|
Texte de la lettre
adressée à Madame Roselyne BACHELOT NARQUIN :
Madame la Ministre,
Les EGeOS, Etats Généraux
de l’Organisation de la Santé, ont affirmé l’importance
de la médecine générale de premier recours dans
l’organisation régulée d’un système de soins moderne,
performant sur les plans sanitaire et économique.
Le projet de loi que vous
porterez en octobre devant le parlement, inscrira
durablement dans le Code de la Santé Publique les
missions de la médecine générale de premier recours.
La qualité de la
formation initiale et continue est déterminante tant
pour l’attractivité de la médecine générale que pour la
qualité des soins dispensés. Le consensus est
aujourd’hui total autour des mesures à prendre pour que
les étudiants choisissent de nouveau la médecine
générale :
-
initiation précoce des étudiants en médecine à la
médecine générale.
-
formation des spécialistes en médecine générale de
premier recours durant le troisième cycle.
-
maintien et mise à jour des connaissances tout au
long du parcours professionnel.
Ces mesures nécessiteront
un corps enseignant de qualité et des enseignants
titulaires en nombre adapté. Il en va de la réussite de
l’ambitieuse réforme de notre système de santé annoncée
par le Président de la République.
La disproportion entre le
nombre d’enseignants en médecine générale et ceux des
autres spécialités médicales, comparativement au nombre
d’étudiants et d’internes en formation, est un obstacle
à une formation initiale et continue de qualité des
généralistes. L’insuffisance de maîtres de stages des
deuxièmes et troisièmes cycles, enseignants cliniciens
ambulatoires indispensables, et l’insuffisance
d’enseignants universitaires de tous grades constituent
une incohérence vis-à-vis de la réforme de notre système
de protection sanitaire.
Face aux errements des
politiques passées qui ont conduit aux déséquilibres
actuels de formation, de flux démographiques et donc de
déserts médicaux, un rééquilibrage des moyens
universitaires vers l’enseignement de la spécialité
médecine générale qui forme un médecin sur deux et la
création d’un statut spécifique à l’exercice libéral
sont des objectifs à moyen terme dont la nation a
besoin.
Faute d’un signe fort en
direction du corps des généralistes enseignants, le
malaise actuel tourne au découragement des plus engagés
et à la difficulté de recrutement de nouveaux
enseignants.
La réforme des soins de
ville et l’inscription dans la loi des missions des
médecins généralistes de premier recours sera sans effet
pour la santé de la population sans son pendant
universitaire.
Dans son discours de
Neufchâteau, Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir « «offrir
à tous, sur tout le territoire, un égal accès à des
soins de qualité ». Pour réussir et garantir que nos
concitoyens seront soignés demain, la politique menée
par le gouvernement doit à la fois asseoir et développer
la formation, organiser et structurer un véritable
système de santé.
Les généralistes
enseignants, les étudiants en médecine et les médecins
en formation attendent des gestes forts pour sortir de
la désespérance actuelle.
Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à
l’assurance de mes salutations respectueuses.
Martial OLIVIER-KOEHRET
Président
Contact :
-
Dr
Martial OLIVIER-KOEHRET 06 18 45 90 36
-
Dr
Thierry LE BRUN 06 85 83 64.10
|