Les syndicats signataires de la convention et minoritaires chez les médecins libéraux affichent une colère de façade contre le PLFSS et menacent comme au théâtre de quitter la convention. Dans le même temps, ils s'empressent de signer en toute discrétion quelques avenants conventionnels.
Ces avenants valorisent les spécialistes d'organe, pompent un peu plus les finances publiques et interdisent donc en pratique l'augmentation promise de la consultation des généralistes en 2008.
En aggravant délibérément le "deux poids, deux mesures", "sous conditions" pour les généralistes, "sans délai" pour les spécialistes d'organe, l'Assurance Maladie prend une grave responsabilité devant les médecins installés, les futurs médecins, les pouvoirs publics et les responsables institutionnels.
La Cour des Comptes a dressé avec lucidité le bilan de la convention de janvier 2005: aggravation des déficits, désorganisation territoriale, crise démographique des médecins généralistes, opacités tarifaires, mise en cause de l'accès aux soins. La réorganisation efficace du système de soins suppose la mise à plat de ce dispositif conventionnel qui a failli sur le plan organisationnel comme sur le plan financier.
Comment participer sereinement aux Etats Généraux de l'Organisation des Soins ouverts par le Gouvernement alors que la politique conventionnelle organise depuis 2005 la casse de la médecine générale et des soins de ville ?
MG France, premier syndicat de médecins généralistes, répète avec constance et obstination que l'organisation des soins passe par la définition du rôle et des missions de chacun. Le premier recours, maillon indispensable, ne doit plus être négligé ou contourné mais au contraire valorisé et conforté. L'allocation des moyens professionnels au regard des missions de chaque acteur préservera la protection sociale et la qualité des soins.