| Gérard Maudrux : 3 questions au Président de la CARMF |
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| 29-01-2009 | |
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Questions au Dr Gérard Maudrux sur la
situation de la CARMF
Président de
la CARMF
Propos recueillis
par Brigitte Postel, journaliste
Quelles sont les perspectives d’avenir
pour la retraite des médecins libéraux, avec la chute prévisible de la
démographie ?
Pour les
régimes de base et complémentaire, peu de soucis. Pour le premier, nous sommes
liés à toutes les professions libérales, si des démographies comme la nôtre
chutent, d’autres comme les auxiliaires médicaux augmentent. Il y a équilibre
pour 15-20 ans sans toucher à la cotisation. Pour le second, la CARMF anticipe
depuis plus de 10 ans, faisant des réserves pour compléter la retraite au
moment du creux démographique.
Et pour l’ASV (allocation
supplémentaire vieillesse) ?
Pour ce
régime c’est différent. Outre les problèmes démographiques, avec chute par 4 du
rapport entre cotisants et retraités, il y a eu distribution de points gratuits :
en 1972, pour pousser les médecins à rentrer dans ce système facultatif et, en
1981, pour des raisons électorales. Le coût de ces point représente 30 % de la
charge actuelle, que les cotisants doivent assumer, sans contrepartie. Aucune
mesure de protection n’a été prise pour amortir les effets de la chute
démographique et des points gratuits. De plus 2/3 de ce régime est financé par
des caisses maladies en déficit chronique, qui cesseront sans doute de payer un
jour. La réforme plus ou moins annoncée prévoit de diviser à terme par 2 les
droits, ce qui revient déjà à se désengager pour moitié du régime actuel. Le reste
viendra avec le temps par étapes, c’est pour moi inéluctable. L’avenir n’a pas
été préparé dans ce système et aujourd’hui la dépense est supérieure à la
recette et le gouvernement traîne des pieds pour envisager le rééquilibrage du
régime sur le long terme. Nous déplorons que les partenaires sociaux ne fassent
rien pour garantir les promesses faites. Aussi, je donne à tous rendez-vous
dans vingt ans pour voir qui avait vu juste.
La féminisation des professions
médicales a-t-elle un impact sur ces différents régimes ?
Absolument. Les
femmes modifient la sociologie de la CARMF. Cotisantes, elles cotisent moins,
travaillant un peu moins avec des revenus inférieurs de 37 %. Par contre, elles
sont de « coûteux » retraités, vivant plus longtemps à la retraite
(24 ans au lieu de 18 pour les hommes) ; à noter que leurs retraites sont toutefois
moindres, du fait des cotisations plus faibles. Mais sur ce point, il n’y aura
pas de mauvaises surprises, car tout ceci est intégré dans nos prévisions. C’est
le travail des actuaires, et en comparant leur prévisions d’il y a 15-20 ans
avec la situation actuelle, il n’y a pas d’erreur.
Revenons à l’ASV. Y a-t-il des
divergences entre la position CARMF et MG France concernant ce régime et la
réforme à venir ?
Les positions
sont beaucoup plus proches qu’on ne le pense. Sur le diagnostic et le fait
qu’il y a problème pour les retraites futures, il n’y a aucune divergence. Sur
le fait que la réforme proposée est inacceptable, il n’y en a pas non plus,
contrairement à la CSMF et au SML qui semblent l’avoir acceptée. Pour les
jeunes, nos positions sont assez similaires : MG France pense que mettre les
nouveaux cotisants dans le système actuel n’est pas correct, la CARMF souhaite
fermer, c’est à dire ne plus distribuer de nouveaux droits et gérer au mieux le
passif. Quand la CARMF dit qu’il faut fermer et faire payer les anciens droits
par ceux qui nous ont mis dans cette situation, et que MG France dit « si on continue, combien allons-nous perdre
et comment pensez-vous nous le rendre », là encore nous sommes très
proches. La CARMF est aussi réaliste : si on ne veut pas fermer et nous imposer
le maintien, il faudra faire un gros effort pour que nous l’acceptions. Là nous
renforçons et aidons la position MG France. Il est clair que nous serons
ensemble dans toutes les négociations, faisant le même diagnostic et voulant la
même chose.
Il va y avoir des élections à la
CARMF. Qu’est ce qui peut changer en fonction des résultats ?
Rien ou pas
grand chose. La majorité actuelle ne peut en aucun cas basculer, même dans le
pire des cas. Surtout, c’est le bon sens qui prime en Conseil, jamais les
considération politiques ou syndicales. Il n’y a pas de raison pour que cela
change. MG France y est insuffisamment représenté, je souhaite qu’il le soit
plus et suis prêt à aider pour qu’il en soit ainsi. |
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| Dernière mise à jour : ( 01-02-2009 ) |





