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Gilles URBEJTEL : Responsable du dossier DMP à MG France |
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09-11-2006 |
Forum : Le DMP ne cesse de faire la une de la communication ministérielle. Un avant-projet de décret circule. Comme responsable MG France, quel regard portez vous sur ce projet.
Gilles URBEJTEL : Depuis l'annonce d'un dossier médical électronique pour tous en 2007 par Philippe Douste-Blazy, on aura tout vu. Dossier médical pour soigner, dossier médical pour contrôler, dossier médical pour maîtriser, dossier médical partagé, puis dossier médical personnel, le projet n'arrête pas de muter. Au vu du projet de décret, qui ne tient aucun compte des nombreuses remarques ou exigences des médecins généralistes de terrain portées par MG France, on ne peut pas considérer aujourd'hui ce DMP comme un outil professionnel.
Forum : Que faudrait il pour en faire un outil au service du patient et du médecin ?
Gilles URBEJTEL : Pour que le DMP, « Dossier Médical Personnel », soit un outil véritablement utile, il faudrait d'abord que le décret mentionne explicitement l'envoi systématique et simultané au médecin traitant de tous les documents destinés à ce dossier. Comment concevoir un médecin traitant efficace si il n'est pas reconnu comme premier interlocuteur et responsable de la coordination ? Comment demander au médecin traitant d'assumer ses missions, si il ne dispose pas en temps réel, et sans avoir besoin d'aller la chercher, de l'information produite dans le système de soins. Y compris hospitalier.
Forum : Cela suffirait pour porter un avis favorable au projet de décret ?
Gilles URBEJTEL : Bien évidemment non. Fondamentalement, puisque le masquage des données a été accordé au patient, ce qui semble parfaitement légitime pour MG France, il est indispensable que le décret stipule clairement que ce masquage engage la responsabilité du patient et limite celle du professionnel de santé. En premier lieu celle du médecin traitant en charge de la coordination des soins. Au-delà de cet élément de fond, la question des moyens est essentielle. Nous avons des exigences professionnelles en terme de prise en compte du temps passé, d'amélioration fonctionnelle des outils disponibles, de prise en charge des adaptations logicielles nécessaires et de rémunération des tâches ajoutées. Ces exigences appellent des moyens pour les médecins libéraux du même ordre que ceux qui sont déployés à l'hôpital pour assurer cette gestion du DMP.
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