MG-France et ses
partenaires, se retrouveront chaque année pour un événement avec un espace festif et un espace
d'expressions et de propositions.
Le calendrier
gouvernemental et parlementaire est rythmé par le PLFSS. Le début d'année est un
moment propice pour proposer avant le
temps des premiers arbitrages.
L'année 2009 est
particulière avec la loi de réforme HPST dont le Parlement va débattre.
MG-France depuis sa
fondation inscrit son action dans les principes d'organisation qui se retrouvent dans la loi HPST et entend
préserver l'indépendance professionnelle des médecins généralistes. La réforme
trouvera son plein succès avec l'engagement des acteurs des soins de ville. La
médecine générale ambulatoire, forte des valeurs d'initiative et de responsabilité,
est le lieu essentiel de l'accès de tous aux soins de qualité.
Les partenaires de
MG-France sont associés à cet événement : institutions, industriels et
aussi
-
les organisations d'étudiants et de
jeunes médecins
-
les enseignants de médecine générale
-
les associations de formation
continue et de recherche
-
les autres professions de ville
-
les médecins spécialistes de ville
dont les chirurgiens obstétriciens anesthésistes
-
les représentants de patients
-
etc..
Pour MG France c'est en
prenant en compte les idées de tous, que se construisent les réponses
acceptables pour tous.
Le programme
9h30 : Accueil
9h45 : Grande salle. Ouverture
officielle par le Président Martial Olivier-Koehret.
10-11h30 : Grande salle. Les grands
défis scientifiques -Débat animé par un journaliste spécialisé, le Dr.
Jean-Daniel Flaysakier
Intervenants:
Anne Dedanne directeur des affaires publiques des laboratoires Wyeth France,
Jean-Luc Gallais de la SFMG , Vincent Renard Président du SNEMG et Serge
Personnic ancien directeur de MG Recherches.
11h30 : Grande salle. Présentation de
l'ASOQS par Patrick Bastien
12-13h30 : Apéritif et toast en
l'honneur des 20 ans de MG Form. Buffet en salle Rostropovitch.
13h30-14h30 : Grande salle. La place du
médecin généraliste dans la prise en charge des maladies chroniques - exemple
de la maladie d'Alzheimer : débat animé par Brigitte-Fanny Cohen.
Intervenants :
Christian Saout, magistrat, Président d'honneur de Aides, Président du CISS et
président de la Conférence nationale de Santé ; Philippe Juvin vice-président
du conseil général des Hauts de Seine et maire de la Garenne Colombes ; Philippe
Marissal, Président du syndicat des médecins généralistes intervenant en EHPAD,
médecin coordonnateur ; Thomas Bourez, médecin généraliste.
14h30-15h30 : Grande salle. La coordination des acteurs des soins de ville :
Débat animé par Brigitte-Fanny Cohen
Intervenants : Sabine de Longeville,
Infirmière libérale ; Christian Boss, kinésithérapeute président de
Objectif Kiné Paris ; Marie-José Augé-Caumon, pharmacien à
Montpellier ; Patrick Vuattoux, médecin généraliste Président de la
FEMASAC.
14h30-15h30 :
Salle Rostropovitch. La régionalisation du système de santé : URML, URPS,
ARS, quelle gouvernance pour demain ?
Intervenants :Annie Podeur, directrice de la DHOS et animatrice
des EGéOS ; Jean Benoit, Président du SDB ; Annick Touba, présidente
du SNIIL ; MH Abadie, présidente du SNAO ; Gilles Bonnefond,
président de l'USPO et Martial Olivier-Koehret, président de MG France et de l'UNML.
15h30-16h : Grande salle. Parrainage de
la journée par Jean-Louis Fournier, écrivain, prix Fémina 2008
16h-17h : Grande salle. Ceux qui feront
la santé demain : débat animé par Pierre-Luc Séguillon
Intervenants :Valérie Pécresse, ministre de
l'enseignement supérieur et de la recherche
P.L. Druais, président du CNGE, collège des généralistes
enseignants
Bérengère Crochemore, Présidente de
l'ISNAR-IMG
Benoit Ellebode, Président de l'ISNIH
Fabien Quedeville, Président du SNJMG,
Anne-Laure Lepori, Présidente de
l'ANEMF
17h-18h :
Loi HPST, quelle organisation pour la santé demain ? Débat animé par
Pierre-Luc Séguillon
Intervenants : Dr. Martial Olivier-Koehret,
président de MG France
Jean Marty, Président d'UC et
secrétaire du SYNGOF
Philippe Cuq, président de l'UCDF
Marie Pascale Quirin, présidente de
l'AAL
18h-18h30 :
discours de clôture de la ministre de la santé de la jeunesse des sports et de
la vie associative, Mme Roselyne Bachelot-Narquin.
20-22h : soirée spectacle avec Marc
Jolivet dans la grande salle Gaveau
Discours d'ouverture de Martial OLIVIER-KOEHRET Président de MG France
La trêve des confiseurs est passée
Si si tout le monde vient de se reposer pendant les quinze
derniers jours
Les professionnels de santé en ville et a l'hôpital
Les médecins généralistes
Les politiques
Et pourtant il n'y a pas eu de trêve
Les hôpitaux, la médecine de ville ont assuré tant bien que
mal les soins
Les politiques et les syndicalistes ont été au front
médiatique
Malgré les outrances,
La réalité a pris le dessus
Notre système de santé souffre d'abord et avant tout de
désorganisation
Une mauvaise utilisation des moyens humains et matériels mis
à sa disposition
Une absence de mode d'emploi pour les patients.
Les médecins généralistes sont les principaux producteurs de
soins,
Réalisent près de 300 millions d'actes par an,
La désorganisation touche la médecine générale notamment le
déclin démographique
Cette désorganisation fait basculer une partie de l'activité
des généralistes vers les services portes de hôpitaux et pour un million de
passage en plus pour l'année 2007 les urgences hospitalières saturent.
De la même façon nos collègues du pole chirurgical libéral
ont des disponibilités qui ne sont pas utilisées et souhaitent participer mieux
et mieux se coordonner pour prendre en charge les urgences
Le mal est connu, les réponses aussi
Et le débat peut reprendre
MG-France a voulu ce débat aujourd'hui dans ce lieu
prestigieux
C'est pour cela que nous nous retrouvons ici que des
centaines de professionnels ont fait le déplacement malgré le froid et le
surcroît de travail saisonnier.
Tous font l'effort
car ensemble nous aspirons à une réforme du système de santé
qui clarifie les rôles et les missions des uns et des autres
qui assure aux professionnels les meilleurs conditions pour
réaliser leur travail quotidien
qui garantisse à la population les meilleurs soins
possibles.
Vous avez dit avec force que la médecine générale était la
base de notre système de santé
Nous savons aussi qu'après des années de laisser aller la
médecine générale est devenue le maillon le plus vulnérable de la chaîne des
soins
Déclin démographique, perte de moyens professionnels, perte
d'identité, le constat est rude.
Après des années de laisser aller de notre spécialité,
vous êtes une des premières à réellement vous occuper de médecine générale. Vous
entendez préserver les grands principes de la médecine libérale.
Organiser n'est pas antinomique avec les grands principes de
la médecine libérale.
Nous savons que l'organisation n'est pas liberticide. ...
Au contraire les médecins généralistes comprennent qu'en
l'espèce elle est un garant de notre survie car c'est bien de la survie de la
médecine générale et de la médecine de ville dont il s'agit
De la survie et de l'accès aux soins de la population.....
Ainsi nous, les professionnels de terrain, nous vous
proposons un plan global pour notre profession, que j'aurais été tenté de
nommer plan de relance je préfère appeler plan de lancement de la médecine
générale comme spécialité à part entière comme elle l'est dans de nombreux pays
voisins...
Une spécialité avec une filière universitaire de médecine générale
FUMG
Nous avons des candidats, nous demandons des postes au moins
un par faculté
Une spécialité avec le symbole fort et attendu de la lettre-clé CS
Nous avons observé avec attention vos déclarations dans la
presse au sujet de ce symbole fort pour les généralistes
Vous savez que MG-France tient particulièrement avec le
soutien du CNOM.
Pour MG-France c'est un symbole très fort, qui assurera la
cohésion des médecins généralistes dans la dynamique de réforme.
La spécialité c'est aussi un SROS ambulatoire, car la balle
n'est pas que dans votre camp et nous devons aussi jouer pleinement notre rôle.
SROS ambulatoire veut dire assumer pour notre part la
transparence de l'offre de soins
Ses forces et ses faiblesses
Engager les négociations avec les futures ARS à partir de la
réalité et des besoins de la population.
La
spécialité MG c'est aussi la régulation généraliste, outil
déterminant de la première réponse à la population
C'est notre contribution pour que vienne à l'hôpital, les
patients ceux qui en ont besoin, ceux là et surtout là.
Quelle que soit l'heure, nous pouvons garantir une réponse
aux demandes des patients par un médecin généraliste.
Toute demande est légitime, ce qui n'est pas légitime c'est
d'apporter une réponse inappropriée faute d'organisation et faute de courage
pour assumer cette réponse
La spécialité médecine générale c'est aussi un collège
professionnel de médecine générale. Nous avons commencé à le construire.
MG-France veut un collège professionnel ouvert a toutes les
composantes de la profession, en capacité d'élaborer des protocoles de
pratiques, de valider les contenus de formation et évidemment de s'articuler
avec les autres collèges professionnels des autres spécialités médicales.
C'est aussi le chemin prometteur de la pluridisciplinarité
ou chaque profession de santé apporte ses compétences et contribue en équipe,
l'équipe de soins de ville, au suivi du patient.
Pour une spécialité médecine générale pleine et entière
Pour que le premier recours retrouve la place qui est la
sienne
Les professionnels sont prêts a s'engager
Ils attendent des signes tangibles
MG-France s'est engagé
Nous apportons des propositions
Dans toutes les instances de concertation
Y compris, dans les discussions conventionnelles, MG-France
continuera à apporter des réponses pour la répartition démographique
A ce sujet j'en appelle à l'esprit de responsabilité des mes
collègues des autres syndicats
Ce sont les représentants professionnels ensemble
courageusement qui doivent répondre aux attentes des élus et de la population. Sinon
c'est l'aventure au plus mauvais du terme.
MG-France assumera pleinement ses responsabilités sur ce
sujet
Dans la même dynamique avec nos collègues du pole chirurgical
UCDF SYNGOF AAL nous poursuivront notre action pour l'accès aux soins
chirurgicaux, pour des tarifs lisibles pour le patient et correctement pris en
charge par les RO et RC.
Nous tenons MG-France pour les médecins généralistes et mes
collègues du pole chirurgical, particulièrement à la représentativité de nos
secteurs professionnels respectifs. C'est la clé pour construire avec les
acteurs de terrain les meilleures réponses possibles.
Beaucoup de choses bougent
Vous vous êtes engagés,
II y a beaucoup de choses en préparation,
Il faut que cela aboutisse
Beaucoup parient que vous n'irez pas au bout comme tant
d'hommes politiques depuis des décennies qui ont reculé devant l'ampleur de la
tache et devant les lobbies et corporatismes.
Nous vous soutenons pour définir les niveaux de recours au
soins, définir la médecine générale,
organiser, développer la FUMG
Ce sont des signes forts
Il nous faut aussi la représentativité des acteurs de
terrain pour travailler avec les pouvoirs publics et demain les futures ARS,
des moyens pour remplir nos missions d'abord le Cs, des moyens à enveloppe
constante car cette enveloppe est considérable et doit être mieux utilisée.
Nous vous tendons la main, nous ne voulons plus de
réquisitions, plus de gendarmes, pas de doublement de peine pour les
réquisitions.
Nous sommes prêts à travailler à nous engager pour réformer
pour garantir l'accès de tous à des soins de qualité sur tout le territoire
Je vous remercie
Discours de Madame Roselyne
BACHELOT-NARQUIN
Ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de
la vie associative
CLÔTURE de la JOURNÉE de MOBILISATION et de DÉBATS
(Loi HPST)
Jeudi 8 Janvier 2009 - à 11h30
Salle GAVEAU - 45, rue de la Boétie - Paris 8ème
Sous réserve du prononcé
Monsieur
le président, cher Martial Olivier-Koehret,
Mesdames et
Messieurs,
En ce début d'année, je voudrais tout d'abord vous
adresser mes meilleurs vœux pour votre vie personnelle et professionnelle.
2009 sera une année
de réforme et de changements.
Elle sera une année décisive pour notre système de santé.
C'est pourquoi je suis particulièrement heureuse de
commencer l'année avec vous qui êtes au cœur de notre édifice de soins.
La médecine générale est, au même titre que les autres,
une spécialité, mais elle n'est pas une spécialité comme les autres.
C'est vers vous
que chacun se tourne en premier recours. C'est vous qui assurez les soins les
plus variés, vous qui conseillez et orientez les patients.
Parce que vous occupez
cette position centrale, vous savez mieux que quiconque combien il est
nécessaire de moderniserpréserver,
combien il est urgent de le réorganiser
pour mieux soigner. notre
système de santé pour mieux le
Face à la
mauvaise foi dont certains ont pu faire preuve ces derniers jours, vous avez, en
ce sens, su avancer les arguments rationnels, les seuls arguments recevables.
J'y ai été sensible.
Vous qui avez
fait le choix de cette profession exigeante animés par le sens de l'intérêt
général et du dévouement, vous mesurez les efforts qui doivent être faits pour
garantir à tous ce droit essentiel et fondamental : le droit à la santé.
*
Notre système de
santé ne souffre pas d'un manque de moyens, mais d'un déficit de plus en plus
criant d'organisation.
Nous devons
donner aux professionnels de santé, qu'ils soient libéraux ou hospitaliers,
médecins ou professionnels paramédicaux, les moyens d'une meilleure
organisation de l'offre de soins, qui préserve les valeurs de solidarité, de qualité et de liberté qui nous sont
chères.
C'est le sens du
projet de loi « Hôpital, patients,
santé, territoires », que je prépare avec vous depuis plus d'un an.
Ce texte
ambitieux vise à établir un système de
santé durable et soutenable, mieux organisé, qui permette une meilleure
allocation des ressources et une optimisation des moyens importants dont nous
disposons.
Cette réforme
d'envergure, à la hauteur des enjeux capitaux que sont l'égalité d'accès aux
soins, la qualité, la sécurité et l'efficience, est urgente, comme l'actualité
récente l'a prouvé.
Elle doit se
faire sans plus tarder.
Elle doit se
faire avec vous.
Pour la première
fois, nous proposons de créer, à partir d'entités performantes mais trop souvent
isolées, trop souvent enclines à agir pour leur propre compte et à se rejeter
la responsabilité d'une défaillance, un véritable système.
Ce terme doit
s'entendre dans son sens le plus plein.
Qu'est-ce qu'un
système, sinon un ensemble d'éléments réunis pour former un tout organisé et
cohérent ?
Peut-on
continuer à parler de « système de santé » sans que soient mises en
cohérence l'organisation concrète de la médecine libérale, celles de l'hôpital,
de la prévention et du médico-social ?
Il n'est plus
tenable de gérer d'un côté l'hôpital et de l'autre la médecine de ville, d'un
côté les urgences, de l'autre les permanences des soins.
L'objectif de
mon projet de loi est précisément de créer les conditions de l'organisation
rationnelle d'un vrai système qui
contribuera à améliorer la prise en charge de la santé de nos concitoyens.
*
La base de ce
système, ce sont les agences régionales de santé (ARS), conçues comme l'interlocuteur unique, identifiable.
Se substituant à
sept organismes, elles offriront aux professionnels de santé les outils pour mieux coordonner leurs
efforts et pour mieux exercer leurs missions, en adéquation avec les
contraintes spécifiques de chaque territoire.
Je compte sur
votre implication.
Tout comme ce
projet de loi s'est construit dans la concertation, l'organisation
opérationnelle de la santé au niveau régional doit, en effet, se définir et s'élaborer
en collaboration avec les acteursde terrain.
C'est la raison pour
laquelle, à côté des ARS, j'ai souhaité une représentation forte et
incontestable des professionnels de santé : les Unions régionales des professionnels de santé.
Ces unions ne
seront pas une représentation « en peau de lapin », ni un alibi
politique à des décisions technocratiques.
Il s'agira d'une
vraie représentation des professionnels de la région basée sur une légitimité électorale incontestable et investie de
réelles missions, dotée de la personnalité morale et de la capacité à établir
des contrats avec l'ARS.
Son périmètre
sera exclusivement régional.
En rien ces
unions professionnelles ne viendront parasiter la vie conventionnelle ou le
périmètre d'intervention des centrales syndicales au niveau national.
Là aussi, je
veux que les rôles soient clairement définis entre les acteurs, que les professionnels
soient impliqués et responsabilisés.
*
Ces unions
définiront, avec les ARS, les SROS
ambulatoires, qui viendront compléter les schémas hospitalier, de
prévention et médicosocial.
Vous le savez,
la finalité du SROS ambulatoire est de programmer l'aménagement de l'offre de
soins ambulatoire sur le territoire régional.
Ce schéma, qui
servira de base à la distribution des aides et des subventions aux maisons de
santé et aux pôles de santé, offrira une visibilité indispensable, aujourd'hui
inexistante.
Ainsi le
développement et le fonctionnement de ces structures seront-ils favorisés, au bénéfice des patients et des
professionnels de santé.
Nos détracteurs
veulent laisser croire que demain ces SROS seront opposables, qu'ils signent la
fin de la liberté des médecins.
Ce qui menace la
médecine libérale, ce n'est en aucun cas de donner aux professionnels les
moyens de s'organiser.
C'est de laisser
les problèmes d'accès aux soins non résolus.
C'est de croire
que nous pouvons laisser notre système se dégrader sans agir.
Je le
répète : une organisation optimisée, définie
par les professionnels, est la meilleure façon de préserver le caractère
libéral de vos exercices auquel, tout comme vous, je suis très attachée.
J'ai su prendre
position à maintes reprises contre la suppression de la liberté d'installation.
En revanche,
j'entends vous donner les moyens de l'organiser.
De même, je veux
que vous disposiez d'une plus grande latitude pour l'organisation et le
financement de la permanence des soins
dans vos régions.
C'est en
s'adaptant aux réalités de terrain, c'est-à-dire aux besoins locaux et aux
capacités des professionnels, que la permanence des soins, plus souple, sera
plus efficace et plus utile.
Ici encore, le
but que nous devons poursuivre ensemble est d'offrir à tous, sur tout le
territoire, l'accès à des soins de qualité, à des soins adaptés.
A cet égard, le
projet de loi offrira aux professionnels une plus grande liberté.
*
Pour améliorer
l'accès aux soins et lutter contre les problèmes de géographie médicale, nous
devons également former les médecins là où leur présence est la plus nécessaire.
Il nous faut, par exemple, adapter la répartition des internes en fonction des
besoins de santé de la population.
Le développement
des stages en cabinet, qui constituent une première découverte de la médecine
générale et l'expression d'une solidarité intergénérationnelle, est capital
pour l'attractivité de votre profession, mais aussi pour le maintien d'un
niveau élevé de qualité.
Les défis sociaux,
économiques et démographiques que notre société nous somme de relever, et que
j'entends relever avec vous, nous imposent de faire évoluer les pratiques et d'instaurer des modes de prise en
charge différents.
C'est pourquoi
je veux favoriser les coopérations entre
professionnels de santé au niveau local.
J'ai souhaité, sur ce sujet
capital, un changement de paradigme : il s'agit de substituer aux
transferts et délégations de tâches, qui, trop souvent, partaient d'une
décision venue d'en haut, des coopérations mises en œuvre à partir du terrain,
entre des professionnels de santé volontaires qui y trouvent un intérêt pour
mieux prendre en charge leurs patients.
Elles devront, bien sûr,
s'exercer dans le champ des connaissances, des expériences et des compétences
des professionnels concernés.
À
quoi sert une délégation de compétences qui n'est pas voulue par les
professionnels et qui, de ce fait, n'est pas exercée ?
A vous de proposer, dans le cadre
des ARS, des protocoles de coopération, qui seront ensuite validés par la Haute Autorité de
santé.
Dans cette
perspective, j'attends beaucoup de la création du Collège de médecine générale, en cours de constitution.
J'insiste
d'ailleurs sur le fait que personne ne devra être oublié dans la constitution de
ce collège. Les plus jeunes médecins, et, plus généralement, l'ensemble des
représentants des médecins généralistes devront y trouver leur place. Ne
faisons pas de cette autorité scientifique professionnelle un terrain de lutte
syndicale.
Je sais que le
professeur Olivier Goeau-Brissonnière y veille. J'y serai également attentive.
*
Enfin, ce
dispositif structurel devra être complété par des mesures de régulation à
définir dans le champ conventionnel.
Ces mesures de régulation doivent venir
renforcer l'organisation de l'offre de soins telle qu'elle sera définie dans le
cadre du SROS.
Il s'agit en
particulier, comme cela a été prévu dans le cadre des états généraux de
l'organisation de la santé, d'aider le fonctionnement des maisons ou des pôles
de santé dans les zones les moins dotées, et d'inciter les médecins à ne pas
exercer dans les zones les plus denses, notamment par la mise en place d'un
contrat de service aux patients, rendu obligatoire dans les zones les plus
dotées.
J'exclus par
avance que ces mesures ne puissent s'appliquer qu'aux jeunes médecins ou aux
nouveaux installés.
C'est pour nos
concitoyens que je conduis cette réforme, mais aussi pour que les futurs
médecins puissent exercer demain un métier modernisé, adapté à leurs attentes et
aux enjeux.
Ce n'est
certainement pas pour les écarter de la médecine générale, en faisant porter
l'effort uniquement sur eux, au seul motif de préserver les intérêts des
médecins installés.
L'accès aux
soins est une priorité absolue, nous devons, collectivement, une réponse à nos
concitoyens.
Je veillerai
donc aussi, conformément à la volonté du président de la République, à ce que
les négociations conventionnelles trouvent une solution opérationnelle à la
question importante des dépassements d'honoraires.
Les
discussions engagées sur le secteur optionnel doivent encore évoluer.
*
Mettre « la
médecine générale sur le devant de la scène » : tel était l'objet de
cette journée.
C'est aussi, je
le sais, la finalité inlassablement poursuivie par MG France.
C'est, enfin, ma
volonté la plus déterminée.
Pour la défense de la médecine générale, pour
la première fois inscrite et définie dans le code de la santé publique, je me
tiens résolument à vos côtés.
Pour mener à
bien les projets les plus ambitieux et les plus nécessaires, je ne doute pas de
votre engagement, de votre enthousiasme et de votre sens des responsabilités.
Vous avez la
chance d'exercer un merveilleux métier, au plus près des patients.
Tous ceux que
vous soignez savent ce qu'ils vous doivent. Vous
leur devez les changements qu'ils attendent.
A vous de mettre en œuvre et de porter une réforme
juste, une réforme pragmatique, une réforme indispensable.