| Le rapport remis au Professeur Mattéi, ministre de la santé, rédigé par des experts du monde eux même acteurs du monde hospitalier, décrit sur 44 de ses 47 pages la gestion hospitalière et publique de la catastrophe sanitaire de l'été.
Le rapport est bourré de chiffres et de référence documentaire, mais seulement en ce qui concerne le versant hospitalier de la crise. Les difficultés du personnel, les réflexions sur le temps de travail, sont mêlés aux chiffres et viennent en appui des revendications bien connues des auteurs. Bien légitimement, aucune opinion négative sur l'engagement des professionnels n'est émise.
Une part du rapport, un peu plus critique, met en évidence les difficultés de l'administration en ce qui concerne le recueil ou la circulation des informations. Il n'est pas temps de juger pour les auteurs. D'autant que l' ensemble des données permettant des appréciations fondées ne sont pas encore disponible.
Sur les deux pages évoquant le rôle des professions de santé libérales en ville, et notamment les généralistes, les auteurs prennent moins de gants. Ils se sont dispensés d'enquête auprès des organisations professionnelles représentatives. Ils émettent des jugements de valeurs inadmissibles, émis à partir de propos ou d'opinions rapportés.
Au delà d'un action délibérée, il s'agit simplement d'une traduction usuelle de la vision administrative de notre système de santé. Cette approche de la santé réduite aux seuls soins, et des soins réduits à ceux de l'hôpital public, est le plus grave reproche que l'on peut faire aux gestionnaires. Il explique le retard français dans la prise en charge du vieillissement. Il explique la difficulté des familles à accompagner leurs anciens. Il explique le manque cruel de financement de personnel dans les établissement. Il explique la négation du travail considérable effectué par les soignants de proximité, médecins, infirmières, rééducateurs, dentistes et pharmaciens sur lesquels pourtant repose l'essentiel de la médicalisation au jour le jour, hivers comme été, et en silence depuis des années de l'immense majorité des personnes âgées.
MG France considère qu'après ce premier rapport, concernant la seule la prise en charge hospitalière et les déficiences du système d'alerte, le vrai rapport sur la prise en charge de la population lors de la canicule par l' ensemble du système de santé reste à faire
Paris le 9 septembre 2003
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Note
MG France tient à rappeler des chiffres qui ne sont pas cités dans ce rapport et qui peuvent éclairer des jugements hâtifs.
a. entre 75% et 93 % des généralistes actifs ont effectué des actes remboursés sur chaque jour de la semaine du 13 au 19 Août 2002. Les généralistes travaillent régulièrement au mois d'août. En août 2002, l'activité des généralistes a représenté 80% de l'activité moyenne mensuelle observé en 2002, sur la base des dépenses remboursables publiées par l'assurance maladie Pour les consultations 79% Pour les visites 83% Il n'y a donc pas désertion
b.. 90% des personnes de plus de 75 ans et 64 % des plus de 90 ans vivent à leur domicile et sont pris en charge par les acteurs de soins de proximité (généralistes, infirmières, kinésithérapeutes, pharmaciens, etc...) Toute l' année. La notion de domicile peut recouvrir une situation isolée, comme des appartements regroupés. Pour MG France, la maison de retraite doit être considérée, équipée, entourée comme un domicile
c. 2/3 des patients âgés et dépendants vivent à domicile avec le soutien des familles et des acteurs de soins de proximité
d. 50% des sujets de plus de 75 ans sont aidés dans leur vie quotidienne, 37% le sont exclusivement par leur entourage, 38% ont une aide mixte impliquant aussi des professionnels.
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