L’arrivée en France d’un vaccin efficace sur deux génotypes (16 et 18) du virus HPV, responsables de 70% des cas de cancer du col pose le problème de l’organisation de l’accès à la prévention et au dépistage de ce cancer pour l’ensemble de la population féminine concernée.
Le cancer du col de l’utérus est une maladie d’origine infectieuse à évolution lente (10 ans entre la primo-infection et le cancer invasif) lié à une infection persistante par un virus HPV transmis par voie sexuelle : 50 à 75 % des femmes de 15 à 44 ans sont ou ont été exposées dans le monde (1ère infection sexuellement transmissible).
8 génotypes (sur 120 possibles) sont impliqués dans 95 % des cancers du col utérin, dont deux (les16 et 18) dans 70% des cas. Des cofacteurs interviennent, notamment environnementaux (alimentation, tabac, autres infections).
L’évolution naturelle d’une infection par HPV, est sa disparition spontannée dans 90% des cas en 24 mois : moins de 5% des femmes infectées par HPV 16 développeront un cancer.
Le développement de ce cancer passe par plusieurs phases de lésions précancéreuses détectables par frottis dont la fréquence recommandée est un tous les 3 ans de 25 à 65 ans (après 2 frottis normaux faits à un an d’intervalle).
En cas de rapports sexuels précoces, il est possible de commencer le dépistage à 20 ans.
En 2000 6,4 millions de frottis ont été faits, dont 85% en cabinet de ville, 15% en milieu hospitalier, soit l’équivalent de 95 frottis tous les 3 ans pour 100 femmes : cependant, 40 % de femmes n’ont eu aucun frottis en 3 ans, et 34 % aucun en 6 ans. A contrario, l’intervalle entre 2 frottis est inférieur ou égal à 2 ans pour 52 % des femmes dépistées. Trop de femmes n’ont aucun dépistage, trop de femmes ont des frottis trop rapprochés par rapport aux recommandations.
En médecine de ville, les médecins généralistes effectuent 20% des frottis de dépistage, les gynécologues 80%.
8ème cancer féminin en France (2ème dans le monde), son incidence standardisée est plus élevée en France (8 / 100 000 soit 3300 nouveaux cas estimés en 2000) que la moyenne européenne, avec une mortalité comparable : 1,7 décès / 100 000 femmes en 2002 soit 904 décès (13ème rang en taux de mortalité standardisé).
Son incidence diminue depuis 1978 de 2,9% par an en moyenne, mais moins que la mortalité générale (- 4,4 % / an).
Le pic d’incidence se situe à 40 ans, l’âge médian au dignostic est de 51 ans.
Source : Dr Jean GODARD MG France
Documentation : INVS Nicolas DUPORT, CNAM, EPAS
Synthèse : Dr Claude LEICHER MG France (06 63 15 74 01)