bouton-aide.png
Menu MG France
Accéder à nos sites associés
Lettre au Président de la République Version imprimable Suggérer par mail
29-04-2002
Communiqué de Presse
du 29 avril 2002
   

Lettre au Président de la République


Monsieur Jacques Chirac, Président de la République

 

C’est à vous seul que nous nous adressons comme Président d’aujourd’hui et Président pour demain.

En effet, s’il devait en être autrement, sachez que notre organisation syndicale saurait immédiatement transformer sa fonction de défense des intérêts matériels et moraux de notre profession, en défense des libertés d’expression, d’association et de représentation dans les valeurs fondamentales de notre République que sont la liberté, l’égalité et la fraternité des citoyens en dehors de toute discrimination. Valeurs d’autant plus fondamentales quand les plus faibles et  les malades relèvent  de la responsabilité propre des soignants.

Dans une semaine vous choisirez un nouveau premier ministre et celui-ci portera la lourde responsabilité des décisions du premier mois suivant votre élection. Ce sera le premier mois de votre mandat, ce sera aussi un mois de campagne donc aussi un mois pour convaincre. 

Vous vous êtes largement prononcé en faveur de la sécurité sociale publique, sur la place prépondérante et l’implication nécessaire des acteurs sociaux, et notamment des professionnels libéraux,. Vous avez affirmé l’importance du contrat négocié et vous nous avez dit avoir définitivement tourné le dos aux dispositifs technocratiques et purement mécanistes de régulation  pour vous tourner vers une délégation de confiance dans une responsabilité partagée. 

Monsieur le Président, toutes les organisations professionnelles, seules ou avec le CNPS ont anticipé sur la rénovation du contrat social et ont, par ce fait,  probablement participé  à la construction de votre vision pour demain ; elles attendent dès ce premier mois de votre  législature des signes forts. 

Et d’abord de les accompagner, sans discontinuité,  dans le chantier de construction du nouveau contrat social que la totalité des professions libérales ont mis en route avec les Caisses d’assurance maladie dans leur réunion inaugurale du 12 Avril. 

Un socle interprofessionnel, revendication ancienne du CNPS est enfin en cours d’élaboration, et il a été convenu d’en faire une première ébauche avant l’été, les travaux ne doivent pas être retardés. 

Il faut aussi faire renaître chez ceux qui l’ont perdu, l’esprit du partenariat, de la négociation et du contrat reposant sur la confiance, et pour cela mettre en route au plus tôt les accords déjà signés avec plusieurs professions  concernant les tarifs ou la nomenclatures. Les temps sont troublés, et tout retard favorise une agitation qui  renforce le poujadisme et fait le lit des extrémismes.  

Monsieur le Président, vous avez dit votre choix de mettre le Médecin Généraliste aux avant postes de la santé, vous avez annoncé que la rémunération de son travail devait être revalorisée dans un contrat rénové. Vous savez l’attente de nos confrères qui souhaitent, au delà d’une reconnaissance justifiée de leur fonction, « travailler mieux et vivre mieux », alors aucun frein ne doit être mis à la rénovation en cours de notre convention, car  nous devons pouvoir aboutir, comme nous nous y sommes engagés conventionnellement, avant la fin du mois de Juin. 

Les mêmes circonstances exceptionnelles qui nous ont fait sortir du champ proprement syndical en investissant les consignes de vote nous incitent à poser des demandes exceptionnelles. 

Pour construire dans le contrat et tourner le dos au poujadisme, il faut apaiser, il faut poser des perspectives. 

Pour apaiser, il nous faut pouvoir amnistier les excès, notamment tarifaires qui ont eu lieu pendant le conflit et pouvoir revenir sereinement au respect des tarifs, base du contrat assumé

Pour poser des perspectives, il faut nous  doter des moyens nécessaires nous permettant d’inscrire dans le contrat rénové la juste rémunération que vous appelez pour les médecins généralistes.  Véritable spécialité, la valeur de la Consultation du Généraliste à 20 euros  est l’étape première vers  une rémunération identique aux autres spécialités à inscrire au plus vite dans la Classification Commune des Actes Médicaux. 

Monsieur le Président de la République, vous savez l’esprit de responsabilité dont notre organisation a déjà fait la preuve dans les moments difficiles de la réforme. Vous savez aussi sa détermination à porter les revendications professionnelles légitimes dans un cadre conventionnel spécifique aux généraliste. 

Nous attendons de votre premier gouvernement qu’il nous permette de poursuivre notre engagement, au sein d’un système de soins basé sur la solidarité, le contrat, la qualité des soins pour chacun dans un égal accès pour tous. 

 

Docteur Pierre Costes
Président de MG France

 
Charte du site  MG France - 13  rue Fernand Léger, 75020 PARIS - téléphone : 01.43.13.13.13 Webmaster
 © Medsyn 2012 - Tous droits réservés