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3 questions au Dr Jean
Marty
sur les amendements à la loi HSPT
Propos recueillis par Brigitte Postel, journaliste
Pourquoi êtes vous opposés aux amendements PREEL et BUR ?
Quand on sait que
M. Jean-Luc Préel n’a pas voté la loi, il apparaît clair que ces amendement
n’ont pas vocation à être constructifs…
La loi HPST prévoit que les
Établissements libéraux pourront souscrire des conventions leur délégant des
« missions de service public » sans l’avis des médecins exerçant en leur
sein. C'est évidemment une bonne chose que chacun contribue ainsi au service
public. Mais l’amendement n°830, déposé par Mr Yves BUR et précisé par le
sous-amendement n°1560, déposé par le Gouvernement, permet à la direction
d’un établissement de rompre les contrats qui le lient aux médecins libéraux
exerçant en son sein, sans que cette rupture n’entraîne un dédommagement du
praticien ou une quelconque conséquence financière à la charge de
l’établissement, comme c’est le cas lors d’un licenciement d’un salarié du
privé.
S'il est normal que l'établissement ne
soit pas entravé par les médecins pour mettre en application telle ou telle
convention de service public, il est en revanche inacceptable qu’elle puisse
devenir un prétexte pour se débarrasser sans frais d'un praticien ou pour
faire accepter des clauses délicates. Le contrat doit rester la loi dans les
cliniques qui doivent respecter le droit du travail.
Quant à l'amendement n° 865 déposé par
Mr Jean Luc PREEL, il va permettre aux ARS d’assujettir un établissement de
santé privé, pour certaines disciplines ou spécialités, à réaliser une
« proportion minimale » d’actes facturés sans dépassement d’honoraires.
L’établissement de santé pourra, le cas
échéant, modifier les contrats conclus pour l’exercice d’une profession
médicale. C'est une façon d'entraver les dépassements sans pour autant
traiter la question des retards tarifaires.
Il faut se souvenir que les
dépassements ont été concédés aux praticiens par la convention de 1980 parce
que les tarifs opposables ne pouvaient pas être revalorisés. Au fur et à
mesure que le retard tarifaire s'est creusé, les dépassements ont
logiquement augmenté et rendent l'accès aux soins des patients sans caisses
complémentaires problématique.
Ces
amendements proviennent des députés et non de la ministre. Quelles réponses
apportez-vous aux députés et demain aux sénateurs pour garantir l'accès aux soins ?
Il s’agit de rattraper le retard des
tarifs des actes non répétitifs de chirurgie, d’obstétrique et d’anesthésie
dans un secteur conventionnel unique tout en garantissant l’accès aux soins
pour tous les patients. Promouvoir le contrat d'exercice chirurgical donne
un premier élément de réponse fondamental à cette équation particulièrement
complexe.
Les chirurgiens, obstétriciens et
anesthésistes sont prêts à s'engager au travers de ce contrat d'exercice
chirurgical à ce que les dépassements soient régulés au sein du parcours de
soins. La négociation doit permettre une prise en charge des frais
chirurgicaux pour tous les patients. Les mutuelles devront rentrer dans
cette dynamique, comme l'ont fait les caisses commerciales complémentaires.
Il est par ailleurs incompréhensible
que les caisses prennent en charge les suppléments de tarif pour
l'hébergement dans les cliniques et les hôpitaux sans pour autant se soucier
de la qualité des soins chirurgicaux, obstétriques et d’anesthésie.
Qui peut dire : « j'exige le confort
mais me désintéresse de la qualité de mon intervention» ?
On pourrait penser à une corrélation
entre suppléments d’honoraires et suppléments pour motifs de confort. Ainsi,
seuls ceux qui peuvent financer les chambres particulières contribueraient
au comblement du retard tarifaire. Puisque ce supplément serait plafonné,
les médecins limiteraient leurs compléments d'honoraires au plafond que
représentent ces compléments de frais d'hébergement.
La
représentativité du secteur chirurgical est elle une bonne chose et ouvre t elle
à une résolution ?
Cette distinction entre chirurgiens et
médecins est naturelle. Pour autant, beaucoup de choses restent à faire.
Les spécificités de pénibilité et de
responsabilité pour les spécialités chirurgicales sont régulièrement
rappelées par le Président de la république qui exprime une évidence. Mais
le paysage syndical actuel qui amalgame médecins et chirurgiens entraîne
l'absorption de toutes les marges de manœuvre financières par les
spécialités qui prospèrent de la multiplication des examens d'explorations.
Reconnaissons enfin cette évidence : la
gestion catastrophique des hôpitaux publics absorbe la plus grande part des
moyens supplémentaires votés chaque année. El ne reste rien pour rattraper
l'effritement inexorable des tarifs ni aucune énergie pour s'attaquer au
problème de responsabilité en dehors des grèves.
La représentativité du secteur
chirurgical permet de faire évoluer les choses. Les chirurgiens,
obstétriciens et anesthésistes pourront négocier les moyens à mettre en face
des exigences toutes particulières que les patients sont en droit d'attendre
pour leurs actes rares mais déterminants.
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