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Coopération inter-professionnelle, fondement de l’organisation de la santé Suggérer par mail

Colloque du 03/04/08 au Palais du Luxembourg


Développer le partage des tâches entre les professions de santé, tel est le  voeux développé par MG France lors de son  colloque sur les soins primaires coordonnés le mercredi 2 avril 2008, au Palais du Luxembourg.

 

Coopération inter-professionnelle, fondement de l'organisation de la santé

Colloque au Palais du Luxembourg

15 ter rue de Vaugirard 75006 Paris

le 2 avril 2008 de 14 heures  à 18 heures

Avec le parrainage de Monsieur Nicolas About

 

>> Intervention du Président de MG France

>> Discours de Mme Bachelot, Ministre de la santé

>> Photos

 
Intervention de Martial OLIVIER-KOEHRET - Président de MG France
     Les représentants des professions  de santé de ville et les représentants des étudiants de ces professions ont exprimé avec conviction lors du colloque organisé par MG-France au palais Luxembourg leur volonté de développer les coopérations interprofessionnelles.

Pour maintenir l'accès aux soins, il faut des acteurs et il faudra mener une politique courageuse forte cohérente pour inverser la tendance actuelle de désengagement. Les Egos 1 ont mis en évidence la nécessité de redonner de l'attractivité à la médecine générale pour conserver des acteurs du premier recours

Des acteurs présents sur tout le territoire pour tous les patients avec une réponse organisée sur l'ensemble des plages horaires
Cela fait partie de notre responsabilité, nous sommes prêts à l'assumer

  • Sur tout le territoire condition première de l'accès aux soins,
  • Pour tous les patients, au-delà des cmu que les médecins généralistes prennent largement en charge, cela concerne les patients pour lesquels nous devons passer la main faute d'une coopération possible en ville simple et accessible, pose d'une perfusions par exemple, et que nous devons envoyer à l'hôpital
  • Une réponse organisée sur l'ensemble des plages horaires avec le développement des régulations généralistes des appels à même d'orienter ou de donner un conseil médical a toute heure

Le premier recours c'est ensemble de service dont la population a besoin à proximité de son lieu de d'habitation en ce qui concerne sa santé. La logique doit être organisationnelle et territoriale.
Il faut  partir des besoins de la population :

  • de quoi les gens ont besoin à coté de chez eux? 
  •  Qui peut faire ce travail sur l'ensemble du territoire?
  •  Quels sont les besoins de formation initiale et continue des professionnels qui les prennent en charge?

Il faut pour cela des actes forts et des moyens, l'acte fondateur est l'inscription des missions de la médecine générale dans la Loi car les acteurs du premier recours ont besoin d'existence de reconnaissance d'une lisibilité de leurs actions
Le premier recours ainsi conforté, l'équipe de soin ambulatoire deviendra visible.
Pharmaciens, infirmières, biologistes, dentistes, kiné, sages-femmes, orthoptistes travaillent ensemble au quotidien.
Leur apport est aujourd'hui incomparable à la santé de nos concitoyens.
Demain leurs actions mieux coordonnées vont redonner sens et cohérence à la prise en charge de la santé de tous.

Il faut pour cela de la fluidité.
De l'huile dans les rouages plus que des décrets, des arrêtés, des circulaires, pour que les professionnels sortent de leur isolement et travaillent ensemble au quotidien.
Il faut travailler ensemble avec la valeur ajoutée de la coordination au-delà de la somme des actes des uns et des autres.
Il faudra préciser les responsabilités des uns et des autres dans cette unité fonctionnelle regroupée dans les mêmes locaux ou dans une logique de coopération sur un territoire. La notion de territoire de santé est aujourd'hui largement partagée.
Il faut préciser les responsabilités, formaliser la décision médicale, développer des formations interprofessionnelles, assurer la transparence des protocoles assis sur des recommandations validées
Définir les niveaux de recours.

Car il nous faut des recommandations validées autant que les moyens que nous continuerons logiquement à demander

Notamment des rémunérations forfaitaires seules capables de prendre en compte, les spécificités

  • - territoriales
  • - organisationnelles
  • - santé publique et prévention
  • - coordination
  • - éducation thérapeutique
  • - prise en charge des maladies chroniques

La prise en charge des maladies chroniques à elle seule rend nécessaire l'organisation des acteurs avec des modes d'emplois clairs pour les patients  L'équipe de soin ambulatoire devenue lisible et visible développera en bonne intelligence ses coopérations et chacun aura sa place pharmaciens, infirmières, biologistes, dentistes, kiné, sages-femmes, orthoptistes et aussi podologues diététiciens, psychologues ou psychomotricien car dans cette approche cohérente de nouveaux métiers peuvent émerger et trouver leur place de nouveaux métiers aussi dans les cabinets comme les auxiliaires dentaires

Les acteurs réunis entendent mener une action résolue dans le cadre de la reforme  pour affirmer l'équipe de soin ambulatoire au regard de l'équipe de soin hospitalière.
Tout cela est possible
Il faut améliorer les relations et les coopérations ville hôpital
Car la régulation n'est pas un gros mot
C'est la volonté d'engager au regard de l'état de santé du patient les actes et prestations dont il a besoin ni plus ni moins.

Ainsi nous pourrons mieux soigner nos concitoyens, avec des professionnels fiers de leur métier, des patients soignés dans de bonnes conditions et des dépenses de santé régulées.

 

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Discours de Roselyne BACHELOT-NARQUIN
Ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative
A l’occasion du colloque organisé par MG France « Les soins primaires coordonnés : l’organisation du système de santé de demain » -Mercredi 2 avril 2008- SÉNAT
  Mesdames et messieurs,

Je voudrais tout d'abord remercier Nicolas About d'accueillir aujourd'hui, en cette haute assemblée, où j'ai toujours plaisir à me rendre, des professionnels de santé soucieux de leur avenir, désireux de favoriser l'amélioration qualitative de notre système de soins.

La réflexion que vous menez sur la coopération interprofessionnelle se situe au cœur de mon projet de modernisation. L'évolution de vos métiers détermine, en effet, bien des progrès.

La qualité de notre système de soins dépend pour beaucoup du travail de celles et de ceux qui ont choisi de placer leurs compétences et leur énergie au service des malades. Comment mieux travailler pour mieux soigner, telle est, concrètement, la question qui se pose à nous, en cette période de large concertation.

Les réponses qui peuvent être ici apportées ne se déduisent d'aucun a priori. Elles dérivent de l'expérience, de votre expérience dont les E.G.O.S. ont pour moi vocation à restituer clairement le contenu.

La réforme que notre pays attend ne saurait être, en effet, imposée d'en haut, préfabriquée, technocratique. Elle ne doit pas, pour réussir, susciter une adhésion simplement formelle. Il est indispensable qu'elle puisse incarner une volonté commune. La méthode que j'ai choisie et à laquelle je me tiendrai, implique une conviction partagée, un engagement solidaire.

Si j'ai souhaité vous écouter, après avoir recueilli les fruits d'une expertise de grande qualité, c'est pour mieux répondre aux attentes de nos concitoyens. Cette réponse, en effet, vous-seuls, par votre travail, par vos pratiques au quotidien, en démultiplierez l'écho, en traduirez les bénéfices.

Je connais les vertus du droit. J'en connais aussi les limites. Je sais que l'esprit des lois, pour modifier le réel, doit irriguer la pratique. Aussi, ne craignez pas d'avoir à supporter les conséquences d'une réforme abstraite, une de plus, une de trop !

C'est d'abord, en effet, à l'effectivité, à l'opérationnalité des mesures que nous prendrons, que je veux aujourd'hui penser. Ainsi, je partage avec vous la conviction que seule une évolution des pratiques favorable aux professionnels de santé peut favoriser, au bénéfice des patients, l'amélioration au long cours de notre système de soins.

La qualité du service rendu dépend d'abord, très concrètement, de l'organisation globale des ressources assurant sa production. Les patients seraient, à l'inverse, les premiers à pâtir de la dégradation de vos conditions de travail.

Il est donc indispensable, à mes yeux, de desserrer les contraintes auxquelles médecins et soignants sont trop souvent assujettis pour permettre à chacun de mieux satisfaire les exigences spécifiques à ses fonctions. Vos activités, comme chacun sait, sont, par construction, dévoreuses de temps. Votre travail est d'autant plus menacé par l'émiettement que votre isolement vous interdit de consacrer votre énergie à exercer au mieux vos fonctions propres.

Chacun souhaiterait pouvoir se concentrer davantage sur son cœur de métier. Chacun voudrait être en mesure d'exploiter au mieux ses compétences. Dans cette optique, le projet de loi de modernisation de l'organisation de la santé que je porterai, dès l'automne, devant le parlement, accordera la place qu'elle mérite à la question du partage des tâches.

Comment faire pour disposer des meilleures ressources, au meilleur endroit, au meilleur moment ?

Comment faire pour tirer vers le haut l'exercice de vos métiers respectifs ?

Ces deux questions se rejoignent. Sachons saisir l'occasion qui nous est offerte pour y répondre ensemble !

Il paraît utile, en ce sens, de réfléchir sans tabou aux modalités qui permettront d'assurer la formation initiale et la formation continue les mieux adaptées à cette exigence.

Pour garantir à chacun de meilleures conditions d'exercice, le partage du travail, valorisant au mieux les compétences de chacun, semble ouvrir une perspective intéressante. L'installation de maisons de santé pluridisciplinaires pourrait ainsi permettre l'émergence de formes inédites d'exercices regroupés.

Cette solution innovante a été amplement discutée lors des E.G.O.S. La réflexion mûrit. Je suis heureuse de constater le vif intérêt qu'elle suscite. Je serai, sur ce point, particulièrement attentive à vos conclusions et à vos propositions.

*

Dans une même perspective, il nous revient d'apprécier l'opportunité d'un transfert actif et contrôlé de l'activité du médecin vers ses partenaires. Notre seul objectif est, ici, d'améliorer la qualité de la prise en charge globale des patients sur l'ensemble du territoire.

Médecins, infirmiers, sages-femmes, ne sont pas interchangeables, bien sûr. Il convient, cependant, de mieux tirer parti de leur complémentarité, d'ouvrir des ponts, quand c'est nécessaire. La revalorisation de la médecine de premier recours suppose, de toute évidence, d'inventer de nouvelles formes de coopération.

S'agissant des spécialités, il convient d'envisager, pour certains actes techniques, et dans des cas très spécifiques, une évolution des modes de collaborations des médecins et des chirurgiens avec d'autres professionnels de santé. Je pense naturellement à la gynécologie-obstétrique, l'ophtalmologie, à l'anesthésie, la chirurgie ou encore l'odontologie. Concernant ces professions, je souhaite que vous me fassiez part, rapidement, de vos pistes de réflexion.

N'oublions pas, enfin, d'accorder aux pharmaciens toute l'attention qu'ils méritent, compte tenu de leurs compétences propres et de leurs fonctions spécifiques, de manière à repenser leur rôle dans l'accès aux soins de premier recours.

Sur ce sujet, comme sur d'autres, il nous revient aujourd'hui de faire preuve à la fois d'audace et de pragmatisme.

Je suis particulièrement heureuse que les états généraux aient donné aux professionnels de santé l'occasion de penser par eux-mêmes l'avenir de leur métier et le devenir d'un système de soins dont ils sont les véritables maîtres d'œuvre.

Je voudrais ainsi, pour terminer, m'adresser plus particulièrement aux jeunes mais aussi à tous ceux qui assument la responsabilité cruciale de leur formation. Les réponses que nous saurons apporter aux questions que je viens d'esquisser engagent votre avenir.

Je compte sur vous, sur votre acuité particulière, sur votre sens des responsabilités aussi, pour nourrir sans complaisance la réflexion ouverte aujourd'hui, quitte à bousculer parfois quelques idées reçues, à contrarier quelques tropismes.

Nous devons nous tourner sans préjugé vers l'avenir et saisir l'occasion qui nous est offerte de consolider, de fortifier notre édifice de santé. Il s'agit de notre patrimoine commun, d'un patrimoine dont nos concitoyens sont fiers, à juste titre.

C'est ensemble qu'il nous revient aujourd'hui de travailler, comme si nous étions placés sous le regard des générations futures, à la réforme de notre système de soins.

C'est avec vous, c'est à votre écoute, que je veux établir, dans un esprit de concorde et de concertation, les conditions favorables à l'évolution de vos pratiques.

Voilà ce que je tenais à vous dire.

Je vous remercie.

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