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3 questions au Dr Royannez sur le CS Version imprimable Suggérer par mail
07-09-2009
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Trois questions à Geneviève Royannez

Généraliste à Roman-sur-Isère (Drôme),
déléguée régionale MG France en Rhône-Alpes

 

Propos recueillis par Catherine Sanfourche, journaliste.

 

 

Vous faites partie des premiers médecins généralistes à avoir appliqué le CS après que la médecine générale est devenue spécialité. Quelles ont été les étapes de cette lutte ?

 

C’est en effet le département de la Drôme qui a lancé le mouvement en janvier 2007. Au départ, nous avons été une cinquantaine à appliquer le CS. Au final, il n’est resté qu’un noyau dur de neuf généralistes, qui ont porté plainte contre la Cpam lorsque celle-ci a décidé de ne plus rembourser du tout nos patients. En première instance, la caisse a obtenu gain de cause, et nous avons alors fait appel de ce jugement. Et la Cour d’Appel nous a donné raison. Mais son jugement ne s’applique qu’aux neuf médecins de la Drôme, dont je suis, et qui peuvent donc appliquer un CS remboursé à leurs patients en tant que tel. La bataille ne sera gagnée que lorsque tous les généralistes pourront coter en CS.

 

Deux ans plus tard, quel est le sens de ce combat ? 

 

Toujours le même. Cela n’a jamais été une question de tarif : nous ne nous battons pas pour le C à 23 euros mais bien pour la cotation en CS. Pour nous, c’est une question d’égalité de traitement : les généralistes sont les seuls spécialistes à ne pas accéder à la cotation en CS. C’est très délétère pour l’image de notre profession, en particulier aux yeux de nos jeunes collègues. Cela les incite-t-ils vraiment à opter pour une spécialité ainsi dépréciée, qui réalise pourtant la majorité des diagnostics et des suivis de pathologies ? Personnellement, j’ai démissionné de mes fonctions d’ECA[1] après le premier jugement nous condamnant : il ne me semblait pas cohérent de donner envie à des jeunes d’être généralistes pour leur dire ensuite qu’ils ne seraient pas des médecins traités comme les autres.

Bien sûr que ce combat est toujours d’actualité ! Même si le CS n’est pas l’unique solution au problème de la démographie de la médecine générale, il en fait partie. Je redeviendrai ECA quand tous les généralistes pourront coter en CS. Pour cela, je ne crois pas beaucoup à la solution conventionnelle actuelle : la convention comporte beaucoup de contraintes et peu de reconnaissance pour les généralistes. Cela viendra d’une décision de justice ou d’une décision politique. La France a été prête à mettre 3 milliards d’euros sur la table pour les restaurateurs, ne voudrait-elle pas mettre les moyens nécessaires pour conserver sa médecine de premier recours ?

 

Le CS suffira-t-il à régler le problème de la rémunération des médecins généralistes ?

 

Cela représenterait une égalité de traitement entre tous les praticiens, c’est déjà beaucoup. Mais, évidemment, la rémunération doit être multiple. Le seul paiement à l’acte, inflationniste, est une ineptie. Il doit s’insérer dans un patchwork de rémunérations variables en fonction des actes effectués. A côté de la généralisation à tous les patients du forfait médecin traitant, d’autres forfaits doivent rémunérer la prévention – activité ô combien spécifique du généraliste - et le suivi de certaines pathologies. Enfin, la rémunération devrait aussi tenir compte du lieu d’exercice : nos exercices varient en fonction de la localisation de nos cabinets. Je pense aux collègues exerçant dans des zones isolées et dont les conditions de vie, tant personnelle que professionnelle, les obligent, du fait de cet isolement, à des dépenses que n’ont pas d’autres confrères. Il faut insister sur ce point.


 

[1] Enseignant Clinique Ambulatoire".

Dernière mise à jour : ( 07-09-2009 )
 
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