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03-05-2010

HOMMAGE DE MG FRANCE  à JEAN   LAROZE   (1921-2010)

 

Un homme de grandes convictions et d'action

 

 

Jean LAROZE est décédé.

C’est une figure historique du syndicalisme généraliste et de la Médecine Générale française qui est laroze.jpgdisparu le 1er Avril 2010 à BEZIERS, ville où il s’était installé comme médecin généraliste  en  1952.

Quelques semaines avant de mourir il animait encore le groupe des médecins retraités dont il présidait l’association.

 

C’est un Grand Monsieur qui s’en va, en ayant pris la précaution de transmettre tous les documents en sa possession, véritable mémoire de la Médecine Générale, à notre syndicat, tant il était conscient que le combat pour la médecine générale pour lequel il s’est engagé toute sa vie, est loin d’être terminé.

 

Il s’était investi très vite dans le syndicalisme aux cotés de Georges VALINGOT dont  il devient l'ami, et qui était l’initiateur de la réflexion sur la Médecine Générale, son rôle, ses spécificités, ses missions, le premier recours et l’accès aux soins.

Au sein du SNMOF (Syndicat National des Médecins Omnipraticiens), il exprime des idées très éloignées de celles débattues dans le syndicalisme  confédéral montpelliérain qu'il trouve formaliste et guindé, loin des réalités des « modestes praticiens de terrain ». Dans les années 1950-1970 s'établit une véritable prise de conscience de la nécessité d'imposer un syndicalisme généraliste autonome, puissant et actif. Jean LAROZE secrétaire générale de la SNMOF, organise avec Jean BOUYER, président, le congrès d’EVIAN de 1956 qui initie entre médecins et non médecins un forum sur la place du médecin généraliste dans la société et dans la prise en charge des problèmes liés à la santé. Le SNMOF est considéré alors comme une grande école de formation des cadres syndicaux.

 

Dans les années 1970, le SNMOF s'essouffle, les cadres syndicaux  départementaux aspirent à une plus grande autonomie et veulent prendre des responsabilités. Le SNMOF va laisser la place à la FNOF. Jean BOUYER en est le président, Jean LAROZE prend le poste de secrétaire général qu'il gardera jusqu'en 1983. Jean LAROZE est le généraliste de  terrain, à l'écoute des départements.  Il amène la  réflexion et l'écriture. Il milite pour un syndicalisme généraliste autonome pouvant prétendre à un rôle délibératif pour toutes les décisions concernant la médecine générale, et dont MG FRANCE est aujourd’hui l’héritier et le porte-drapeau.

 

Mais dans les années 1980, il assiste, impuissant, à l'effritement du syndicalisme médical, et en est très affecté. Les jeunes cadres syndicaux tolèrent de moins en moins la mainmise de la CSMF sur la médecine générale au détriment des seuls généralistes. Le congrès de la FNOF, à Bayonne, marque la fin de la FNOF et la création d’un simple collège, l'UNOF par la confédération : un collège en échange d'un syndicat ! Jean LAROZE a vécu là, une très difficile expérience de mépris de son métier, de non reconnaissance de la spécificité d’une pratique à laquelle il a consacré sa vie avec une honnêteté et une droiture que tout le monde lui reconnait. Il va alors encourager les jeunes dissidents qui siègent au comité directeur de la FNOF (François ANGLES, Richard BOUTON, Georges PRADOURA, Nicole RENAUD) à quitter la CSMF, et à ne pas s'investir dans l'UNOF. Il continue en même temps à mobiliser les médecins de l'Hérault pour qu'ils participent au séminaire national de médecine rurale à Rodez en octobre 1984, où sera crée le Mouvement d'Action des Généralistes (MAG), tremplin de MG FRANCE, et qui restera dans l’histoire de la Médecine générale comme le moment de l’émergence officielle de la Médecine Générale et de son syndicat, dans le paysage sanitaire français.

 

C'est à Béziers, au domicile de Jean LAROZE qu'est écrit le « petit livre vert », recueil des fondamentaux de MG FRANCE, et qui a été notre profession de foi tout au long de la création et du développement du syndicat.

Jean LAROZE  a toujours été très attentif à l'évolution de MG-FRANCE et à ses prises de décision. Son attachement à notre syndicat était tel qu'il lui a légué ses documents constituant à la fois ses mémoires et la mémoire de la médecine générale.

 

Pour Jean LAROZE « l'action procède de la réflexion, la réflexion est vaine qui ne débouche pas sur l'action ».

 

Jean LAROZE nous a quittés ce 1er avril 2010. Il est le dernier grand témoin de la naissance du syndicalisme généraliste. Il a publié les écrits de Georges VALINGOT et dans un éditorial Jean dit à son sujet :

« Rien ne restera donc qui garde mémoire de mon passage sur la terre ? ».

Ce cri douloureux du poète OLMEQUE était celui de Georges VALINGOT à la veille de sa mort. Il s'interrogeait, nous interrogeait sur ce qui subsisterait de son œuvre. Nous en connaissons suffisamment la richesse et le prix pour faire en sorte que soit préservé, et enrichi, le trésor qu'il nous a légué.

 

Il appartient à tous les adhérents de MG FRANCE de contribuer à poursuivre l'œuvre de ce généraliste exceptionnel.

Parler de Jean LAROZE c’est parler de la Médecine Générale dans la plus large acception du terme.

 

Dr Nicole RENAUD-CRISTOFARI

Dr Pascal BONNET

 

 

 

Le Président, le Bureau et le Comité Directeur de MG FRANCE s’associent à cet hommage,
et proposeront à l’assemblée générale de
MG FRANCE de manifester le 20 juin 2010 sa reconnaissance à Jean LAROZE.

Dernière mise à jour : ( 27-05-2010 )
 
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