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Pierre Costes : Rien prévu pour protéger les nouveaux installés ? Version imprimable Suggérer par mail
03-04-2006
 
Questions au Dr Pierre COSTES, Président de MG France, interrogé par Yassine BOUAKAZ, Président du Syndicat National des Jeunes Généralistes .
(Interview en date du 3 Février 2006)




Yassine BOUAKAZ :
Acceptez-vous que la dernière convention  n'ai rien prévu pour protéger les nouveaux installés ?

Dr Pierre COSTES : Non, et nous refusons plus largement l'ensemble de la convention. Si une majorité de MG se porte sur les listes « d'union pour la médecine générale », présentées par MG France dans toutes les régions aux élections de Mai 2006, alors, de droit, nous pourrons négocier un accord spécifique et conforme aux attentes des MG




Y.B :
Estimez-vous suffisant le moratoire tel qu'il existe en janvier 2006 ?

Pierre Costes : Non, et même allongé sur dix ans, le moratoire « sur le papier » ne peut suffire à faciliter le début de l'exercice. Il faut d'autres mesures concrètes.




Y.B :
Acceptez-vous la possibilité de mesures coercitives à l'installation ?

Pierre Costes : Absolument non, et les simples annonces d'éventuelles coercitions aggravent toujours plus le non choix pour l'exercice de la MG

 


Y.B : Etes-vous favorable à une amélioration de la couverture maladie des médecins

Pierre Costes : Oui certainement. Il faut inventer une protection sociale spécifique. L'insuffisance actuelle de protection sociale explique pour une part le retard à l'installation, le choix préférentiel pour l'exercice en établissement ou en salariat, et le départ prématuré des médecins généralistes installés.

 


Y.B : Acceptez-vous que le médecin traitant ne soit pas systématiquement un médecin généraliste ?

Pierre Costes :  Clairement non. De principe et par définition, « médecin généraliste » et « Médecin Traitant doivent être  synonymes. Cela est inscrit dans les cinq points fondamentaux de MG France, plateforme initiale de bientôt 20 ans

 

 



Y.B : Acceptez vous l'actuel système de signalement du parcours de soins ?

Pierre Costes :  Non. Comme l'essentiel des mesures bureaucratiques et administratives de cette convention, que nous avons refusé de signer. Avec une majorité aux élections, nous pourrons faire tomber ces dispositifs complexes et valoriser à nouveau le généraliste dans sa fonction.

 



Y.B : Etes-vous favorable à la pérennisation de l'Option Médecin Référent sous une forme adaptée au médecin traitant ?

Pierre Costes : Vraiment oui. Le nom change peut être, mais tous les avantages du médecin référent, formation rémunérée, forfait annuel de 46 euros par patients...  doivent être ouverts à la totalité des médecins généralistes médecins traitant et pour la totalité de leur patient.

 



Y.B : Estimez-vous suffisant le contrat de collaborateur paru en 2005 ?

Pierre Costes : Non. Mais c'est un début qui doit être développé sous les formes les mieux adaptées dans l'intérêt des jeunes et des seniors.

 



Y.B : Etes-vous favorable à  un statut de collaborateur salarié ?

Pierre Costes : Oui. Mais ce statut salarié doit coexister, au libre choix du médecin, avec un statut libéral




Y.B :
Etes-vous favorable à la transformation du vote aux URML en véritable élection professionnelle ?

Pierre Costes : Les élections aux URML sont des élections régionales, pour construire des outils régionaux en charge des spécificités d'exercice dans la région. Différents entre Paris et le Limousin. Depuis la loi du 13 Août 2004, les élections sont aussi nationales. Les voix obtenues par chaque liste syndicale au niveau de chaque région, sont totalisées au niveau national. Et la règle majoritaire permet de valider ou d'invalider les accords. En clair, une majorité sur les listes généralistes qui refusent la convention, en commençant par les Listes de MG France, permettra de tout changer et d'obtenir le principe d'égalité sur la valeur des actes entre les spécialistes d'organe et de médecine générale, d'obtenir une véritable discipline universitaire avec son enseignement et sa recherche, et des forfaits comme les  référents, pour tous. Ces forfaits doivent être améliorés en ce qui concerne les médecins jeunes installés qui font face à de lourde charge sans nécessairement de clientèle importante.

 



Y.B : Acceptez-vous que le portail des URML ait été financé par l'industrie pharmaceutique ?

Pierre Costes : Non. Mais en faisant  financer le portail URML par l'industrie pharmaceutique, la CSMF et le SML qui pilotent les Unions font ce qu'ils ont toujours fait.

 



Y.B : Acceptez-vous que les formations indépendantes soient mieux reconnues en FMC que les formations financées par l'industrie pharmaceutique ?

Pierre Costes : Oui. MG France est pour une formation indépendante. MG France a créé la FMC indemnisée, indépendante des industriels. C'est bien de le dire, c'est mieux de le faire !  Dans la convention spécifique, nous avons mis en place la FPC. Sur des programmes précis, comme l'usage du TDR pour l'angine, avec le tissu associatif de terrain, MG Form a déployé l'essentiel des actions de proximité. Au total ce sont plus de 22 000 MG qui ont été formés en 18 mois. En toute indépendance

 



Y.B : Etes-vous favorable à la prescription en DCI ?

Pierre Costes : Oui. Non seulement nous y sommes favorable, mais nous l'avions inscrit dans la convention des généralistes. A cette époque, au sein de MG France, il y a eu divergence. Quelques membres ont considéré que prescrire en DCI portait atteinte au droit de libre prescription et ont contesté devant le Conseil d'Etat l'avenant. C'est sur ce refus initial de prescrire en générique DCI porté par le Dr SOPENA qu'est née l'association puis le syndicat divergent de MG France.

 



Y.B : Etes-vous favorable au projet de SNJMG de créer un statut (para) public de praticien contractuel protégent les médecins volontaires lors des gardes ambulatoires ?

Pierre Costes : Oui. La permanence et la continuité des soins relève du médecin généraliste en ce qui concerne les heures ouvrables et la population dont il a la charge comme médecin traitant. Pour le reste, hors ces horaires, pour l'urgence ou pour la population en général, il faut créer un statut, par contrat, qui défini les missions du médecin volontaire et le dote de moyens adaptés.
 

 
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