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Trois questions à Geneviève Royannez
Généraliste à Roman-sur-Isère (Drôme),
déléguée régionale MG France en
Rhône-Alpes
Propos recueillis par Catherine Sanfourche, journaliste.
Vous faites partie des premiers
médecins généralistes à avoir appliqué le CS après que la médecine générale est
devenue spécialité. Quelles ont été les étapes de cette lutte ?
C’est en effet le département de la Drôme qui a lancé le mouvement en
janvier 2007. Au départ, nous avons été une cinquantaine à appliquer le CS.
Au final, il n’est resté qu’un noyau dur de neuf généralistes, qui ont porté
plainte contre la Cpam lorsque celle-ci a décidé de ne plus rembourser du
tout nos patients. En première instance, la caisse a obtenu gain de cause,
et nous avons alors fait appel de ce jugement. Et la Cour d’Appel nous a
donné raison. Mais son jugement ne s’applique qu’aux neuf médecins de la
Drôme, dont je suis, et qui peuvent donc appliquer un CS remboursé à leurs
patients en tant que tel. La bataille ne sera gagnée que lorsque tous les
généralistes pourront coter en CS.
Deux ans plus tard, quel est le
sens de ce combat ?
Toujours le même. Cela n’a jamais été une question de tarif : nous ne nous
battons pas pour le C à 23 euros mais bien pour la cotation en CS. Pour
nous, c’est une question d’égalité de traitement : les généralistes sont les
seuls spécialistes à ne pas accéder à la cotation en CS. C’est très délétère
pour l’image de notre profession, en particulier aux yeux de nos jeunes
collègues. Cela les incite-t-ils vraiment à opter pour une spécialité ainsi
dépréciée, qui réalise pourtant la majorité des diagnostics et des suivis de
pathologies ? Personnellement, j’ai démissionné de mes fonctions d’ECA
après le premier jugement nous condamnant : il ne me semblait pas cohérent
de donner envie à des jeunes d’être généralistes pour leur dire ensuite
qu’ils ne seraient pas des médecins traités comme les autres.
Bien sûr que
ce combat est toujours d’actualité ! Même si le CS n’est pas l’unique
solution au problème de la démographie de la médecine générale, il en fait
partie. Je redeviendrai ECA quand tous les généralistes pourront coter en
CS. Pour cela, je ne crois pas beaucoup à la solution
conventionnelle actuelle : la convention comporte beaucoup de contraintes et
peu de reconnaissance pour les généralistes. Cela viendra d’une décision de
justice ou d’une décision politique. La France a été prête à mettre 3
milliards d’euros sur la table pour les restaurateurs, ne voudrait-elle pas
mettre les moyens nécessaires pour conserver sa médecine de premier
recours ?
Le CS suffira-t-il à régler le
problème de la rémunération des médecins généralistes ?
Cela représenterait une égalité de traitement entre tous les praticiens,
c’est déjà beaucoup. Mais, évidemment, la rémunération doit être multiple.
Le seul paiement à l’acte, inflationniste, est une ineptie. Il doit
s’insérer dans un patchwork de rémunérations variables en fonction des actes
effectués. A côté de la généralisation à tous les patients du forfait
médecin traitant, d’autres forfaits doivent rémunérer la prévention –
activité ô combien spécifique du généraliste - et le suivi de certaines
pathologies. Enfin, la rémunération devrait aussi tenir compte du lieu
d’exercice : nos exercices varient en fonction de la localisation de nos
cabinets. Je pense aux collègues exerçant dans des zones isolées et dont les
conditions de vie, tant personnelle que professionnelle, les obligent, du
fait de cet isolement, à des dépenses que n’ont pas d’autres confrères. Il
faut insister sur ce point.
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