centré sur le binôme infirmier - médecin généraliste. L’infirmier est délégué à la santé publique et à l’éducation thérapeutique dans le cabinet du médecin généraliste. 

    Une coopération de proximité s’instaure entre ces deux professionnels de santé autour des patients pour lesquels une éducation thérapeutique et/ou la mise en place d’actions de santé publique seraient utiles. Ainsi, l’infirmier ASALEE reçoit pendant 45 minutes des patients orientés par le médecin généraliste. Il peut évoquer avec eux les dépistages nationaux du cancer et il peut colliger les éléments de suivi de leurs pathologies chroniques (diabète, pathologies cardio-vasculaires, BPCO, troubles cognitifs). Sur dérogation du médecin, l’infirmier réalise des examens que nous n’avons pas toujours le temps de faire en consultation : test au mono-filament, ECG, index de pression systolique, Mini Mental State, spirométrie, etc.

    Il s’agit d’une véritable collaboration où les échanges entre l’infirmier et le médecin permettent une amélioration des soins. Les dossiers des patients sont enrichis des éléments notés par l’infirmier et font l’objet de discussion avec le médecin dans des temps définis de coordination. 

    S’inscrire dans un dispositif ASALEE permet aux médecins généralistes de retrouver un temps de consultation plus serein face aux patients porteurs de pathologies chroniques et de renforcer l’accompagnement de ces patients dans leur maladie avec l’aide de l’infirmier.  

    MG France demande des moyens pour les professionnels de soins primaires car investir dans ces organisations de soins, c’est améliorer la santé de la population.

    Pour informations : www.asalee.fr ou contact@asalee.fr

     

    Le frottis à taux plein

    Florence Lapica

    Enfin une reconnaissance de notre spécificité. Le cumul des honoraires de l'acte de prélèvement cervico-vaginal (JKHD001) avec ceux de la consultation est autorisé. Comme souvent, nous répondons à plusieurs demandes dans la même consultation.

    Ce prélèvement est pris en charge une fois tous les trois ans, dans le cadre du dépistage du cancer du col utérin, après la réalisation de 2 frottis cervico-utérins annuels normaux chez les femmes de 25 à 65 ans, selon les recommandations de la HAS.

    Cumul frottis et APC ( avis ponctuel consultant) : comment ça marche ?
    L'avis ponctuel de consultant à 46€, (ancien C2) est un avis donné par un médecin correspondant à la demande explicite du médecin traitant. Le médecin correspondant, sollicité pour cet avis ponctuel de consultant, adresse au médecin traitant ses propositions thérapeutiques. Il s'engage à ne pas donner au patient de soins continus et à laisser au médecin traitant la charge de surveiller l'application de ses prescriptions.
    Attention,le médecin consultant ne doit pas avoir reçu le patient dans les quatre mois précédant l'avis ponctuel de consultant et ne doit pas le revoir dans les quatre mois suivants.
    Dans ce cas, l'acte technique est tarifé à 50 % de sa valeur.

    Cumul frottis et MCG  : comment ça marche ?
    Le médecin généraliste, secteur I, sollicité pour un avis ponctuel de consultant par le médecin traitant bénéficie d'une majoration de coordination de 5€ à partir du 1er juillet  applicable à la consultation. Il s'engage à adresser au médecin traitant ses conclusions et propositions thérapeutiques et de suivi.

    2e Assises européennes du sport santé

     

    Quelques mois après la mise en place de la prescription d'activité physique aux patients ALD, un point sur le dispositif, son organisation, son financement.

    Plus d'infos :assisesdusportsante@strasbourg.eu

     

     

     

    Osons la nomenclature !

    Roger Bolliet

    Kyste sébacé surinfecté.
    Vous avez fait le diagnostic, ce n’est pas rare et comme vous le savez !
    Le traitement initial est simple : on incise, on vide, on mèche.
    Ordonnances d’antibiotiques et de soins locaux par IDE...

    Vous savez faire. Oui, mais savez-vous coter ?

    Vous y avez passé du temps, vous avez utilisé du matériel à usage unique.
    Tout cela est coûteux.
    Ouvrez votre plaquette “cotations pour le MG” , MGF en fait une très bien.
    Rubrique CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux)
    QZJA009 si ce kyste est superficiel : 38,29€
    QZJA011 s’il est profond, comme parfois dans le dos par exemple : 61,95€
    Et en garde on n’oublie pas d’ajouter les modificateurs F(+ 19,06€),P(+ 35€) …

    Pour un geste simple et rapide, c’est plutôt bien payé. Trop : NON !
    Combien de fois avez-vous passé 3/4 d’heures à démêler les problèmes
    compliqués d’un patient poly-pathologique, pour 25€ ?

    Utiliser TOUTES les possibilités de cotations,
    c’est valoriser votre pratique et votre métier !

     

     

     

     

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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