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Grippe aviaire: Face aux maladies infectieuses, les médecins généralistes sont en première ligne. Version imprimable Suggérer par mail
01-12-2005

 

Face aux maladies infectieuses, les médecins généralistes sont en première ligne. En période d’épidémie, c’est sur la qualité de leurs interventions que repose une bonne part de la santé publique. Dans la grippe hivernale, les généralistes français  prennent en charge 99 % des patients.

Paris le 1er décembre 2005

 

Concernant la Grippe dite aviaire (adaptation à l’homme du virus aviaire H5 N1), sur la base des chiffres attendus de contamination, qui annoncent de 9 à 20 millions de malades en France, les médecins généralistes auront la charge de faire face à la maladie dans les mêmes proportions que dans la grippe commune.

 

On sait qu’il faudra 6 mois entre l’identification du premier virus H5 N1 adapté à l’homme et qui sera l’origine de la pandémie, et l’obtention de vaccin spécifique.

 

Au sein des 60 000 médecins généralistes français exerçant en ville, si aucune précaution particulière n’était mise en œuvre, 10 à 20 000 médecins généralistes seraient atteints par la maladie.

 

On sait que la grippe aviaire actuellement transmise à l’homme est sévère avec 60 décès pour 122 malades.  Pour autant,   la virulence  du virus aviaire adapté à l’homme ne sera réellement connue qu’une fois le virus muté identifié.

 

Au jour d’aujourd’hui, la gravité de la maladie et le % de mort, au sein de cette population de professionnels ne peut donc être évalué avec certitude.

 

En tout état de cause, limiter le tribu professionnel et humain à la maladie est  pour MG France un objectif prioritaire

 

Les institutions mondiales OMS, Européennes et Nationales préparent les réponses logistiques adaptées à la Pandémie annoncée. Pour autant nul ne peut rester les bras ballants. Qui plus est en ce qui concerne MG France, organisme professionnel représentant les médecins généralistes, médecins de première ligne dont le rôle est essentiel tant dans la phase actuelle  pré pandémique, que dans la phase pandémique.

 

Pour eux mêmes et pour leurs patients, les généralistes doivent disposer sans délais d’information, de formation et de moyens spécifiques pour faire face au risque.

 

MG France organisera sur l’année 2006, en débutant dès le mois de janvier, des formations de proximité pour tous les généralistes sous l’intitulé : Grippe aviaire et pandémie :  que savoir, que dire à vos aux patients, que faire dès maintenant. ( pj)

                                      

Outre l’engagement de son propre réseau de formation, un module « clé en main » sera proposé à tout généraliste qui en fera la demande pour organiser une formation locale avec ses confrères.

 

Par ailleurs, MG France appelle l’ensemble des organismes et associations de formation, à se saisir de cette responsabilité professionnelle collective, et à s’engager sans délais dans cet indispensable effort de formation. Rappelons qu’il s’agit d’atteindre en 12  mois le double de médecins formés dans le programme Antibiotique en 18 mois. (22 300 MG)

 

Enfin MG France demande au Gouvernement de débloquer les moyens nécessaires à la préparation des médecins généralistes et autres acteurs de première ligne. Moyens économiques nécessaires à leur formation, fourniture de Kits de dépistage, fourniture du matériel de protection, lunettes, masques, gants …

 

Voir ci dessous la note du professeur Houssin Directeur Générale de la Santé

 

Paris le 2. décembre 2005

Contact Presse 

  • Dr Pierre COSTES 06 60 63 43 88 

  • Dr Martial OLIVIER KOEHRET 06 18 45 90 36

  • Dr Vincent RÉBEILLÉ-BORGELLA 06 15 17 26 51

  • Dr Claude LEICHER 06 63 15 74 01  

www.mgfrance.org 

 

 


Professeur DIDIER HOUSSIN

Directeur Général de la Santé

Délégué Interministériel à la Grippe Aviaire auprès du Premier Ministre

 

 

SE PREPARER A UNE PANDEMIE : L’EXEMPLE DE LA GRIPPE AVIAIRE

 

(Extraits - 5 et 17 Novembre 2005)

 

 

 

Phénomènes pathologiques collectifs, les épidémies ont longtemps été analysées sous un angle religieux au regard de l’innocence ou de la culpabilité des populations touchées2

 

Deux pandémies à dimension planétaire masquèrent cependant ces drames collectifs et dominèrent le vingtième siècle : la grippe espagnole en 1918-1919 ; le Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise (SIDA) lié au virus HIV à partir du début des années 80.

 

La première pandémie, marquée par le très grand nombre de personnes malades et par la fréquence élevée des Syndromes de Détresse Respiratoire Aiguë frappant des sujets jeunes, causa en entre 20 et 100 millions de décès dans le monde en quelques mois.

 

La seconde pandémie entraîna près de 25 millions de morts, mais en 25 ans

 

La pandémie imprévue de SIDA, le caractère stupéfiant de la découverte des maladies à prions, l’épidémie récente de Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS), la mise en évidence de limites aux capacités d’action contre les agents infectieux (maîtrise incertaine du paludisme, phénomènes de résistance aux médicaments antibiotiques), et la prise de conscience de la circulation considérable des êtres vivants, dont l’homme, à la surface du globe, suscitèrent une crainte renouvelée des grandes menaces sanitaires liées aux agents infectieux.

 

En ce début de vingt et unième siècle, cette crainte incite à redoubler d’efforts dans la lutte contre les épidémies.

 

Les responsabilités en termes de lutte contre les épidémies ont aussi évolué. Si une pandémie peut toujours constituer une surprise à laquelle il est difficile de se préparer, elle suscite une responsabilité particulière lorsqu’elle est un phénomène connu, une menace sanitaire déjà identifiée, et contre laquelle l’espèce humaine n’est pas désarmée. Il ne s’agit alors plus seulement de subir l’épidémie, puis de compter les morts. Il s’agit d’anticiper et de mettre en œuvre des mesures de protection qui permettront de tenter d’éviter ou de retarder la survenue de l’épidémie, et qui s’efforceront, le cas échéant, d’en minimiser l’impact.

 

 

Il y a déjà de nombreuses années, que le risque de pandémie grippale avaient été identifié au niveau de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme une des menaces sanitaires potentiellement les plus lourdes pesant sur l’espèce humaine. L’épizootie à influenza aviaire due au virus H5N1 en Corée du sud et au Viêt-Nam fin 2003, avec apparition de quelques cas humains, raviva les craintes. L’OMS invita alors l’ensemble des pays à se préparer à une éventuelle pandémie grippale. Cette mise en alerte n’a cessé depuis d’être confortée par l’apparition d’évènements successifs traduisant une dégradation continuelle de la situation.

 

Sans intervention et selon les taux d’attaque et de transmission du virus, il a été estimé qu’en France 9 à 21 millions de personnes pourraient être malades.

 

La préparation à une menace sanitaire marquée à la fois par son caractère inéluctable, par son impact potentiel redoutable, mais aussi par un grand niveau d’incertitude quant à sa date de survenue, impose d’imprimer à la conduite des actions préparatoires un rythme qui est celui de l’urgence.

 

La France n’est pas aujourd’hui fin prête pour affronter une pandémie grippale, mais elle a franchi des étapes importantes de cette préparation, qui lui confèrent dès maintenant une réelle capacité de protection de sa population.

 

Il est cependant vraisemblable que, si cette préparation a un certain degré d’efficacité, notamment du fait du caractère complémentaire des moyens disponibles et de l’adoption de comportements adaptés par la population et les professionnels concernés, cette protection ne sera pas totale. Il est probable que, de la survenue d’une pandémie grippale résulterait, en dépit de tous les efforts, le prélèvement d’un lourd tribut en vies humaines. L’objectif est que ce tribut soit le plus faible possible.

  

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