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Nous sommes très nombreux à nous préoccuper de la PDSA, qui comme on le sait, est désormais pilotée par les ARS.
 Un rappel : même si nous appelons souvent ça "la garde", la PDSA, stricto sensu, c'est l'activité de médecine générale semi-urgente hors des heures normales d'ouverture des cabinets médicaux, ce n'est en aucun cas de l'urgence vitale immédiate qui relève des SAMU. 
 

Partout, sur nos territoires, nous voyons des confrères épuisés se désengager de l'activité de PDSA, mettre le répondeur de bonne heure ... Beaucoup se plaignent de ne rien faire quand ils sont d'astreinte les soirs de semaine de 20h à minuit. 
La démographie de la médecine générale apporte une difficulté supplémentaire car moins de médecins installés, c'est plus de gardes pour ceux qui restent, tant en effection qu'en régulation.
 
Les ARS ont un discours très clair : Il faut absolument une couverture PDSA les soirs de 20h à minuit, les weekends du samedi midi au dimanche minuit et en plus la nuit profonde si possible pour les visites incompressibles. Même si la loi a institué le volontariat, les ARS exigent, les Conseils Départementaux de  l'Ordre aussi d'ailleurs.
Attitude ambigüe des pouvoirs publics au sens large. Parfois, cela aboutit à des réquisitions systématiques assez intolérables. 
Quant à l'aspect financier, enveloppes fermées, bien entendu.
 
Tant pis si cette attitude ne tient aucun compte de la réalité. 
Partout la démographie de la médecine générale baisse. C'est un fait.
Nous sommes tous épuisés par des journées à rallonge et des consultations de plus en plus complexes. Les secteurs de garde grandissent et les distances s'allongent.
La contrainte de la garde devient partout plus lourde. 
Les gardes de soirée sont parfois sans activité, ça démotive. 
Les jeunes qui envisagent une installation, surtout à la campagne ou en périphérie des villes, habitent souvent loin de leur futur cabinet (travail du conjoint, scolarisation des enfants) et certains territoires ont fait la démonstration qu'en fermant la PDSA en soirée, des jeunes s'installent plus facilement  dans les territoires en sous-effectif (une expérience réussie en Charente).
On peut aussi souligner que pour un corps médical vieillissant, l'absence de repos compensateur organisé, après une garde, démotive tout le monde, il y a des limites physiologiques à ce que nous pouvons supporter.
D'ailleurs, de plus en plus souvent, le ras le bol des médecins généralistes se traduit par leur absence pure et simple en soirée et le samedi matin. 
Enfin, des rémunérations peu motivantes pour des "bacs+10" qui travaillent de nuit, ça n'arrange rien.
La voila, la réalité, que ça plaise ou non. Et dans les années à venir, tout cela risque de s'aggraver.
 
Si les pouvoirs publics campent sur une position "dure" d'obligation déguisée, sans renégocier avec la profession, sans tenir compte des réalités démographiques et professionnelles, sans permettre partout la régulation depuis le domicile du  médecin en connexion avec le C15 (la technologie est au point), sans envisager d'ouvrir un créneau de PDSA sur les samedis matins là où c'est pertinent... bientôt ils auront une nouvelle grève générale de la PDSA à gérer. 
 
CERTAINS TERRITOIRES INNOVENT avec des organisations nouvelles, des Maisons Médicales de Garde, des horaires différents de PDSA, des fermetures de PDSA là où il n'y a aucune activité, notamment avec une organisation de la prise en charge des soins non programmés en journée plus performante. 
LE TERRAIN A DES IDÉES. Il est faux de dire que les médecins généralistes ne s'en préoccupent pas. La solution ne peut pas être tout le temps verticale et descendante. 
 
Qu'on ne s'y trompe pas, la PDSA va poser des problèmes partout dans un avenir proche. Là encore, il faudrait anticiper, innover, assouplir. 
Les pouvoirs publics n'en prennent pas le chemin semble-t-il ... 
Nous aurons prévenu ! Doit-on rappeler que MG France avait annoncé la crise démographique il y a plus de dix ans ? 
 

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Premier syndicat de médecins généralistes, a été créé en 1986 par la fédération de syndicats départementaux avec pour objectifs : la revalorisation de la Médecine Générale, des soins de qualité accessibles à tous et faire de la médecine générale une spécialité reconnue

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