Pour MG
France, premier syndicat de médecins généralistes, les médecins
généralistes seront les principaux acteurs de la plus vaste
opération de santé publique de vaccinations organisée dans notre
pays à l’occasion de la prévention de la pandémie grippale A/H1N1.
Les pouvoirs
publics ont commandés « 94 millions de doses vaccinales pour
prévenir la pandémie AH1N1 disponibles de octobre à janvier ».
« Avec deux
injections à trois semaines d’intervalle », c’est plus de la moitié
de la population de plus de trois ans qui est concernée par cette
campagne.
En priorité, les
populations "particulièrement exposées" : les personnels de santé (2
millions de personnes) et les personnes chargées des secours et de
la sécurité (1 million de personnes), auquel s’ajoutent les
personnes "à risques" : les personnes de moins de 65 ans qui
souffrent d'une des 9 affections de longue durée représentant un
facteur de risque vis-à-vis de la grippe (diabète, insuffisance
respiratoire chronique, insuffisance cardiaque, déficit immunitaire,
mucoviscidose... soit 2,4 millions de personnes), les femmes
enceintes (800 000 personnes), les enfants de moins de un an (800
000 personnes) et les jeunes de moins de 18 ans (14,5 millions de
personnes). Reste à déterminer quelles sont les personnes "à rôle
critique en cas de pandémie", les personnes "indispensables à la
continuité de l'Etat".
Cette campagne
vaccinale A/H1N1 vient s’ajouter à la « vaccination contre la grippe
saisonnière habituelle qui s’adressera cette année à 18 millions de
personnes en une injection à partir de mi-septembre ». Cette
campagne vise notamment les personnes âgées, les malades en ALD et
les jeunes malades à partir de un an notamment diabétiques et
maladies broncho-asthmatiques.
Dans le même temps
les autorités sanitaires ont demandé de renforcer dés maintenant la
« vaccination pneumococcique chez les personnes à risque en amont de
la pandémie grippale ».
Sont
particulièrement concernés les adultes à risque d'infection à
pneumocoques en raison d'une asplénie fonctionnelle, d'une
splénectomie, d'une drépanocytose homozygote, d'un syndrome
néphrotique, d'une insuffisance respiratoire ou cardiaque, d'un
alcoolisme avec hépatopathie chronique ou d'antécédents d'infection
pulmonaire ou invasive à pneumocoque, ainsi que les patients
porteurs d'une infection à VIH et ayant un taux de CD4 supérieur à
200/mm3. Soit à nouveau plusieurs millions de personnes concernées
par une vaccination à renouveler tous les cinq ans.
Rappelons que le
Haut conseil de la santé publique (HCSP) vient de recommander la
« vaccination systématique des nourrissons âgés de 12 à 24 mois avec
une seule dose de vaccin conjugué contre le méningocoque C » - soit
500 000 personnes supplémentaires au moins - . Le HCSP préconise
également dés aujourd’hui l'extension de cette vaccination
systématique jusqu'à l'âge de 24 ans révolus selon le même schéma
vaccinal à une dose.
Par le dispositif
médecin traitant et la proximité, les médecins généralistes sont les
seuls à même de déterminer les « indications »,
« contre-indications » et « priorités » des patients pour ces
différentes campagnes vaccinales simultanées.
Le suivi des
populations déjà vaccinées ou à vacciner permet aux généralistes
d’améliorer l’acceptabilité des campagnes vaccinales. Seuls les
médecins généralistes sont en situation d’assurer la traçabilité des
campagnes vaccinales et de suivre leurs progressions.
Pour MG France,
les autorités sanitaires ne doivent pas renouveler l’erreur de
l’hiver précédent qui a vu les médecins généralistes mis à l’écart
de la campagne de revaccination grippale. Cette mise à l’écart a
conduit à une chute sans précédent des personnes vaccinées (cf :
lettre InVS sur le site www.mgfrance.org).
Par ailleurs,
lorsque l’épidémie de grippe surviendra, il sera primordial pour le
médecin généraliste appelé à prendre en charge le patient malade de
connaître précisément son statut vaccinal, les prises en charge
étant différentes entre un sujet vacciné et un sujet non vacciné.
MG France est prêt
à discuter dés aujourd’hui avec les pouvoirs publics d’un « forfait
de prévention épidémique » pour la réalisation, la traçabilité et
l’acceptabilité de ces campagnes vaccinales simultanées.
MG France,
premier syndicat de médecins généralistes, revendique l’organisation
de ces campagnes de vaccination par les médecins généralistes pour
leurs populations médecin traitant et leurs ayants-droits.