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L’Assurance
Maladie fait en ce moment une campagne de promotion pour l’usage des
formulaires en ligne, en mettant en avant notamment la modernité et
la simplicité de ces systèmes.
MG France, après
avoir testé soigneusement l’outil « Arrêt de travail en ligne », ne
fait pas la même analyse !
1)
Simplicité ? la procédure complète est longue. Le temps de
connexion est important, l’accès parfois aléatoire. La durée totale
de remplissage est en moyenne de 2 minutes, versus 15 secondes pour
la version papier.
2)
Modernité ? si vous utilisez Windows c’est Vista ou XP
obligatoire, et pas la version actuelle Seven. Tant pis si vous avez
acheté une nouvelle machine ! Et à ce jour, toujours pas
d’utilisation avec un Mac malgré les promesses répétées.
3)
Pour la CNAM, la modernité c’est « zéro papier » sauf que le
médecin doit imprimer recto-verso l’exemplaire « employeur » de
l’arrêt de travail pour le remettre au patient. Et comme il n’existe
aucun couplage avec le logiciel métier, il devra s’il veut garder la
trace de sa prescription, enregistrer une copie pour lui, ou faire
une double saisie.
4)
Simplicité ? le médecin doit mentionner qu’il a correctement
averti le patient des conséquences de cet arrêt de travail en ligne
(contrainte exigée par la CNIL). Par exemple que le contrôle a
domicile devient possible sous 24h…
5)
Simplicité ? il doit encore signaler, en cochant une case
obligatoire, s’il s’agit ou pas d’un arrêt en rapport avec un
accident et dans ce cas donner tous les détails de l’accident. Ce
n’est pourtant pas une obligation légale (contrairement à la case
identique des FSE).
6)
Simplicité ? s’il coche par mégarde ou rigueur que le patient
a déménagé, il doit renseigner lui-même la nouvelle adresse du
patient.
7)
Il doit aussi signaler si le patient est salarié ou sans
emploi. Dans ce cas le médecin doit renseigner si c’est en raison de
chômage, démission ou congés. Est-ce de notre responsabilité ? Si le
patient est salarié le médecin n’est heureusement pas tenu de
remplir les coordonnées de l’employeur.
Ajoutons trois
risques majeurs de ce type de procédure :
8)
La multiplicité des outils différents sur le poste de
travail, utilisant tous le même composant lié à la CPS, mais pas
forcément compatibles entre eux malgré leur même origine CNAM,
risque de provoquer des blocages, à la charge de l’utilisateur qui
n’est pourtant pas coupable …
9)
Si une masse significative de médecins s’engageait dans cette
voie, il ne fait aucun doute qu’une taxe pour arrêt de travail
papier ne manquera pas d’être inventée… comme ce sera le cas en 2011
pour les FSP !
10)
Si la profession accepte éternellement de fournir des données
aux Caisses sans jamais pouvoir les utiliser pour elle-même, du fait
de l’absence d’interfaçage avec le logiciel métier, elle cède
gracieusement une partie de la valeur ajoutée de son travail en même
temps qu’elle délègue à l’assurance maladie les possibilités
d’études, de contrôle et de valorisation des données qu’elle
produit.
Au total,
l’informatique médicale vue par les Caisses, c’est « venez sur nos
ordinateurs faire la saisie des éléments dont nous avons besoin ».
Inacceptable évidemment !
En conséquence
MG France déconseille aux médecins généralistes d’utiliser les
formulaires en ligne de l’Assurance Maladie.
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