Conférence de Presse du 26/02/09 : des réponses qui permettent de garantir l’accès aux soins
25-02-2009
Conférence de presse du 26 Février 2009
au siège de MG France, 13 rue Fernand
Léger 75020 Paris
Entre la tentation de la
coercition et la disparition de la médecine générale annoncée par le déclin
démographique, MG France apporte des réponses
qui permettent de garantir
l’accès aux soins
Le syndicat MG France a dénoncé
à de multiples reprises la politique conventionnelle menée depuis janvier 2005.
Les effets de cette politique sont aujourd’hui très clairs : explosion des
dépenses de santé, difficultés d’accès aux soins, défection des étudiants qui a
pour conséquence directe la poursuite de la chute démographique de la médecine
générale
Ce dernier élément couplé avec
la réduction des moyens professionnels des médecins généralistes crée des
tensions démographiques.
La population et les élus
s’inquiètent légitimement de la pérennité de l’offre de soins de proximité
notamment en médecine générale.
Parallèlement, les tensions
auxquelles doivent faire face les médecins sont nombreuses : surcharge de
travail, manque de moyens techniques et de soutien logistique et administratif,
inquiétudes pour les remplacements des futurs départs en retraite, poids de la
permanence des soins.
Dans l’attente de la mise en
œuvre d’une nouvelle politique de santé et de disposer des moyens professionnels
qui font défaut, le syndicat MG France prend ses responsabilités et fait des
propositions.
Conscient des difficultés et de
l’émotion de la population quant aux risques de manque de médecins généralistes,
le syndicat s’adresse aux élus et propose d’agir de concert avec l’ensemble des
représentants des professionnels de santé de premier recours pour répondre aux
situations de difficultés d’accès aux soins les plus urgentes.
Nous proposons aux élus :
D’identifier ensemble les
zones ou l’accès aux soins n’est plus assuré, département par
département ;
D’assurer ensuite des
« consultations avancées » dans les zones ainsi identifiées. Elles se
dérouleront dans des locaux, avec du personnel et du matériels mis à
disposition ;
De définir les plages
horaires de consultations en fonction des besoins de soins de la
population concernée ;
De rémunérer les médecins
généralistes volontaires pour effectuer des vacations dans ces zones de
manière forfaitaire ;
De mettre en place une
régulation téléphonique qui offre une garantie aux patients sur tout le
territoire et constitue un pré-filtre à l’entrée à l’hôpital.
Ces propositions induisent
l’établissement d’un dialogue avec les élus qui permettra, dans la période
transitoire entre le vote espéré de la loi et l’installation des ARS, de
répondre aux situations les plus problématiques.
Le climat de confiance qui en
résultera ne saura manquer en outre d’insuffler une dynamique régionale de la
réforme.
Paris le 26/02/2009 au siège de MG France
Démographie médicale : la vraie fausse
pénurie
Jamais à
ce jour la population médicale n'a été aussi nombreuse ; pour autant,
quelques territoires, encore peu nombreux aujourd'hui, voient leur population
défavorisée en terme d'accès aux soins de premier recours.
Demain
du fait des erreurs stratégiques du passé (numerus clausus, hospitalocentrisme,
prééminence des spécialités d'organe, convention inopérante...) l'offre de
premier recours risque de manquer dans des territoires de plus en plus
nombreux.
Que faire ?
- Adopter des mesures
désincitatives voire franchement coercitives : un tel choix ne peut
qu'aboutir à détourner les étudiants encore davantage du choix de la médecine
générale ;
- Rendre cette carrière
plus attractive pour les générations à venir tout en répondant aux défis et
besoins immédiats.
Il
apparaît d'emblée que les réponses aux problèmes de démographie médicale se
trouvent pour l'essentiel dans l'analyse des raisons de la désaffection constante du choix de la médecine générale
de premier recours (- 1 promotion en 4 ans) :
-
Exercice difficile
(amplitudes des horaires de travail) et solitaire ;
-
Revenus moitié moindres
que les autres spécialistes ;
-
Contraintes de
permanence de soins ;
-
Exercice compliqué par
l'absence de soutien administratif et technique ;
-
Concurrence d'un
exercice salarié comparativement attractif (nombre d'heures limité, couverture
sociale, accompagnement administratif et technique, etc.).
Dès lors, des solutions existent pour le
moyen terme :
- Reconnaître les
spécialistes en Médecine Générale de premier recours au même titre que leurs
homologues spécialistes d'organes en leur permettant de coter leur actes par le
Cs ;
-
Affirmer la place et
les missions spécifiques du Médecin Généraliste de premier recours ;
-
Lui donner les moyens
de remplir ces missions ;
-
Organiser le système de
santé pour rendre son utilisation cohérente donc efficiente par chacun
-
Diversifier les modes
d'activité et de rémunération des Médecins Généralistes de premier recours
Pour le court terme et afin d'apporter de véritables réponses aux soucis des
patients et des élus pour les questions d'accès aux soins de tous sur tout le
territoire :
-
Identification avec les élus et l'ensemble des syndicats des zones où
l'accès aux soins n'est plus assuré, département par département le plus
rapidement possible;
-
Mise en place de
consultations avancées dans les zones
identifiées dans des locaux, avec du personnel et du matériels mis à
disposition ;
-
Définition de plages
horaires de consultations en fonction des besoins de soins de la population
concernée ;
-
Rémunération des
médecins généralistes volontaires de manière forfaitaire ;
-
Mise en place d'une
régulation des appels par les médecins généralistes sur une plateforme interconnectée au samu
et dotée d'un numéro d'appel unique national -
garantie de réponse à toutes les demandes sur tout le territoire et pré-filtre
à l'entrée à l'hôpital ;
Des
aménagement sont donc possible pour trouver des réponses aux besoins ou
attentes des élus et patients mais également au malaise des médecins
généralistes.
Il en va
de la sauvegarde d'un système de santé fondé sur un premier recours
diagnostique, synthétique et organisationnel.
Ce
premier recours, garant de l'accès aux soins de tous partout à toute heure, est
le préalable au deuxième recours spécialisé pour les cas plus complexes
voire au troisième hospitaliers pour les malades nécessitant une prise en
charge institutionnelle.
Rappel des chiffres :
215 000 médecins actifs (1er janvier 2008)
Numerus clausus (mis en place 1972): 8000 dans les années 1970 ; 3500 dans les années 1990.
Entre 2007 et 2018, sorties non compensées par les entrées (ceux qui s'en vont sont issus de forts numerus clausus ou d'avant mise en place)
1000 sorties temporaires par an (compensées seulement pour moitié par des retours)
Le nombre de médecins installés en France devrait baisser de 10% d'ici 2019
Selon le scénario tendanciel (étude de la DREES, Fev. 09) le nombre de médecins libéraux devrait baisser de presque 10% dans la décennie à venir.
26 février
2009.
Le Diaporama projeté lors de la conférence de Presse du 26/02/2009
Quelques dépêches AFP
HTML clipboardSocial-santé-sécu-médecins Mieux répartir les médecins sur le territoire: offre
d'un syndicat aux élus
PARIS, 26 fév 2009 (AFP) - Le principal syndicat de médecins généralistes,
MG France, a proposé jeudi d'identifier avec les élus de chaque département les zones manquant de praticiens afin notamment d'y mettre rapidement en
place des consultations assurées par des médecins ne résidant pas sur place.
"Il s'agit d'un geste fort à l'égard des élus, alternatif aux mesures
coercitives" que certains d'entre eux défendent afin d'amener des médecins à s'installer dans des zones où ils sont insuffisamment nombreux, a déclaré
en conférence de presse le président de MG, Martial Olivier-Koehret.
En attendant notamment la mise en place des Agences régionales de santé
(ARS) prévues dans le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires" dont l'examen par le Parlement doit reprendre la semaine prochaine, MG
propose de prendre des mesures "dans les deux mois".
Il s'agit d'abord de l'"identification avec les élus et l'ensemble des
syndicats des zones où l'accès aux soins n'est plus assuré, département par département".Ensuite, MG propose notamment la mise en place de
"consultations avancées dans les zones identifiées dans des locaux, avec du
personnel et du matériel mis à disposition, rémunérées par des vacations
forfaitaires".
Le syndicat propose également la mise en place d'un numéro national unique
(différent du "15") permettant de joindre des "médecins régulateurs" 24 heures sur 24, notamment en cas d'urgence non vitale.
dmc/vdr/DS
**********************
HTML clipboard
Démographie médicale : MG France propose aux élus locaux des solutions « dans les
deux mois »
Pamela Messi
La semaine prochaine, l´Assemblée nationale entamera en principe l´examen du
titre II du projet de loi « Hôpital, patients, santé, territoire ». Les députés
discuteront alors des questions de démographie médicale et, notamment, de la
nécessité ou non de « réguler » la liberté d´installation des médecins dans les
zones sous-dotées. Pour les syndicats de médecins à qui le gouvernement avait
demandé de s´accorder sur des propositions à lui présenter, l´ultimatum
approche, donc. C´est pourquoi le syndicat de généralistes MG France a décidé de
prendre ses devants et « d´assumer ses responsabilités ».
« On a essayé de faire des propositions dans le champ conventionnel, comme le
souhaitait d´ailleurs le président de la République. Mais elles n´ont pas été
reprises », assure le président de MG France, Martial Olivier-Koehret, qui
soupçonne le directeur de l´Union nationale des caisses d´assurance maladie de
ne pas « chercher réellement des solutions ».
MG a donc choisi de s´adresser directement aux élus locaux et de leur soumettre
ses idées. Avant tout, le syndicat compte les convaincre de l´inutilité et de la
« contre-productivité » des mesures coercitives. Car selon Martial Olivier-Koehret,
le préalable indispensable pour mettre fin aux « déserts médicaux » (un « terme
de journalistes », affirme-t-il, préférant parler de « zones de tensions
démographiques ») est d´attirer les jeunes diplômés vers la médecine générale et
vers l´exercice libéral. S´attirer les faveurs de la jeunesse est finalement
très simple, explique-t-il: il faut d´abord « définir la médecine générale comme
premier recours », puis accorder aux généralistes le droit de coter comme des
spécialistes (en CS) et enfin, favoriser les nouveaux modes d´exercice regroupé.
Si les pouvoirs publics acceptent ces trois points, MG France s´engage à
apporter des solutions concrètes aux problèmes de démographie médicale « dans
les deux mois », soit « le temps de l´installation » des futures agences
régionales de santé (ARS). Dans un premier temps, le syndicat envisage de
travailler avec les élus à l´identification, « département par département »,
des zones « où l´accès aux soins n´est plus assuré ».
Une fois la cartographie dressée (MG France refuse de s´appuyer sur celle déjà
établie par l´assurance maladie), le syndicat promet de mettre en place des «
consultations avancées » partout où ce sera nécessaire : des professionnels de
santé rémunérés forfaitairement accepteront de donner des consultations dans des
lieux mis à dispositions par les mairies. Une mesure qui ne couterait « pas plus
de dix millions d´euros », assure Martial Olivier-Koehret.
Enfin, MG propose de s´expliquer dans la régulation des appels et milite pour la
création d´un numéro d´appel national (le 33 33) garantissant 24 heures sur 24
la réponse par un généraliste à toutes les demandes d´un territoire.
Pour voir aboutir son programme, Martial Olivier-Koehret compte sur l´appui des
autres syndicats. « Si nous ne sommes pas capables de porter ensemble des
propositions, vers les élus et la population, il ne faudra pas s´étonner ensuite
si les élus, qui ne connaissent pas notre quotidien, prennent des mesures
radicales », prévient-il. Avant d´ajouter : « je suis sûr que mes collègues
répondront positivement ».
Reprise d'une interview de Martial Olivier-Koehret sur le Journal de la Santé --- Faut-il obliger les médecins à s'installer dans les "déserts médicaux" ? --- (la Cinq 4 mars 2009)