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CS : 3 questions à Nicole
Renaud-Cristofari,
Médecin généraliste à Saint Cyprien-sur-Dourdou
présidente du MAG, Mouvement d’Action
des Généralistes ( Précurseur de MG France )
Propos recueillis par Brigitte Postel, journaliste
Pouvez vous nous rappeler les conditions qui ont amené à la création de la
lettre clé ?
La création de la
lettre clé a été décidée par le syndicat CSMF. A cette époque, il existait
seulement un syndicat représentant les médecins généralistes : l’UNOF, qui
adhérait à la CSMF mais n’avait pas de représentativité en tant que telle.
Le conseil d’administration de la CSMF était composé à parité de médecins
généralistes et de spécialistes. Mais, tous les syndicats de spécialistes
adhéraient à la CSMF. Ces derniers étaient donc sur représentés par rapport
aux généralistes, ce qui était source de déséquilibre et faisait pencher la
balance dans le sens des spécialistes. En outre, la médecine générale
n’était alors inscrite dans aucun texte : ni dans la Convention médicale, ni
dans la formation médicale initiale et continue. Les médecins généralistes
étaient représentés nulle part et peu reconnus. On nous considérait comme
des « bobologues ».
Afin de marquer
la différence entre médecin généraliste et spécialistes, la CSMF a donc créé
le CS pour les spécialistes et gardé la lettre C pour les généralistes.
Voilà pour l’histoire.
Que
pensez vous des évolutions récentes concernant la médecine générale ?
Tout d’abord, il
faut rappeler que la reconnaissance de la médecine générale en tant que
spécialité à part entière s’est faite en premier au niveau de la Faculté.
Mais cette reconnaissance n’a pas été suivie d’effets dans la pratique. Et
malgré les textes de loi, les caisses d’assurance maladie ne reconnaissent
toujours pas la spécialité. Pire encore, certains syndicats comme la CSMF ne
nous ont pas soutenu et sont même allés à l’encontre de cette reconnaissance
tarifaire.
La récente
décision du tribunal de Grenoble est pour nous médecins, une victoire
importante car elle va permettre l’application de la loi. Nous regrettons
toutefois que l’assurance maladie persiste dans son déni de reconnaissance
des décisions de justice en formant un pourvoi en cassation, espérant ainsi
gagner du temps. Le discours de l’assurance maladie est en désaccord total
avec la réalité du terrain et ce qu’elle dit par ailleurs : on ne peut pas
déplorer la pénurie de médecins et l’existence de déserts médicaux et ne
rien faire pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans les
campagnes.
Les missions du
médecin généraliste sont inscrites dans la loi. Il faut donc se donner les
moyens de les appliquer. Il est de la responsabilité de l’Etat et des
Caisses de veiller à assurer la couverture de la population en matière de
santé.
Maintenant que la spécialité médecine générale est reconnue spécialité, que
pensez vous de l’application de la lettre clé CS par les médecins généralistes ?
L’équité
tarifaire est un droit réaffirmé par cette décision de justice et c’est un
juste retour des choses. La lettre-clé CS est de droit pour les titulaires
des DES de médecine générale qui s’installent aujourd’hui et pour les
médecins qualifiés spécialistes en médecine générale par l’Ordre des
médecins. Roselyne Bachelot, elle-même, ne ferme pas la porte « Cela n´est
pas le cadre actuel des négociations conventionnelles, répond-elle. Pour
autant, je ne suis pas hostile à cette alternative, qui aurait le mérite de
valoriser symboliquement la médecine générale ». Et de reconnaître leur rôle
qui dépasse largement celui de la consultation.
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