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Lettre ouverte à Madame Roselyne BACHELOT Version imprimable Suggérer par mail
21-04-2008
MGFrance adresse une lettre ouverte à Madame Roselyne BACHELOT NARQUIN, Ministre de la Santé de la Jeunesse et des Sports et à Madame Valérie PECRESSE, Ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche pour obtenir des moyens en faveur de l’enseignement de la médecine générale, actuellement en situation dramatique.
 
Texte de la lettre adressée à Madame Roselyne BACHELOT NARQUIN :

Madame la Ministre,

Les EGeOS, Etats Généraux de l’Organisation de la Santé, ont affirmé l’importance de la médecine générale de premier recours dans l’organisation régulée d’un système de soins moderne, performant sur les plans sanitaire et économique.

Le projet de loi que vous porterez en octobre devant le parlement, inscrira durablement dans le Code de la Santé Publique les missions de la médecine générale de premier recours.

La qualité de la formation initiale et continue est déterminante tant pour l’attractivité de la médecine générale que pour la qualité des soins dispensés. Le consensus est aujourd’hui total autour des mesures à prendre pour que les étudiants choisissent de nouveau la médecine générale :

  • initiation précoce des étudiants en médecine à la médecine générale.
  • formation des spécialistes en médecine générale de premier recours durant le troisième cycle.
  • maintien et mise à jour des connaissances tout au long du parcours professionnel.

Ces mesures nécessiteront un corps enseignant de qualité et des enseignants titulaires en nombre adapté. Il en va de la réussite de l’ambitieuse réforme de notre système de santé annoncée par le Président de la République.

La disproportion entre le nombre d’enseignants en médecine générale et ceux des autres spécialités médicales, comparativement au nombre d’étudiants et d’internes en formation, est un obstacle à une formation initiale et continue de qualité des généralistes. L’insuffisance de maîtres de stages des deuxièmes et troisièmes cycles, enseignants cliniciens ambulatoires indispensables, et l’insuffisance d’enseignants universitaires de tous grades constituent une incohérence vis-à-vis de la réforme de notre système de protection sanitaire.

Face aux errements des politiques passées qui ont conduit aux déséquilibres actuels de formation, de flux démographiques et donc de déserts médicaux, un rééquilibrage des moyens universitaires vers l’enseignement de la spécialité médecine générale qui forme un médecin sur deux et la création d’un statut spécifique à l’exercice libéral sont des objectifs à moyen terme dont la nation a besoin.

Faute d’un signe fort en direction du corps des généralistes enseignants, le malaise actuel tourne au découragement des plus engagés et à la difficulté de recrutement de nouveaux enseignants.

La réforme des soins de ville et l’inscription dans la loi des missions des médecins généralistes de premier recours sera sans effet pour la santé de la population sans son pendant universitaire.

Dans son discours de Neufchâteau, Nicolas Sarkozy a affirmé vouloir « «offrir à tous, sur tout le territoire, un égal accès à des soins de qualité ». Pour réussir et garantir que nos concitoyens seront soignés demain, la politique menée par le gouvernement doit à la fois asseoir et développer la formation, organiser et structurer un véritable système de santé.

Les généralistes enseignants, les étudiants en médecine et les médecins en formation attendent des gestes forts pour sortir de la désespérance actuelle.
Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de mes salutations respectueuses.


Martial OLIVIER-KOEHRET
Président

 

Contact :

  • Dr Martial OLIVIER-KOEHRET 06 18 45 90 36
  • Dr Thierry LE BRUN 06 85 83 64.10

 

 
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