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Canicule: la crise et l'analyse |
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17-08-2003 |
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| Canicule : la crise et l'analyse |
| Le 17 août 2003 |
Face à la canicule, les médecins généralistes ont assumé leur responsabilité. Depuis plusieurs semaines, ils se sont impliqués que ce soit en délivrant des conseils à leurs patients sur les mesures de prévention à mettre en oeuvre, ou par des actes de soins. Les généralistes qui faisaient 8 heures de travail sont passés à 10, ceux qui en faisaient 10 sont passés à 12, etc... De même, l'activité de garde, de nuit ou de dimanche a augmenté de 30 à 50 %, comme en période hivernale de poussée infectieuse.
Les médecins généralistes en assumant leurs responsabilités de médecin de proximité avec compétence et dévouement, ont ainsi évité de nombreuses hospitalisations par des soins adaptés à domicile depuis le début du mois de juillet. Ce n'est que lors de la deuxième semaine d'août, une fois les urgences hospitalières débordées et les chambres funéraires saturées, que les autorités semblent avoir pris la mesure de cette crise sanitaire. L'annonce récente par le premier ministre d'une "prime exceptionnelle pour le personnel hospitalier" en est le meilleur témoin.
Le Premier Ministre refuse la polémique et appelle à la mobilisation.
L'heure est effectivement encore à la mobilisation. Chaque généraliste en exercice, dont les plus de 3.000 qui assurent une garde de secteur ce week-end du 15 août en ont pleinement conscience. Ils vivent cette mobilisation professionnelle depuis près de huit semaines. Cependant, ce ne seront ni l'annonce d'une prime pour le seul personnel hospitalier public, ni la fin de la vague de chaleur qui dispenseront d'une analyse profonde des failles de notre système de santé révélés par cette crise sanitaire.
Les crises révèlent habituellement les failles d'un système. C'est sur une analyse des causes, sans tabou, et largement partagée que reposent les progrès : a. Absence d'information spécifique en direction des professionnels de proximité en ville (généralistes, infirmières, pharmaciens, biologistes...) b. Absence de dispositif d'observation précoce des conséquences sanitaire d'une vague de chaleur à la gravité potentielle évidente. Observatoire d'abord en ville, puis secondairement à l'hôpital c. Non utilisation des dispositifs existants, comme le Réseau Télématique des Médecins Généralistes Sentinelles (utilisé régulièrement pour la grippe, les maladies infectieuses, les gastroentérites.) permettant d'anticiper sur la crise hospitalière par construction toujours retardée par rapport au milieu ambulatoire d. Pas d'appel politique fort et précoce à la mobilisation cohérente des ressources collectives, des associations caritatives, ONG, municipalités, voir industrielle (Industrie de l'eau)
D'ores et déjà, MG France appelle l'attention sur trois éléments déterminants, qui caractérise notre système de santé, et qui pour une part en explique les dysfonctionnements :
a. Notre système de soins est essentiellement centré sur l'hôpital public, alors que la plus grande part de la population vit à domicile. b. Les professionnels de santé de ville (médecins généralistes, pharmaciens d'officines, biologistes, infirmières) ne sont ni reconnus ni valorisés comme acteurs premiers et essentiels des soins primaires. Non reconnus, non identifiés comme tels, ils ne participent pas aux schémas d'organisation d'une politique de santé portée par les gouvernements. c. Le système de santé est souvent résumé au système de soins public. L'état opérateur confond système de santé et système de soins hospitalier. En cela il se prive de nombreux outils et nombreux acteurs à même de porter une politique de santé au plus près de nos concitoyens. Qu'elle soit globale ou qu'elle soit de crise.
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Dernière mise à jour : ( 11-12-2006 )
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