Q- MGF a lancé le 10 décembre un mouvement de revendication pour la reconnaissance universitaire et tarifaire de la Médecine générale: où en êtes vous? Appelez vous les médecins généralistes à inscrire CS sur leurs feuilles de soins?
MG-France a appelé dès décembre à des réunions départementales de l'ensemble des médecins généralistes pour décider des moyens à utiliser pour obtenir la reconnaissance tarifaire et universitaire.
De nombreuses rencontres locales ont eu lieu. La Drôme a d'emblée décidé d'un mouvement revendicatif fort et d'appeler les médecins généralistes à inscrire CS sur les feuilles de soins papier, donc à cesser également la télétransmission de leurs actes quotidiens.
D'autres départements dont les bretons relayent des mots d'ordre équivalents.
La Normandie lance d'autres actions et cible la télétransmission des feuilles de soins et la qualification de spécialiste en médecine générale.Pendant ce temps l'assurance maladie, fidèle à elle-même sort les carnets à souches et délivrent les PV.
Prescriptions, Arrets de travail, Télétransmission, Ordonnancier bi-zone, tout est prétexte à un acharnement à l'encontre des généralistes.
Dans le Vaucluse, des dizaines de médecins généralistes sont la cible de l'assurance-maladie et se voient notifier des amendes de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d'euros. Un mouvement unitaire, MG-France, FMF, EG se met en place pour défendre les collègues de ce département.
Q- S'agit-il d'une initiative isolée ou le mouvement peut-il s'étendre?
Face à la crise démographique sans précédent qui menace l'existence même de la médecine générale, refus des étudiants de s'orienter vers la médecine générale, départ en retraite programmé à court terme de près de la moitié des généralistes installés, nombreuses reconversions de médecins généralistes libéraux vers la médecine salariée, la profession ne peut que se mobiliser.
Face à la carence des pouvoirs publics qui ne garantissent plus la présence de généralistes sur tout le territoire, les généralistes attachés à leur métier et la qualité des soins vont se mobiliser et expliquer sans relâche à la population le risque sanitaire que représente la disparition organisée de la médecine générale, médecine du premier recours.
MG-France premier syndicat de généralistes se devait de lancer l'action, la FMF et EG ont rejoint la dynamique, c'est donc bien l'ensemble des forces vives de la profession généraliste qui se mobilise.
Q-Etes vous entendu?
Le gouvernement multiplie depuis de nombreux mois les annonces médiatiques. Elles restent sans traduction concrète. Avec quelques postes d'enseignants en lieu et place de la filière universitaire de médecine générale, le gouvernement cherche à gagner du temps.
L'assurance-maladie organise une nouvelle séance de discussions, sont invités les syndicats minoritaires peu revendicatifs alors que les syndicats majoritaires et surtout leurs revendications légitimes sont ignorés.
On nous fait miroiter quelques euros sur l'acte alors que nous réclamons l'équité entre les spécialités et le rattrapage du différentiel de moyens entre la médecine générale et les autres spécialités
L'accès aux soins, droit constitutionnel, n'est plus garanti aujourd'hui. La France entre en débat présidentiel, c'est l'occasion des choix essentiels du pays.
Choisir la médecine générale, c'est choisir la proximité, la qualité des soins et l'accès aux soins pour tous.
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