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Pierre Costes : Conférence de presse de MG France du 27 oct Version imprimable Suggérer par mail
27-10-2005
    

Conférence de presse de MG France

 Pierre Costes  27 octobre 2005

 

Xavier Bertrand annonce que l'année qui vient sera  « l'année  de la médecine générale ». Comme Président du syndicat de généraliste MG France, vous devriez être satisfait ?

Ce ne sont pas les mots qui comptent, mais la réalité des actes. Et cette réalité est très inquiétante. ASV, CCAM, Nomenclature, Honoraires, Convention, Médecin référent. Les décisions s'enchaînent. Toutes défavorables à la médecine générale. Un point commun qui devient de plus en plus clair. Tout faire pour ne pas avoir à valoriser la rémunération des généralistes. Y compris en refusant d'en faire une spécialité pleine et entière se traduisant par l'égalité du C au CS.

Les signataires tout comme les caisses et le ministre semblent contents des premiers résultats du parcours de soins et de la maîtrise.

Je ne sais pas si les patients et les assurés expriment le même contentement. D'autant que depuis l'annonce du parcours, c'est l'envolée des tarifs spécialisés. De fait le CS de base est passé à 40 euros, sous forme de C2 ou de DE ou de DP ou de Secteur II. Les chiffres parlent d'eux même. En 2004, il y avait moins de 1 000 cotation en « C 2 »  par mois. Actuellement cela  tourne à 450 000 « C 2 » par mois. Et ce nombre ne cesse de progresser. Sans pour autant que patients ou généralistes médecins traitants en ressentent les effets en terme de coordination et de qualité des soins. Pendant ce temps les cotisations sociales ou complémentaires sont à la hausse, les recettes de pochent sont réactivées, et le ministre menace les médecins du secteur I de sanctions en exigeant d'eux  toujours plus d'effort de maîtrise. Comprenez que nous ne partagions pas cette satisfaction.

Quel rapport entre l'ASV, le référent, la spécialité Universitaire et la valeur du C  ? Ces dossiers semblent  de nature différente. Ne tombez vous pas dans l'électoralisme systématique ?

Valoriser le C, autrement qu'une fois tous les 4 ou 5 ans, c'est sortir l'ASV de ses difficultés. Avec un C du généraliste à 25 euros, et régulièrement valorisé, ce qui serait légitime, l'ASV serait sauvé. Sous prétextes d'équilibre économique, C'est la voie contraire qui est choisi par le gouvernement. Le PLFSS veut supprimer l'indexation sur le C et sortir l'ASV du champ de la négociation. Pourtant la loi du 13 Août 2004 avait fait de l'assiette des cotisations  et du pourcentage de  participation  des caisses aux cotisations sociales des médecins conventionnés un élément fort de la convention. Décider le contraire dans le PLFSS 2006. C'est contradictoire. Pire encore. Le projet de loi propose de créer des cotisations nouvelles, sans acquisition de point, sous forme de stabilisateur économique, et  remet en question la valeur des points acquis par les cotisations passées. C'est inacceptable.

MG France a récemment fortement protesté en exigeant la création d'une Section Médecine Générale au sein du CNU,  comme si la spécialité MG était remise en cause ? Expliquez nous.

C'est une véritable provocation pour les médecins généraliste et la médecine générale. Le gouvernement est plus sensible aux pétitions de femmes signées en salle d'attente des Gynéco, et aux gesticulations d'un urgentiste hospitalier qu'au demandes raisonnables et justifiées d'une discipline essentielle dans tout système de santé. Faire de la gynéco médicale et de l'urgence des spécialités universitaires autonomes sans avoir au préalable reconnue la médecine générale révèle la réalité profonde d'un ministre qui cause plus qu'il ne fait. En refusant de créer par un simple arrêté la section Médecine générale au sein du Conseil National des Universités, il casse la justification d'un C égal de principe au CS (25 euros actuellement), il refuse la titularisation des enseignants de médecine générale et leur droit à attribuer les diplômes de spécialités (qui resteront attribués par les cardios, gastros, etc... et maintenant gynéco ou urgentistes)et il ferme toute possibilité de carrière  d'enseignement ou de recherche aux actuels internes de médecine générale.

Après plusieurs reports et différentes versions, l CCAM technique en version V2 sera obligatoire dans quelques semaines. Cela n'a pas l'air de vous plaire ?

Ce dossier est une caricature pour les généralistes. De multiples versions ont été élaborées, avec 7300 codifications, des modulateurs et de coefficients, faisant de cet outil une véritable usine à gaz. Les syndicats de spécialistes semblent contents, d'autant qu'ils ont obtenu que toute leur activité soit valorisée à la hausse. Avec plus 25 % pour certaines spécialité déclarées « sinistrées » ! Cette codification n'a aucun sens pour décrire la médecine générale. Notre approche est globale, transversale. Nos soins ne sont pas une succession d'actes techniques isolées, la prise en charge en médecine générale s'effectue dans la continuité. En attente d'une reconnaissance de notre spécialité, de son approche transversale et du développement de rémunérations forfaitaires pour ces fonctions, nous refusons la généralisation de la CCAM technique pour les généralistes. Restons en à la NGAP. D'autant que cette CCAM supprime des actes comme les pansement de brûlure au cabinet médical, réservant les cotations au bloc chirurgical.  A quoi il faut rajouter les problèmes liés à la version 1,40 de Sésame Vitale. Cela présage le pire pour le DMP, le Web médecin et surtout la classification clinique qui s'oriente elle aussi sur un découpage en rondelle, un code pour la tension, un pour le poids, un pour l'ordonnance, un pour le temps d'écoute, un pour la durée de la consultation, un pour le RV et un pour le non programmé, bien entendu mélangé de codes pour l'age du capitaine, le nombre de praticiens, l'envoi au spécialiste, ou le retour ou l'heure du repas...  usine à gaz, qui ne peut prendre en compte l'approche globale de notre métier. Ce découpage en tranche permet encore une fois de refuser, de contourner ou de repousser toute valorisation du C de base à 25 euros.

Un avenant conventionnel est annoncé en Novembre pour régler la question des médecins référents. Ces derniers doivent ils s'inquiéter pour leur avenir ?

Oui. Clairement Oui. Mais les référents ne doivent pas être les seuls à s'inquiéter. Tous les généralistes, médecins traitants, sont concernés. Chacun a bien compris que le médecin traitant de la convention, c'est à peu près comme le médecin référent de l'option. Sauf que le gouvernement et les signataires en ont fait  un système généralisé, obligatoire pour les médecins et les patients, les rendant responsables économiquement et juridiquement en  filtrant l'accès aux médecins spécialistes ....  Tout cela  sans moyens et sans rémunération sauf pour certains patients en ALD et avec 40 euros seulement. ALD sur lesquelles les caisses s'acharnent pour en réduire le nombre. Facile à comprendre : moins il y en aura, moins la rémunération du généraliste sera ! En s'acharnant pour supprimer les référents, c'est surtout le niveau (46 euros au lieu de 40) de la rémunération forfaitaire annuelle qui est visé. En clair, supprimer le référent, c'est clairement dire non  au C2 annuel pour tous les patients  pour le médecin traitant.

C'est pourquoi, en attente de la généralisation de la rémunération forfaitaire du médecin traitant pour tous les assurés dont il à la charge, nous demandons le maintien inchangé de la situation des médecins référents. Ce sera notre position, non négociable, dans un éventuel avenant.

Dans tous les cas, j'ai une certitude. MG France veut que notre spécialité devienne une véritable discipline universitaire, que le C soit par principe égal au CS, qu'il passe sans délais à 25 euros, et qu'un forfait de C2 annuel par patient spécifique au médecin traitant rémunère les fonctions globales de notre métier. Que ce soit sous l'appellation de médecin traitant ou de médecin référent importe peu. Par contre je sais aussi que d'autres syndicats sont clairement sur d'autres positions, arguant que n'importe quel médecin, de n'importe quelle spécialité d'organe peut tout aussi bien être médecin traitant, et qu'il faut sans délais supprimer le médecins référent apanage des seuls généralistes.

Les médecin, généralistes, spécialistes, référents ou non  peuvent  ils peser sur leur avenir ?

Certainement oui. Ils ne sont plus condamnés à toujours subir. Même si cela est difficile pour les organisations professionnelles. C'est un des éléments très positifs de la réforme d'août 2004. Dorénavant, les élections professionnelles permettent à chaque médecin, généralistes d'un coté spécialistes de l'autre, de valider ou de refuser le contenu des conventions, rendant ainsi à chaque professionnel un véritable pouvoir sur ses propre conditions de travail ou de rémunération. L'avenir de la médecine générale, de sa reconnaissance et de sa valorisation y compris économique sera déterminé par le choix des généralistes eux même quand ils s'exprimeront aux élections professionnelles du printemps pour telle ou telle vision de la médecine générale, portée dans les programmes et actions des différents syndicats médicaux
 
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