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Pierre Costes : Reprise des Négociations conventionnelles Version imprimable Suggérer par mail
12-12-2005


FORUM :
Trois jours après votre rencontre avec Xavier Bertrand  Ministre de la santé (*)  et alors que le Directeur de la CNAM entame un nouveau cycle de négociation avec les médecins, MG France était réuni en Assemblée Générale ce week-end. Que peut on en dire ?

Pierre Costes : Avec près de 100 délégués et 82 syndicats départementaux présents ou représentés, ce fut une AG rassemblée, volontaire et déterminée. Dans un  contexte de pression grandissante sur les médecins généralistes, visites des DAM, appels téléphoniques des médecins conseils (maintenant intéressés aux résultats économiques de leurs contrôles), courriers des caisses, les responsables départementaux présents étaient parfaitement conscients des enjeux de la période.



FORUM :
Mais plus précisément ?

Pierre Costes : Cela veut dire que les attentes des généralistes sont fortes. En terme de reconnaissance de leur métier, de leur discipline, et de valorisation de leur spécialité dans le système de soins. Temps de travail, permanence des soins, installation, retraite, remplacement, personnel du cabinet, inflation administrative, droits sociaux et droits  spécifiques des femmes, nombreux sont les problèmes, les attentes légitimes et toujours pas de réponse conventionnelle. Les deux syndicats signataires de la convention n'en finissent pas de discutailler, dans des simulacres de négociations " marathon ", durant des nuits entières, mais ils semblent surtout se préoccuper des problèmes de l'accès direct au psychiatre, du tarif des gynécologues ou d'une baisse d'activité des dermatologues. Rien pour les généralistes, qui vont encore attendre l'année prochaine. Sous réserve qu'ils fassent des économies.



FORUM :
ne va-t-on pas vous accuser de diviser le corps médical et de réactiver la guerre généralistes - spécialistes ?

Pierre Costes : La réforme définit clairement la place du médecin spécialiste d'organe comme spécialiste consultant. Il est donc logique que cet aspect soit pris en compte dans la négociation. Mais centrer toute la discussion  sur le spécialiste-consultant, en se fichant  complètement du généraliste - médecin traitant , c'est inacceptable. Les négociations doivent reprendre, en faveur du généraliste, en lui donnant les moyens nécessaires à sa mission de médecin traitant. Revalorisation généralisée de la consultation de base à 25 euros, extension du forfait ALD (aligné sur 2 C) à tous les patients dont le généraliste a la charge, simplifications administratives, mesures spécifiques visant à corriger les effets de la démographie etc.... Il est temps de négocier, effectivement, la convention " médecin traitant " et de mettre un terme aux " deux poids, deux mesures ".



FORUM :
Cela signifie que MG France veut revenir dans la négociation ?

Pierre COSTES : Au mois de Mai, les généralistes vont devoir se prononcer.  C'est eux qui décideront. Aujourd'hui c'est rien sur le C, rien su le Forfait, rien sur les conditions d'exercice, pire encore, c'est annonce de fermeture pour les référents ! Il faut que cela change. La loi donne désormais la parole aux médecins, à travers des élections dont les résultats permettent aux syndicats de valider ou de s'opposer aux accords signés. En votant, les médecins généralistes donneront la réponse. En ce qui nous concerne, nous aurons partout des listes " d'Union pour la Médecine Générale " présentées par MG France. Ouvertes à tous ceux qui veulent que cela change. Pour rassembler et faire gagner la médecine générale et qu'effectivement cela change pour les généralistes, tous les généralistes.



FORUM :  Avez-vous abordé le thème " Grippe Aviaire " dont les autorités parlent de plus en plus ?

Pïerre COSTES : Effectivement. Pour demander des informations et des moyens pour les médecins généralistes. Chaque année, les MG prennent en charge 99% des cas de grippe. En cas de pandémie grippale, aviaire ou non, ce sera la même chose. Avec peut être 10 à 20 000 généralistes malades si aucune précaution n'était prise, ni aucun moyens fournis. On sait que les containers de masque sont arrivés dans le Hôpitaux, on sait que leur personnel sera doté de médicaments, mais pour l'instant, les généralistes ont les mains nues. Déjà aujourd'hui, quand un généraliste est confronté à un cas dit " suspect " (par exemple tableau de grippe chez une personne ayant séjourné dans les 2 semaines précédentes en zone endémique H5N1), après un appel au 15 ou au Samu, il voit arriver une équipe médicale, avec lunettes, gants, masque et combinaison ! Quand lui n'a aucun équipement. C'est le comble de notre système de santé français. Aucun moyen pour la médecine de première ligne.  Sans vouloir en rajouter sur le risque, ni jouer la dramatisation, MG France a décidé de répondre aux interrogations légitimes des confrères de terrain, par une série de rencontres en soirée de formation, avec usage du matériel de protection et autre kit de prélèvement, qui débuteront en Janvier pour durer 18 à 24 mois. En souhaitant que rien n'arrive d'ici là.

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Social-santé-Sécu-réforme-médecins
MG-France demande à Xavier Bertrand des moyens pour les généralistes

  
PARIS, 7 déc 2005 (AFP) - Le président du syndicat de médecins généralistes MG-France, Pierre Costes, reçu mercredi par le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a indiqué à l'AFP lui avoir demandé "d'investir économiquement et structurellement" en faveur de la médecine générale.

   "On lui a demandé d'investir économiquement et structurellement en faveur de la médecine de première ligne", a indiqué Pierre Costes.

Evoquant la mise en place du médecin traitant, M. Costes a précisé avoir dit à M. Bertrand "qu'on ne pouvait pas charger la médecine générale de missions de qualité de soins, de santé publique et de responsabilité économique, sans lui donner les moyens de répondre à ces objectifs".

  "On lui a démontré que le pays investissait depuis quinze ans toujours plus dans la médecine spécialisée, mais qu'il ne donnait pas les moyens aux généralistes d'être présents", a-t-il ajouté.

   "La conséquence, c'est la désertification des zones difficiles, c'est les étudiants qui ne choisissent pas la médecine générale comme spécialité, c'est les difficultés de la permanence des soins", a-t-il poursuivi.

   "C'est le résultat d'une politique nationale qui dans les discours parle de médecine générale et dans les faits, à travers la convention, ne s'occupe que de la médecine spécialisée", a estimé M. Costes.

   Le ministre "a eu l'air d'être sensible à cet exposé et à ces enjeux. Mais au-delà de la conscience, il nous faut maintenant un investissement", a indiqué le président de MG-France.

   M. Bertrand et M. Costes ont également abordé la question de la disparition programmée du dispositif du "médecin référent", appelé à se fondre avec celui du médecin traitant.

   "On lui a dit que toucher au statut du médecin référent, c'était
décrédibiliser le discours sur le médecin traitant", a indiqué M Costes.


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